‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 8 sur 240 · MÉTHODOLOGIE · texte numérisé non relu

MÉTHODOLOGIE

qu’ils voyaient à l'extérieur. La prostration, n’importe quelle était sa cause, constituait toujours pour eux, la fièvre adynamique , une toux, un rhume, une douleur dans la poitrine, une pleuro-pneumovie, etc. On voit donc qu’en n'établissant leur diagnostic que sur les expressions fonctionnelles sensibles à l'œil, les anciens confondaient dans le même nom plusieurs ‘affections différentes, Heureusement que l’expérience thérapeutique est venue leur faire sentir, au moins, une partie de leur erreur. Elle leur a appris que toutes ces maladies, quoique de même nom, ne cédaient pas à un même traitement; que, dans un cas, il fallait des vomitifs, dans un autre des toniques, dans un autre, enfin , les saignées. [ls ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire , n'ayant pas de méthodes qui pussent les conduire jusqu’au parenchyme des organes. Ils ont expliqué cette différence dans les résultats thérapeutiques, par la différence dans la nature de la maladie.

Erreur grave , malheureusement encore aujourd’'hui commune parmi les médecins qui, découragés par la difficulté des méthodes exactes, se contentent de l'inspection seule, et veulent expliquer, par la différence de la nature intime de la maladie, la différence des résultats thérapeutiques exigée par

la différence des organes malades.

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Nous rendrons évidente cette vérité, en jetant un coup d'œil sur les affections de l'appareil respiratoire.

Un appareil aussi important que celui de la respiration avait besoin de beaucoup d’organes de structure et de destination différentes. Il avait besoin des poumons pour respirer, de l’innervation pulmonaire pour rendre la respiration praticable ; dé vaisseaux pour porter les éléments de l’hématose; de muscles pour mettre tout cet appareil en mou- Yement; et, enfin, ceux-ci avaient encore besoin des nerfs particuliers pour stimuler à la contraction. Que l’un de tous ces éléments devienne malade , il est impossible que les autres ne s’en ressentent pas, que la respiration ne partage point sa souffrance. Dans beaucoup de cas, l'expression de souffrance paraitra la même, et cependant la lésion primitive n'ayant pas son siége dans des organes de même nature, il s’en faut qu’elle soit toujours la même, que ce soit toujours une bronchite ou une pneumonie, et qu’elle cède dans tous les cas au même traitement.

Ce que nous disons ici des affections de la respiration , s’applique à beaucoup d’autres affections dont la véritable nature, provenant de la différence de siége de la maladie, pourra rester long-

temps méconnue, si, dans ses recherches, on ne

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prend pas pour guides les méthodes positives. Ces

méthodes sont aujourd’hui une précieuse source de

lumières.

Les anciens, qui en étaient complétement privés

et qui ne se fondaient que sur l'expression fonctionnelle accessible au sens de la vue, étaient exposés à chaque instant à commettre des erreurs de diagnostic.

Quoique la valeur des signes positifs soit, comme il est facile de voir par ce que nous venons de dire, bien au-dessus de ceux que nous fournit l'inspection, l’étude de ces derniers n’est pas

pour cela moins importante; elle éclaire vive-

ment les résultats des méthodes positives qui ne. suffiraient pas seules à toutes les indications; elles

ne nous montrent pas la manière de souffrir qui

est propre à chaque malade, l'influence, en un mot, de la maladie sur l’organisme, qui n'est pas la même chez tous les malades atteints de la même maladie.

» / Q . f D'un autre côté, il est bien des cas où les mé-

thodes physiques ne pouvant être appliquées, lin:

spection saisit quelques symptômes éloignés, et peut encore servir de guide pour diagnostiquer les mas ladies.

Nous avons déjà dit que, dans quelques cas raz

res , ilest vrai, l'inspection peut être directement

AFFECTIONS DE LANBOUCHE. 201 appliquée sur les organes malades et servir au diagnostic des maladies. Comme ces cas sont les plus simples, il est tout naturel que nous commencions par leur exposition l'application de cette méthode. |

Les affections dont le diagnostic direct peut être fait au moyen de l’inspection, sont celles des organes extérieurement situés , tels que les organes de la cavité buccale, le derme, Les parties génitales et le sang. Nous allons les étudier successive-

ment.

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