ARTE DT D
nous revint d'Allemagne, dans un costume un peu tudesque, il est vrai, mais parée des lauriers dont la couronna l’auteur du Crépuscule des Dieux, — oui, il a fallu toutes ces choses pour qu’on finisse par reconnaître chez nous la haute valeur du comte de Gobineau (1). La preuve la plus éclatante de ce retour de l'opinion est l'œuvre récente de M. Ernest Seillière, le Comte de Gobineau et l'aryarisme historique. Dans cet ouvrage remarquable, on trouve une analyse docu mentée, une critique approfondie et un Jugement sérieux quoique trop sévère sur l'œuvre entière de Gobineau. Tout en relevant les inconséquences et les contradictions dont fourmillent l’Essai sur les races et l'Histoire des Perses M. Seillière reconnait la haute importance de l'idée ariane, qui jette un jour nouveau sur l’histoire. J°y reviendrai peut-être un jour pour montrer quen la ramenant à sa juste valeur, on en pourrait tirer des principes féconds pour le perfectionnement des races par la sélection intelligente des élites. Bornons-nous à constater pour aujourd'hui, avec M. Seillière, l'influence que cette idée a déja exercée sur l’histoire et sur la science. Non seulement Taine s’en est emparé dans son Histoire de la littérature anglaise, mais les
(1) Dans un article Wagner intime (Revue Bleue, 24 mai 1902) javais signalé le mouvement provoqué en Allemagne par M. Louis Schemann. Après avoir traduit les Nouvelles asiatiques et l'Essai sur l'Inégalité des races humaines, M. Schemarn vient de publier la 2° édition de sa traduction allemande des Scènes historiques de la ‘Renaissance, précédée d’une très belle préface, où la philosophie et l'esthétique de l'œuvre sont appréciées avec une sympathie pénétrante et une grande hauteur de vue.
ser.) Péitut
, u ? MAS ete vu tés cn É pen j wS MAL dE ee SE mn ÉTT 7 #8 4 tr MIEL « à 8 «à 21: MX RUN TMS “ ET ne DEL EE Lane û 7e A RS à 5 Gta 0 nee RE SE Dr: TE ae TR 4 jté Le ES Ha or nue : F { Se
bugs
NS (ANRT RTE
si quee
ais
PT M'ANEeN dé om à ‘ LEON MR PTT TS Te = LAS Es Ram SE ES
en dd ot fs Din BL A FA EuN,
disciples de Darwin l'ont développée, les nouveaux anthropologistes et les derniers ethnographes en profitent largement sans toujours indiquer la source où ils l'ont puisée. Parlant de l’apostolat que s'est donné le défenseur allemand de Gobineau et de son admiration immodérée pour son héros, M. Seillière s’efforce d'établir la balance entre Gobineau historien et Gobineau poète. Il se résume ainsi: « Il y a désaccord absolu entre M, Schemann et nous quant au véritable mérite du comte : il le cherche avec prédilecton sur le terrain littéraire et wagnérien, dans la Renaissance, Amadis, Alexandre; nous le voyons dans son originalité aristocratique, dans l'Essai, les Perses, les Pléiades, Ottar Jart même. Mais ces divergences de vues ne nous empêchent pas de travailler, en somme, à la même œuvre réparatrice que le professeur - de Fribourg et de rendre cordialement Justice à la chaleur de ses sentiments, au dévouement qu'il apporte à servir la cause qu’il embrassa. Il croit, en eflet, ayoir recu de son maître Wagner la mission expresse de réhabiliter un solitaire, un vaincu retiré à l’écart sous l’étendard de la vérité. Il a voué sa vie à cette tâche idéaliste et donné par là un exemple aussi noble que rare d’enthou siasme désintéressé. »
Je souscris volontiers à ce Jugement, sauf sur
un point. Je ne proteste qu'en faveur des Scènes historiques de la Renaissance. Gobineau les écrivit en 1876, pendant la période Ia plus comtemplative de sa vie. Il était alors ambassadeur a Stockholm, Ici nulle théorie, mais la vivante