‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 91 sur 240 · SUEURS · texte numérisé non relu

SUEURS

coloration : «M. Braconot a déjà dit que la bile de certains foies contient une matière sucrée, qui peut même quelquefois être secrétée par les reins» et donner lieu, lorsqu’elle est abondante, au diabètes. L’acide sulfurique donne à cette matière une teinte bleue; par conséquent , M. Bleifus pense que la coloration bleue de la transpiration pourrait résulter de la combinaison de ce principe sucré avec l’acide acétique de la sueur, dont l’action pourrait être analogue à celle de l’acide sulfurique. »

Les sueurs peuvent être générales ou partielles. Elles paraissent se borner quelquefois au thorax chez les phthisiques ; une autre fois nous les avons vues, chez ces malades, très prononcées sur la tête.

Nous nous contentons d’une simple énumération de toutes ces modifications. La transpiration n’a pas des caractères assez constants pour qu’on puisse, à l’aspect seul des sueurs, déterminer la nature et le siége de la maladie,

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ARTICLE If. — MENSURATION.

La mensuration est une méthode par laquelle, en mesurant au moyen de différents instruments, la longueur , l’étendué, le poids, etc., de différentes parties du corps, on parvient à saisir quelques caractères conduisant au diagnostic des maladies. Plus on fera d’efforts pour rapprocher la médecine des sciences exactes, plus les instruments de ces sciences deviendront familiers aux médecins. Plus nous augmenterons étendue d'application de ces instruments, moindre deviendra le nombre de phénomènes vitaux jusqu'alors inexplicables. Et si, au moyen de calcul et de balance, on est déjà parvenu à saisir quelques phénoménes importants dans le laboratoire vital, en donnant plus d’étendue à l'application de ces mêmes instruments, en les dirigeant vers les états pathologiques , nous réussirons souvent à expliquer les mystéres de la physiologie. Les médecins qui taxent de prétention ridicule une exactitude semblable, n’ont que le hasard, qu'ils ont appelé le tact médical, pour guide dans le diagnostic des maladies. Mais combien de fois la finesse du tact ne serait pas en défaut contre les formes des maladies susceptibles de tant de variations? Pour le prouver nous n’aurions {si cela était possible) qu'à engager à suivre ensemble les malades, les purs élèves d'Hippocrate, et ceux qui ont puisé l'instruction dans les sourcesmodernes de Laënnec, Bouillaud, Andral , ete. Or, nous verrions certainement beaucoup d’affections que le tact médical ne pourrait atteindre; nous en Verrions d’autres dont les différents phénomènes reconnus au- trefois par le tact comme graves, ne le sont plus aujourd’hui qu'on estparvenu à connaître la cause de leur gravité au moyen des méthodes positives, et qu’on à pu s’en rendre maître.

Il en est de la médecine comme de toutes les sciences d'observation : à force d'observer on peut saisir dans l’atmosphère certains caractères constants, d’après lesquels on peut souvent prédire, la veille, les changements atmosphériques du lendemain. On peut par l'habitude apprécier assez exactement le degré de température ; la finesse du tact exercé peut même, dans certaines circonstances, donner aux phénoménes atmosphériques une interprétation différente de Tinterprétation ordinaire, comme lorsqu'on prédit un petit

orage par des nuages considérables. Mais qu'il y a loin eñcore de l’exactitüde de ces résultats à celle que nous donnent le baromètre , le thermomètre, l'hygromèétre !

Letact médical est doncune acquisition trés heureuse, fruit de l'observation et de l'expérience. Ïl est bon , il est même

‘trés avantageux d'avoir assez de tact pour pouvoir , dans beaucoup de cas, diagnostiquer , à 1h œil, les maladies et apprécier leur gravité. Le médecin qui réunit cette qualité à la connaissance des autrés méthodes, aura souvent l’occasion d'éclipser, par la finesse et la promptitude du diagnostic, ses confrères qui ne possédent pas le tact médical; mais s’enorgueillir de ce tact jusqu’à exclure les méthodes positives, qui seules font une boussole au médecin, c’est croire à la possibilité d'avancer le char du progrès en le tirant par derrière.

