DIFFÉRENTES FORMES DE CHALEUR
suppuration lente des organes. Dans beaucoup de cas elle est générale : néanmoins elle se présente à son maximum dans certaines parties, telles que les joues, la paume des mains, la plante des pieds, etc. Cette chaleur augmente généralement aprés les repas ; 4° ardente, qui donne la sensation de brülure. Elle s’observe surtout dans les affections graves du tube digestif, et spécialcment dans leur forme bilieuse; 9° halitueuse, produisant sur la main une légère vapeur humide, comme si l’on touchait la peau d’une personne sortant d’un bain de vapeur; elle s’observe dans les maladies aiguës de poitrine et surtout dans le rhumatisme articulaire aigu; 6° dcre et mordicante, produisant sur la main une sensation âcre, piquante, comparée par Galien à celle que la famée détermine sur les yeux; quelquefois, comme le dit Dance (ouvrage, cité, p. 376 )..il semble alors que la main est percée p fines aiguilles, sensation qui persiste quelque tem la main de l’observateur.
Le froid peut éfalement se présenter sous plusieurs formes que le thermomètre n’est pas habile à exprimer. C’est ainsi que les pathologistes distinguent : 40 le simple sentiment de froid, refroidissement, algor, sans aucune secousse du corps; 20 le frissonnement , horror, horripilatio, dans lequel la sensation de froid fait naître ce qu’on appelle chair de poule ou d’oie, caro gallinacea ou anserina ; 3° le frisson, rigor, dans lequel le froid est accompagné d’un tremblement involontaire de tout le corps, comme cela s’observe dans les fiévres intermittentes.
L'application de la main sur les différentes parties de notre Corps nous permet de saisir, outre la température, d’autres caractéres qui conduisent au diagnostic des maladies. Pratiquée sur la région précordiale , elle nous fait sentir l’impulsion du cœur et laisse apprécier son énergie. A l’état de santé et pendant le calme, cette impulsion est, en général, : faible ; la main la ressent bien sans être soulevée par les battements. Quelquefois, surtout chez les personnes d’un tempéramentlymphatique, l'impulsion du cœur devient si peu sensible,que,pour bien l’apprécier, il faut appliquer assez fortement la main contre les côtes, ou même enfoncer les extrémités des doigts entre les espaces intercostaux. L’impulsion est encore faible dans le cas où le poumon recouvre en grande par tie le cœur. Nous l'avons trouvée généralement trés faible
ou nulle chez les sujets atteints de l’excurvation de l’épine au niveau de la 4e ou 5e vertébre dorsale; et il est facile de se rendre compte de ce phénomène. Dans toutes les ex- : curvations, en effet, comme dans toutes les déviations, Vaorte suit assez exactement les flexuosités de l’épine. Par conséquent, elle doit tirer le cœur en arrière vers la colonne vertébrale, si lexcurvation a son siége au niveau de cet organe, et l’empécher de venir frapper le thorax en avant. D’après Laënnec , l'impulsion du cœur sera encore faible dans le cas de ramollissement de cet organe. Elle est faible toutes les fois qu'il y a dans le péricarde du liquide qui comprime le cœur et le repousse de la paroi antérieure du thorax.
Dans quelques uns des cas dont nous venons de parler, il suffit d'examiner la direction de l’épine ou la constitution de la personne, pour savoir si la faiblesse de l'impulsion du cœur peut tenir ou non à la direction vicieuse de l’épine ou à la faiblesse de la constitution : sinon il faut en chercher la cause ailleurs, ausculter attentivement la région précordiale pour savoir si l’on n’y entend pas de murmure vésiculaire qui prouverait que le cœur est couvert par les poumons ; et si cette dernière cause ne suffit pas encore pour l'explication de la faiblesse de l'impulsion du cœur, on limitera attentivement l'étendue de la matité de la région précordiale et l’on auscultera les bruits du cœur. Si ces bruits sont sourds, et si la matité présente, en même temps, une étendue plus considérable qu'à l’état normal, on peut diagnostiquer un épanchement dans le péricarde. Ce diagnostic sera encore plus positif s’il se joint aux caractères déjà indiqués une voussure de la région précordiale. On pourra présumer le ramollissement du cœur, si la personne chez qui est observée l'impulsion faible de cet organe présente une constitution débile, chétive, ou si, comme le dit Laënnec, la faiblesse d’impulsion survient rapidement à la suite des symptômes de cardite. Nous devons ajouter qu'avant de bien déterminer la cause de la faiblesse de l'impulsion, on doit appliquer la main, non seulement sur la région que le cœur occupe à l’état normal, mais encore sur toute la demi - zone antérieure du thorax , surtout si l’on trouve de la matité dans une des deux moitiés du thorax, en méme temps que la faiblesse de l’impulsion du cœur dans
la région qu’il occupe ordinairement. En effet, on voit quelquefois les épanchements pleurétiques trés abondants venir en avant et refouler le cœur dans l’un et l’autre sens latéral, selon le côté occupé par l’épanchement. Si cette circonstance a lieu, on ne tardera pas à découvrir sur les côtés l'impulsion qui était insensible dans la région précordiale. Au lieu de diminuer, elle peut, en d’autres cas, augmenter de force : ainsi certaines influences morales imprimées d’abord au cerveau, ne manquent pas de vroduire presque immédiatement aprés, dans l’innervation du cœur, un trouble qui force cet organe à se contracter plus énergiquement. Il en sera de même si Finnervation du cœur reçoit un stimulus plus direct, comme celui, par exemple, qui provient de l'inflammation des. membranes qui l’enveloppent. Enfin , si à l'excitation nerveuse se joint une force plus considérable des fibres musculaires, cette réunion de deux éléments essentiels de force donne lieu à une impulsion trés énergique, comme cela s’observe dans l’hypertrophie, pourvu que cette lésion ne soit pas trop prononcée pour laisser au cœur l’espace nécessaire aux efforts de son impulsion contre le thorax.
