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DÉPRESSION AVEC LE BORD DE LA MAIN

le bord cubital de la main, ou avec les extrémités des doigts

dont les sommets, mis à peu prés au même niveau, représen-

tent une ligne droite. Alors, il faut commencer d’abord par appliquer la mâin , de la maniére indiquée, sur la région qui offre une résistance normale, y déprimer les parois abdominales et répéter cet examen à de petites distances, en allant dans le sens de la situation de l'organe que l’on croit développé. Ainsi, si l’on suppose un développement anormal du foie au-dessous du rebord des fausses côtes, on déterminera trés bien cet état en déprimant avec le bord cubital de la main la région iliaque droite, et en répétant cette dépres-

‘sion à certaines distances en remontant vers la base du tho-

rax. En suivant ce procédé, la main qui déprime ressentira d'abord l’élasticité et le défaut de résistance, mais bientôt elle s’engagera au-dessous du bord libre de l'organe dévelop pé, et déterminera ainsi ses limites inférieures.

La palpation jointe à la dépression sert aussi très bien, au

. moins dans beaucoup de cas, au diagnostic de la grossesse,

vers le troisième ou quatrième mois de la gestation; on fait faire quelques inspirations à la malade, tandis que l’on tient la main étalée sur l’hypogastre entre le pubis et l'ombilic. La main reconnaît alors la matrice à sa fixité au centre de l'excavation ou de l'hypogastre, selon le développement de cet organe. Une pression douce permettra de déprimer profondément les parois abdominales environnantes, et circon- £crira exactement le volume de lutérus. Ce procédé fut négligé pendant quelque temps dans l'accouchement ; aujourd'hui ses avantages sont devenus tellement évidents, qu'il ne serait pas pardonnable, comme le remarque M. Velpau, à aucun praticien de les ignorer. Il n’y à qu’une

obésité considérable, une douleur des parois abdominales,

la présence de tumeurs volumineuses dans le ventre, etc., qui puissent s'opposer à cet examen.

En combinant les divers procédés de la palpation que nous avons indiqués , on parvient assez facilement à diagnostiquer les différentes espèces de tumeurs , telles que le squirrhe et le cancer de l'estomac à l'épigastre , le gonflement et l'hypertrophie du foie et de la rate dans les hypoconéres; les tumeurs de l’épiploon à l’ombilie, celles de la vessie et de l'utérus à l'hypogastre, des ovaires dans les régions iliaques , ete. Dans tous ces cas, la percussion et la palpation

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réunies ne pourront qu'éclairer vivement les résultats que fournirait chacune de ces méthodes appliquée isolément.

La palpation offre encore au diagnostic de précieuses res sources dans son application à l'examen du système artériel et veineux.

La palpation des artères ou l'exploration du pouls, mérite d’abord notre attention.

Les anciens, tels que Solano de Luques (médecin espagnol), Fouquet, Bordeu, ont imaginé { c’est le mot) de nombreuses variétés de pouls; chaque variété correspondait, | sinon à la lésion d’un organe particulier, au moins à une lésion d’un des organes situés dans telle ou telle région du corps qu'on déterminait d'avance d’après Îe caractère du pouls. Il est vrai de dire que le plus souvent les inflammations des bronches, des poumons, du cœur, etc., donnent un pouls plein,développé (pouls sus-diaphragmatique), tandis que les inflammations des organes qui composent le grand appareil de la digestion donnent lieu à un pouls petit et peu développé (pouls sous-diaphragmatique). Cependant, depuis que, grâce au perfectionnement des moyens de diagnostic, nous avons pu mieux préciser le siége des maladies, nous avons trés souvent l’occasion de nous assurer du contraire, et à mesure que nous observons, nous trouvons incessamment des faits à opposer à ceux qui ont été enfantés par l’esprit fécond des célébrités que nous venons de citer. Que de paeumonies ne seraient-elles pas méconnues si, pour avouer leur existence, on attendait un pouls fort et développé ? Combien de fois, dans l’endocardite, n’avons-nous pas vu le pouls petit, presque filiforme, lorsque les caillots fibrineux brisaient la force des contractions du cœur qui avaient mis d'abord le sang en mouvement? D'un autre côté, chez beaucoup de malades atteints d’entéro-mésentérite typhoïde, nous avons rencontré le pouls sus-diaphragmatique. Malgré le peu d'importance à attacher généralement aux opinions des anciens sur les différents états du pouls, cette exploration est loin d'être dépourvue de tout intérêt. Toutes les artéres superficielles pourraient servir à l'exploration du pouls. Cependant elle se fait ordinairement aux artéres radiales, en raison de leur position plus commode.

Le médecin placé à côté du lit du malade lui saisit le bras avec la main opposée au côté où il se trouve ; il applique le

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