En voilà assez sur le tact médical. Nous avons cru indispensables quelques mots sur ce sujet. Le tact médical, quoique loin d’être uné méthode exclusive, n’en est pas moins encore aujourd'hui un mode de diagnostic des maladies.

Il doit, par conséquent, occuper un rang dans la méthodologie. Mais comme cette méthode n’a rien de positif, comme son application est le plus souvent éventuelle, nous n'avons pu lui consacrer un chapitre à part à côté des autres méthodes. Nous avons cru plus opportun d’en parler dans ce chapitre , et la plaçant ainsi à côté des méthodes mathématiques, nous pouvons mieux faire sentir leurs avantages respectifs aux juges non prévenus , et montrer le ridicule à ceux qui osent encore opposer à ces méthodes le tact médical.

Les instruments dont on se sert dans la mensuration varient selon la différence des résultats qu'on se propose d'en obtenir. Pour mesurer l’étendue d’une surface ou la circonférence d’une partie quelconque, il suffit d’avoir un ruban de cuir Comme celui dont se servent les tailleurs, ou un ruban dé fil gommé long à peu près d’une aune et demie , et offrant dans toute sa longueur les divisions de pouce.

Le ruban peut être, comme chez les tailleurs , roulé sur un éylindre contenu dans une boîte arrondie et offrant une fente Sur le côté. Par cette fente on retire le ruban ou on le

réintroduit à volonté, selon Ia direction dans laquelle on

tourne la circonférence du fond mobile de la boîte auquel est fixé le cylindre intérieur.

‘ Depuis quelques années, M. Chevalier, opticien du roi, prés

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pare des boites de ce genre, qu'il sait rendre plus élégantes et plus commodes. Les boîtes, au lieu d’être en buis comime les autres , sont confectionnées en bois de coco ou en ivoire, Dans l’intérieur de la boîte est contenu un ruban gommé. L'extrémité postérieure de ce ruban est fixée à un ressort d'acier qui s’entortille autour du cylindre placé au milieu, en entraînant avec lui le ruban. Lorsqu'on veut se servir de cet instrument , on tire par l'extrémité antérieure du ruban qui pend au dehors de la boîte attachée à une bouele. Alors on retire le ruban dans la longueur voulue, et il n’est plus besoin de le maintenir pour l'empêcher de rentrer dans la boîte, puisque, pour prévenir cet inconvénient , il existe déjà un ressort qui fait saillie à la circonférence de la boîte prés de sa fente. Si l’on comprime ce ressort, le ruban rentre avec une rapidité telle qu’il est bon de le retenir légérement pour empêcher la rupture du ressort interne. C’est celte espêce d'instrument que M. Montault a eu l'idée de réunir au stéthoscope en vissant ce dernier au fond de la boîte. Quoique dans ce cas, comme on l’a dit, uue grande part du mérite appartienne à ce fabricant qui a fait Papplication d’un procédé ingénieux à la confection de la boite, il n’en est pas moins vrai que M. Montault en l’adaptant au stéthoscope , a rendu un service aux amis de la médecine exacte. On peut se servir de la mesure dont nous venons de parler, chaque fois que nous voulons apprécier le volume et l'étendue de diverses parties situées extérieurement, ou des organes internes dont les méthodes physiques, telles que la percussion et le palper , nous permettent d'en apprécier la situation ef les limites. S'agit-il de savoir quel est le résultat immédiat des saignées abondantes sur le volume des parties externes enflammées, on n’a qu'à recourir à cette méthode. C’est ainsi que nous avons vu M. Bouillaud constater mathématiquement le dégorgement des parties affectées d'érysipéle. Lorsque l’inflammation oceupe une articulation et qu’elle y suit une marche chronique, l'œil, à lui seul, ne peut suffisamment apprécier les modifications lentes dans le volume de la tumeur : ainsi le médecin ne saurait, par la vue seule, se guider dans les indications thérapeutiques : au contraire, en mesurant le genou avant et aprés l’application des moyens : qu'il juge nécessaires, il pourra mettre toufe exactitude possible dans son jugement. Pour mesurer le degré de gonfle-

