CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Après le triple examen auquel nous venons de nous livrer touchant les rapports do Spinoza, soit avec la Kabbale, soit avec Maïmonidc et ses disciples, soit enfin avec Descartes, nous croyons avoir le droit de poser les conclusions suivantes :
1° Entre le système de Spinoza et les doctrines de la Kabbale il n'existe aucun rapport certain de ressemblance et de filiation; tout se réduit a de vagues analogies.
2° Considéré comme interprète de l'Écriture sainte, Spinoza est évidemment le disciple et le continuateur
de Maïmonide, ainsi que tout le monde en tombe d'accord; mais quant à ce qui roirnnle proprement la philosophie, Lien qu'il y ait cnlre les idées de Maïmonide et celles de Spinoza plus d'une analogie considérable, il es! certain que les doctrines alexandrines et arabes qui ont pu arriver il l'auteur de V Ethique par Maïmonide et ses commentateurs averrhoTstcs dilïércn! profondément de la construction métaphysique de Spinoza.
3° Le véritable maître de Spinoza eu philosophie, c'est Dcsrartes. Non certes que Spinoza entende et développe Descartes dans son meilleur sens; mais c'est un point démontré qu'il y a dans diverses parties du système do Dcscnrtes des germes de panthéisme qui n'ont pas tardé a paraître chez les principaux cartésiens de l'Europe, en France, en Allemagne, en Hollande, dans Malebranchc el Fénelon, dans Clauberg, dans Geulincx, et qui ont trouvé dans YKthique de Spinoza leur développement le plus régulier et le plus complet.
LtJ.I'IÛ'J d,
MALEBRANCHE