La main appliquée sur la région précordiate distingue , outre la force de l'impulsion, l'étendue des battements. A l'état normal, l'étendue de l'impulsion est trés circonserile; à peine oceupe-t-elle une surface carrée de deux pouces: elle est le plus sensible à un pouce à peu prés au-dessous du mamelon. Dans l’hypertrophie du cœur, non seulement il y a augmentation d’impulsion de cet organe, mais Île volume du corps frappant étant plus considérable, limpulsion se fait sentir dans une étendue plus grande. Lorsque, au contraire , le cœur ayant conservé son volume normal, son impalsion devient plus forte par suite d’un trouble nerveux primitif ou secondaire, il n’y a aucüne raison pour l'augmentation de l'étendue de cette impulsion. Dans certains cas d'hypertrophie du cœur, la main appliquée sur quelque partie que ce soit de la moitié gauche de la face extérieure du thorax, la ressent partout.
En appliquant la main sur tous les points du thorax, méme sur le trajet des gros vaisseaux , on ne perçoit aucune impulsion à l'état normal: il en est différemment, à l’état pathologique, Dans les anévrismes, elle devient en
FRÉMISSEMENT CATAITRE. 647 général sensible au siége de la tumeur.et cest peut-être même un des caractères qui font le plus souvent Soupçonner celte lésion et qui ménent sur la voie du diagnostic; mais il s’en faut de beaucoup que ce signe prouve par lui seul la présence de l’anévrisme. Dans quelques cas, surtout chez des personnes d’un tempérament nerveux ; On 6bserve sur le trajet des gros vaisseaux dés battements quelquefois sensibles à la vue, et se communiquant à la main avec là plus grande facilité, et cependant ces battements ne sont que le résultat de contractions Spasmodiques. La palpation et la percussion de la région correspondante aux battements anormaux, jointes à l'examen de l’étendue de l'impulsion, détideront alors laquelle éxistera de ces deux affections. Il arrive quelques cas , heureusement assez rares , où limpulsion est sentie sur le trajet d’un gros vaisseau, sans qu’elle soit due à un anévrisme ; elle appartient à la présence d’une tumeur d’une autre nature qui, située sur le trajet de l’artére, communique les impulsions de celle-ci à toute l'étendue qu’elle occupe.
Les lumiéres de là percussion ne peuvent étre alors que d’un trés faible secours au diagnostic différentiel , puisque, dans les deux circonstances, on trouvera également de la inalité. Cependant la palpation de la tumeur elle-même et dés régions environnantes pourra , jusqu’à un certain point diminuer le doute qu’il sera impossible, dans beaucoup de cas, de dissiper complétement.
Pour en finir avec tout ce que nous fournit l’application de la main dans l’examen des organes de la circulation, nous devons dire deux mots du frémissement cataire. Laënnec a nommé ainsi une sensation particulière de vibrations qu'éprouve, dans certains cas d’induration ou d’ossification des valvules, la main appliquée sur la région précordiale. Ce frémissement ressemble assez bien à celui que produisent quelques caresses exercées sur le dos d’un chat, et de laona tiré le nom du signe dont nous parlons. Les affections des valvules de cœur ne sont pas les Seules qui présentent le frémissement cataire : on le rencontre également en appliquant là main sur des régions occupéès par des tumeurs anévrismales, et très fréquemment aussi dans les péricardites avec de fausses membranes. Dans ce dernier cas, le frémissement est souvent très circonscrit : quoique superficiel,
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souvent il est si faible que, pour le bien distinguer ; il faut déprimer assez fortement les extrémités des doigts dans les espaces intercostaux. A ces caractères si nous ajoutons que le frémissement est alors ressenti plutôt vers la pointe du cœur qu'à sa base, nous aurons tous les signes distinctifs ‘| entre le frémissement dû à une péricardite et celui qui est | le résultat de l’endocardite. Dans cette derniére , en effet, ilest généralement plus fort, plus étendu, et son maximum d'intensité occupe presque toujours la région de la base du cœur. Dans les deux £as, le frémissement cataire est dû aux vibrations que provoque, dans l’endocardite , le brisement des colonnes de sang par les inégalités des valvules, et dans la péricardite par le frottement des rugosités des fausses membranes.
L'application de la main sur les parois correspondantes aux poumons ne fournit en général aucun caractère particulier , à l'état normal , pendant la respiration : mais lorsqu'on fait parler la personne en même temps qu’on tient la main appliquée sur les parois thoraciques, la main ne manque pas alors de sentir les vibrations de la voix.
Dans beaucoup de circonstances, les vibrations auxquelles donnent lieu le gazouillement et les râles bronchiques , tels que le râle muqueux et surtout le râle sonore grave, se propagent jusqu'à la main appliquée sur le thorax. Très souvent par la seule application de la main sur les parois. thoraciques, nous avons, pour ainsi dire, prédit les résultats de l’auscultation.
pans les épanchements pleurétiques, la main appliquée sur le thorax ne ressent aucune vibration de la voix dans toute l'étendue occupée par ce liquide. Ge signe observé en premier lieu par M. Reynaud, peut être d’un grand secours, surtout lorsqu'il s’agit du diagnostic différentiel entre la pleurésie avec épanchement et l'induration chronique des poumons ou une pneumonie aiguë au deuxième ou troisième degré , sans expectoration.
Enfin , dans les cas de fausses membranes pleurétiques, 1a main appliquée sur les parois thoraciques peut quelquefois sentir des vibrations, en même temps que l’auscultation fait découvrir dans l'endroit correspondant lé bruit de frottement ou celui de cuir neuf,