ment de la figure dans l’érysipéle , on applique l'extrémité du ruban immédiatement au-dessous d’une oreille , et en le passant par-dessus le dos du nez, on le porte à l'oreille opposée. Le nombre de pouces et de lignes que contient la dis-tance entre les deux points indiqués, représente le degré de: développement des parties enflammées. Les articulations: doivent étre mesurées au milieu, les membres sur les endroits les plus saillants. Le ruban ne doit pas se déprimer” dans la peau. Ce procédé pourrait exciter la douleur dans les: parties enflammées, et dans le cas où il faut comparer le volume de deux parties entre elles, la dépression pourrait être inégale et donner des résultats faux. Il suffit d'appliquer exactement le ruban et d'exécuter une traction douce sur ses extrémités. ‘

Toutes les fois qu’il s’agit de comparer le développemené de deux parties correspondantes, on doit appliquer avee: grand soin la mesure de la même maniére et dans la même direction sur les deux parties : à moins que ce ne soit dans l'érysipéle du cuir chevelu, dans l’œdéme du tissu cellulaire sous épicrânies, dans l’hydrocéphale ; il est rare qu’on ait besoin de mesurer la circonférence du crâne en médecine proprement dite, et alors ce {procédé ne demande rien de particulier. Nous avons dit en médecine proprement dite, car ilest certaines branches de notre art, et spécialement Ja science des difformité où la mensuration des deux semi-périmètres du crâne est d’une grande importance. Plus d’une fois nous avons vu M. le docteur Jules Guérin trouver une différence entre l'étendue des deux demi-périmètres du crâne, en même temps qu’il la trouvait entre le développement de toutes les parties constituant les deux moitiés du corps. Chez: un assez grand nombre de personnes ayant une déviation de lépine, cet habile observateur à rencontré un vice héréditaire de conformation, rendant une moitié du corps plus. faible que l’autre. On peut alors trés facilement concevoir le mécanisme de la formation de cette difformité en mettant les deux phénomènes en rapport de cause à effet.

La circonférence abdominale est trop susceptible de variations pour qu’en mesurant on puisse y prétendre à des résultats positifs. Comment, par exemple, juger par la mensuration si la quantité de liquide constituant un épanchement abdominal a augmenté du jour au lendemain, lorsque le volume du

ventre est en même temps modifié parles différentes quantités de gaz qui distendent les intestins. Plus d’une fois alors, en se guidant d'aprés les résultats de la mensuration, on pourrait attribuer à la diminution duliquide l’affaissement du ventre qui serait dû à la diminution des gaz. Il n’en est pas de même pour le thorax. Comme le nombre de causes qui influencent l'augmentation d'étendue de cette cavité est plus restreint, on peut trés bien se servir de la mensuration pour le diagnostic de certaines affections des organes contenus dans cette cavité. Il n'importe pas au médecin de connaître la circonférence ou le périmétre entier du thorax, puisqu'il est susceptible de nombreuses variations qui n'’offrent pas de limites fixes pour l’attribut de l’état sain; maïs il importe au médecin de savoir le rapport entre l'étendue de deux demi-périmétres du thorax, vu que la différence entre les deux prouve déjà l’état anormal des organes contenus dans la cavité thoracique (1).

Cette différence se remarque spécialement dans les épanchements pleurétiques, dans l'emphyséme pulmonaire, dans le pneumo-thorax , et dans le cas de résorption d’un ancien épanchement abondant. Dans une pleurésie avec épanchement, le liquide refoule les côtes dans tous les sens. S'il est très abondant, il fait saillir les espaces intercostaux, de maniére à produire quelquefois une différence sensible à l'œil entre l’étendue du demi-périmèêtre correspondant et celui du: côté opposé ; mais une autre fois cette différence ne devient évidente que par suite de la mensuration. Souvent alors on trouve que le premier dépasse l’autre de plusieurs lignes, d'un pouce à deux pouces.

L'air joue dans l’emphyséme pulmonaire ‘et dans le pneu-.

(1) Ici nous supposons que les parois thoraciques sont dans: leurs conditions normales.

