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PALPATION ET DÉPRESSION

rite, à une métrite, à une hypertrophie du foie ou de la raie, à une concrétion stercorale, etc. Toutes Jes fois que la tumeur n’est pas assez volumineuse pour ne laisser à l'œil aucun doute sur sa présence , le médecin doit palper la région qu'il croit plus saillante ; il peut ainsi changer en certitude ce qui n’était seulement que probable. L’œil ne peut, le plus souvent, que constater la tumeur, tandis que le palper en détermine la nature d’après sa configuration et sa résistance.

Mais les organes ne sont pas toujours assez superficiellement situés pour que l’action des doigts seuls, promenés sans aucune pression, suffise à l'appréciation de leur état ou de leur volume. Dans ce cas, il faut ajouter la pression au palper. On déprime les parois abdominales dans le but d'apprécier leur résistance. Lorsque ces parois se laissent déprimer facilement dans tous les sens, lorsque la main ressent une élasticité, on dit que le ventre est souple. Au contraire, si les parois de l’ahdomen ne cédent plus aussi facilement à la pression; si elles offrent une certaine dureté, le ventre est dit dur ou rénitent. Enfin, il est ballonné siles parois abdominales , distendues par des gaz, offrent une élasticité et une dureté analogues à celles d’une vessie remplie d'air. En général, plus la douleur est vive et superficielle, plus le ventre est dur. C’est par la même raison qu'il est généralement dur dans la péritonite. Les nerfs des muscles enveloppés par le péritoine enflammé s'irritent par l'inflammation , et tiennent ces muscles dans un état de demi-contraction qui est la cause de la dureté ; quelquefois même ils excitent des contractions complètes qui expliquent les vomissements si fréquents dans la péritonite, malgré l'intégrité de l'estomac.

Pour que le palper du ventre puisse fournir des résultats justes, le malade doit être couché à plat sur le dos. Les parois abdominales doivent être dans un relèchement complet. Ainsi on fera fléchir aux malades les jambes sur les cuisses et les cuisses sur les jambes ; d’un autre côté on Jeur fera incliner légérement la tête.

La pression doit se pratiquer largement, et au lieu d’être brusque et rapide, comme la font quelques médecins, elle doit étre lente et en quelque sorte ondulatoire, comme le dit Bance. Il sera bon de l’exécuter avec les deux mains qui exerceront alternativement une pression inégale pour la

CGARGOUILLEMENT DU VENTRE. Ghx

force , l’une trés légére et l’autre plus profonde. De cette manière , on parvient trés facilement à constater tous les caractères des parois abdominales dont nous avons parlé. Quelquefois, cependant, on ne peut, malgré les plus grandes précautions, empêcher la contraction des muscles abdominaux ; ils offrent alors une roideur plus ou moins grande qui ne permet pas d'examiner les parties situées plus profondément, et qui peut, dans certains cas, faire croire à un état morbide, surtout lorsqu'elle est partielle, comme elle s’observe à la partie supérieure des muscles droits, roideur qui souvent pourrait être prise d’abord pour un squirrhe de l’estomac. On évitera souventles inconvénients de ce genre en détournant , autant que possible , l'attention des malades par différentes questions, en observant attentivement la direction de la rigidité , si elle n’est pas en rapport avec la direction des muscles , et l’on s’aidera surtout des lumières de la percussion. ;

C’est en comorimant ainsi les parois abdominales qu’on parvient quelquefois à découvrir un phénomène particulier auquel on a donné le nom de gargouillement. On appelle de ce nom un bruit provenant du mélange de gaz, mis en mouvement par la pression, avec des liquides contenus dans l'intestin. Ce bruit peut se rencontrer sur tout le trajet du gros intestin ou à la fin de l'intestin gréle; quelquefois nous l’avons produit dans tout le trajet du colon chez des individus à qui on venait d’administrer des lavements. Quoique le gargouillement ne soit le signe caractéristique d'aucune affection, sa fréquence proportionnellement plus grande dans la fièvre typhoïde où il se rencontre trés souvent à la région iléo-cæcale, doit engager les médecins à en tenir quelque compte. Plus d’une fois, dans les cas où quelques doutes pouyaient exister sur la nature de la maladie, la présence de ce signe nous a déterminé à diagnostiquer cette affection plutôt que toute autre , et dans beaucoup de circonstances, le développement ultérieur de la maladie a confirmé notre opinion. Si les organes qu’on se propose d'examiner au moyen de la palpation, sont assez profondément situés, et surtout si, développés anormalement, ils offrent une surface assez large dont la résistance pourrait être confondue avec celle des parois abdominales , il sera très avantageux de substituer à la palpation avec la main appliquée à plat, la palpation avec

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