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que le corps tout entier n'en souffre, il en est de même pour ce grand être qui s’appelle l’Humanité. Tous les moi séparés font partie du Soi unique, et le mal fait à un seul rejaillit sur tous. Ainsi lorsqu’un homme fait tort à un autre, il se fait tort à lui-même, et bien qu’il ne le réalise pas sur-le-champ, cela n’en est pas moins certain ; mais à mesure que sa connaissance grandit,il le réalise de mieux en mieux. Qu’on s’en rende compte ou non, le fait n’en existe pas moins,et il est d’une importance capitale, suprême. De même que la santé d’un individu dépend de son obéissance aux lois de l’hygiène qui assurent la bonne harmonie entre les différents organes de son corps, de même la santé de l’humanité dépend de son obéissance aux lois de la morale, grâce auxquelles l’harmonie s’établit entre les divers organes de ce corps universel.
La volonté de Dieu tend uniformément au plus grand bien, et dirige le monde vers le bien. Travailler en accord avec cette volonté c’est être en harmonie avec la marche du système cosmique auquel nous appartenons, et par conséquent avec le courant de l’évolution. Lui résister, c’est lutter contre un courant qui nous emportera et qui, en nous précipitant contre
les rochers, nous blessera et nous meurtrira. Faire ce qui est bien, c’est être en paix avec nous-mêmes et avec Dieu, et c’est par conséquent être heureux. Faire le mal, c’est être en guerre avec nous-mêmes et avec Dieu, et c’est par conséquent être malheureux. Celui qui fait le mal est sans cesse mécontent, irritable ; quelque favorables que puissent être les circonstances extérieures, il n’est jamais satisfait. Celui qui fait le bien porte en lui-même la paix et le contentement, même si les circonstances extérieures ne lui sont pas favorables.
Mais pour obéir à la loi il faut la connaître ; de là cette question : comment pouvons-nous connaître le bien afin de le faire ? comment pouvons-nous connaître le mal afin de l’éviter ? En supposant que le bien consiste à faire la volonté divine, et que le mal consiste à lui résister, comment connaître cette volonté ?
L humanité a trouvé trois méthodes principales pour distinguer le bien du mal. La première méthode a pour base la religion et la science, la seconde a pour base l’intuition, et la troisième Futilité.
Les grands sages, les fondateurs des religions, les grands Instructeurs ont fait connaître certaines lois, que, grâce à leur vision spi-
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rituelle, ils savaient être dans la nature des choses, et ils les ont énoncées avec autorité.Ces lois, comme toutes les lois naturelles, peuvent être vérifiées par tous ceux qui se servent de leur raison pqrifiée de tout égoïsme et de tout désir. Étant Texpression de la raison divine, ces lois peuvent être découvertes et exprimées par la raison humaine qui est l’image de cette raison divine, et peuvent toujours être revérifiées par -l’expérience. Cette méthode est la méthode scientifique ; observer les faits, généraliser, énoncer une hypothèse basée sur ces faits, faire des expériences pour vérifier cette hypothèse, et proclamer loi naturelle l’hypothèse vérifiée. Ces lois ainsi découvertes et prouvées sont proclamées à nouveau avec autorité par les hommes experts en science, et elles doivent être tenues pour vraies par l’étudiant, jusqu’à ce qu’il soit capable de les revérifier par luimême. En attendant, le succès des expériences faites par lui sous la direction des experts, lui démontre partiellement la vérité des lois énoncées.
La science de la morale suit cette méthode ; ses lois ont été découvertes et énoncées avec autorité, mais elles sont toujours susceptibles de nouvelles vérifications et de nouvelles appli-
cations. Ces lois se trouvent dans les Écritures des différentes religions du monde, et celles qui sont fondamentales et d’une application universelle se retrouvent dans toutes. Elles sont mêlées à des préceptes locaux et temporaires, en rapport avec la civilisation et les conditions générales de ceux auxquelles elles s'adressaient. Les lois permanentes, universelles, se distinguent des temporaires par le fait qu’elles se trouvent dans toutes les Écritures, tandis que les autres varient suivant les religions. Les ignorants et les enfants doivent les accepter comme ils acceptent toutes les lois,parce qu'celles leur sont imposées ; l’étudiant sincère et compétent peut les vérifier pour luimême, en se servant de sa propre raison et en les expérimentant.
La seconde méthode est basée sur l’intuition s’exprimant par la conscience. Mais la conscience étant l’instinct moral est, comme tous les instincts, faite des expériences passées, et limitée par elles. Ce n’est donc quMne autorité individuelle, et non une autorité universelle.
La troisième méthode est celle de l’utilitarisme qui a pour maxime « le plus grand bien du plus grand nombre » ; mais la minorité faisant aussi partie du tout, ses intérêts doivent
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être défendus, car majorité et minorité ne font qu’une même humanité.
L^union de ces trois conceptions est réalisée par la reconnaissance d.e la vérité fondamentale, Tunité de la vie. Cette vérité donne à la méthode religieuse son véritable fondement dans la raison purifiée ; elle explique à la méthode intuitive les différences de conscience dues aux degrés différents de manifestation atteints par la vie une; enfin elle élargit la méthode utilitaire, en lui montrant que le bien final de chacun est identique au bien final de tous, et que la morale ne saurait avoir d’autre but que ce bien final universel.
La reconnaissance de cette vérité que la vie est une, nous fournit le moyen d’établir entre toutes les vies superficiellement séparées, des rapports d’aide mutuelle. Tout précepte moral trouve sa sanction dans cette unité, et Tamour universel, qui en est l’expression, est la source de toutes les vertus. Seul cet enseignement peut faire disparaître les haines de classes, de races, de nations, mettre un terme aux soupçons et aux mépris, et faire entrer tous les hommes dans une même famille, la famille humaine, où. il se trouve évidemment des aînés et des plus jeunes, mais aucun étranger.
La nature impérative des lois de la morale a aussi besoin d’être comprise. Une loi naturelle brise ce qui la méconnaît, et assure le succès à ce qui travaille avec elle. Chaque homme vient au monde avec un « caractère »
qui est la somme de ses qualités mentales et morales ; il peut agir sur ce caractère avec grand profit, une fois qu^il comprend ce à quoi il doit atteindre, et les moyens par lesquels il peut arriver à son but. Le caractère est le facteur le plus puissant de la vie humaine ; c’est de lui que dépendent le bonheur intérieur et le succès extérieur. Un homme à l’intelligence brillante, mais au caractère méprisable, peut pendant un temps venir à bout de tout ; mais bientôt ses semblables perdent toute confiance en lui, et le discrédit mine ses succès. Dans toutes les situations,rhomme au caractère noble est recherché, l’amour et la confiance de ses semblables mettent la joie dans sa vie.
Il y a un bien et un mal universellement reconnus, et qui sont l’un le résultat, l’autre la négation de cet amour qui « est l’accomplissement de la loi » Ils sont résumés dans ce verset hindou : « Vyasa n’a dit que deux cho-