On ne pourrait tirer la même conclusion, si l’épine, s'étant déviée d’un côté, prolongeait l'étendue du demi-périmètre correspondant dans le sens de la déviation, ou si les parois thoraciques, étaient déprimées ou faisaient saillie par suite d’une affection des côtes, comme cela s’observe dans le rachitisme. Dans ces cas ; en: effet, les organes contenus dans la cavité thoracique peuvent étre à peu de chose près, dans les conditions normales, et toute la. cause de différence entre les dimensions des deux moitiés dépendre de la difformité du système osseux.

mo-thorax , le même rôle que le liquide dans une pleurésie

avec épanchement. Lorsque ces affections sônt bien prononcées , les côtes sont le plus souvent refoulées en dehors, et la différence entre les deux demi-périméètres du thorax devient sensible, au moins par la mensuration qui démontre les dimensions plus grandes dans le côté affecté. La coïncidenee de la matité avec augmentation de l’étendue du demi-périmétre correspondant servira à diagnostiquer un épanchement. Lorsque, au contraire, le côté plus développé offre une plus grande résonnance, on peut en induire un emphysème. pulmonaire ou un pneumo-thorax. L'ensemble des autres signes qui appartiennent à chacune de ces deux maladies, et que nous signalerons en parlant de la pereussion et de lauscultation, servira à faire le diagnostic différentiel.

Pour bien juger de l'étendue des deux demi-périmètres du thorax, voici le procédé à suivre : On fait partir l'extrémité du ruban du milieu du sternum , tout près de la base de l'appendice xyphoïde. En entourant ensuite un côté du thorax, on arrive toujours en ligne horizontale jusqu’à la colonne vertébrale, où l’on s’arrête sur l’apophyse épineuse, en regardant le chiffre du ruban qui y correspond. Puis, on continue, dans la même direction, à entourer le côté opposé du thorax, et Von arrive ainsi jusqu’au point de départ, où l’on note encore le chiffre correspondant du ruban. Ce chiffre représente la dimension du périmétre entier du thorax. En soustrayant de ce chiffre celui qui correspond à l’apophyse épineuse, et qui représente l'étendue du premier demi-périmétre, nous obtiendrons la valeur du second. Le procédé que nous venons de décrire sera appliqué dans tous les cas où un côté entier paraît offrir une augmentation d'étendue ; mais lorsque par une cause quelconque le thorax n’augmente d’étendue que dans une partie seule, comme cela s’observe dans les épanchements partiels de la plévre , dans les emphysèmes partiels, dans les épanchements du péricarde ou dansfles hypertrophies du cœur, il faut alors passer le ruban au niveau du centre de la région qui paraît étre voñtée.

Jusqu'à présent nous avons passé en revue les cas où l’état pathologique des organes était pour ainsi dire la déduction de l'augmentation de dimension d’un des demi-périmètres du thorax. Maintenant nous deyons nous occuper des cas. dans lesquels les maladies entraînent aprés elles un affaiss

MENSURATION, 635 serment des côtés et par conséquent la diminution dans les dimensions dû demi-périméêtre qui y correspond. D'abord mous citerons l’affaissement latéral du thorax succédant à la résorption d’un épanchement considérable. Lorsqu’à la suite de cette résorption, le poumon, retenu par des fausses membranes prés du médiastin, ne revient plus à son volume ordiñaire , les côtes correspondantes n'étant pas refoulées par les mouvernents de l'inspiration, S’affaissent et produisent le rétrécissement lâtéral, Comme ce phénoméné ne peut étre -océäsionné par aucune autre cause, (excepté le vice de conformation) on est autorisé à diagnostiquer la résorption d’un épanchement, chaque fois que la mensurätion le met en évidence. Au lieu d’être général, le retrait dés côtes peut étre limité à une petite portion duthorax, comme on l’observe sur les parties correspondantes aux vomiques évacuées, aux cavérnes, etc. Dans ce cas, on doit passer le ruban dans la direction de la région que l’on suppose déprimée.

En examinant attentivement les deux côtés du thorax par l’auseultation et la percassion, en déterminant bien quel est

‘lé côté auquel appartiennent les signes de l'état normal , on éclaicira mieux les résultats de la mensuration, et on saura résoudre ce problème : Quel est le côté malade ? est-ce celui dont le demi-périmétre est plus court, ou celui dans lequel il est plus long ?

En appliquant le ruban , en différents sens, sur les régions correspondantes aux organes dont on a préalablement limité Ja ciréonférence par la percussion, on apprécie mathémaliquément leurs dimensions.

C'est ainsi qu'on mesure l'étendue de la matité du cœur, du foie, de la rate, et de différentes tumeurs abdominafes, etc.

Les médecins ont rarement besoin de mesurer la longueur des membres. 11 n’én est pas de même en chirurgie, où il s’agit souvent de déterminer la cause de la claudication; où il faut savoir si cette claudication tient réellement au raccourcissément de Pos, à la luxation et soulévement de son extrénité supérieure , à la courbure de los ou à l’obliquité du bassin. Mais ce sujet, comme nous l’avons déjà dit, doit surtout occuper les personnes qui se livrent spécialement à Téxercice de la chirurgie, et nous ne pouvons conséquemment lui donner dans ce livre un développement plus étendu.

Si l'on voulait savoir les dimensions des diamétres antéropostérieurs des deux moitiés de la cavité thoracique, on : pourrait se servir avec assez d'avantage d’un instrument absolument semblable à celui dont se servent les bottiers pour prendre la mesure de la longueur du nied. Sur la face dorsale de l’une des moitiés du thorax on applique la bran- <he perpendiculaire fixe , et l’on approche la branche mobile qui se trouve au-devant du thorax jusqu’à la rencontre de sa paroi antérieure. La distance entre les deux branches, représentée par les divisions du pied qui se trouvent sur la branche horizontale de l'instrument, constitue l'étendue du diamêtre antéro -postérieur.

On peut obtenir le même résultat plus commodément en se servant d’un instrument que nous avons vu employer à M. Guérin pour la mensuration des diamètres latéraux et antéro-postérieurs du thorax, et pour la mensuration de certains diamétres du bassin. Cet instrument rappelle trés bien le compas d'épaisseur de Baudeloque. La partie supérieure des branches de ce compas, ainsi que l’échelle semi-circulaire du milieu, sont en bois. Dans leurs deuxtiers inférieurs, les branches se terminent par des arcs assez étendus en fer et dont les extrémités sont garnies chacune d’une boule en bois ayant un demi-pouce de diamètre, de sorte que l’instrument étant fermé, l'échelle présente déjà un pouce d’écartement résultant de l'addition des diamètres des deux boulettes terminales.

On applique ainsi une extrémité du compas ouvert sur une paroi du thorax, en même temps qu'on porte l’autre extrémité sur le point correspondant de la paroi opposée. La distance entre les deux extrémités représentée sur l’échelle établit la valeur des diamètres.

Pour mesurer le temps dans lequel se passent certains phénomènes, pour compter le nombre des inspirations, des pulsations artérielles dans un temps donné, on se sert des montres à secondes. Les montres à secondes, à double cadran, sont celles qui sont le plus répandues dans le commerce et dont se servent le plus ordinairement les médecins. Outre le désavantage d’être d’un prix plus élevé que les montres nommées trotteuses, elles ont encore celui de l’infériorité, Leur mécanisme étant nécessairement plus compliqué

que celui des frotteuses, elles se dérangent plus facilement -et donnent souventlieu à des résultats erronés.

Pour ces motifs, nous conseillons, avec M. Douné, de préférer les trotteuses dans les minutieuses recherches. Dans la pratique ordinaire, la montre à double cadran peut trés bien s’'employer; et même, lorsque par l'habitude on parvient à pouvoir apprécier le nombre de pulsations ou de respiration dans un temps donné, il sera bon de ne se servir de montre que dans les cas d’une nécessité évidente, si ce n’était que pour passer pour un médecin expérimenté, et gagner la confiance des malades.

Pour mesurer le poids des différentes parties , on se sert de la balance ordinaire bien confectionnée. |

Pour mesurer la quantité de sang tiré au moyen d’une saignée, on se sert de vases assez larges et plats qu’on appelle palettes. Chacun de ces vases contient vingt onces, et offre, en dedans sur les parois, des lignes circulaires au nombre de quatre. L’intervalle compris entre les deux lignes contient quatre onces, ou ce qu'on appelle une palette de sang.

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