‹ Précurseurs et révoltésChapitre 12 sur 148 · LUE PQ RÉ AS VAR A OR RE HA ANBETÉ EI · texte numérisé non relu

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Le PRÉLUDE AU XIX° SiÈCLE

simplement un contraste étrange : Byron, le sceptique qui ne croyait guère aux hommes, s’en allait mourir pour l'indépendance de la Grèce, et Shelley, l’idéaliste qui méprisait la gloire et dédaignait la vie, espérait en l'avenir et croyait en lhuma-

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J'ai touché en passant aux seuls liens qui fattachaient Shelley au monde extérieur ; ils étaient frèles et peu nombreux. Un intérieur paisible, une famille charmante, des amis distingués, ces biens si rares ne pouvaient ôter de dessus son cœur Île poids immense qui l'oppressait; une sensation d'isolement et d'abandon le reprenait toujours. Que lui manquait-il donc et que cherchait-il ? Il a trahi malgré lui le secret de cette souffrance dans ces stances écrites à Naples, qui peignent sa plus profonde mélancolie : « Le soleil est chaud, le ciel est clair, les vagues dansent rapides et bril- Jantes ; les îles bleues et les montagnes de neige sont revêtues de la pourpre transparente du midi; le souffle de la terre est une rosée de lumière qui s’épand autour de ses bourgeons humides. Seul , suis assis sur les sables au bord de la mer, l'éclair de l'Océan flamboie autour de moi, et un son s'élève de son mouvement mesuré. Combien doux il serait, si maintenant un cœur partageait mon émotion ! » Cette fatale et continuelle solitude le suivait partout. Ni lé dévoüment de sa femme,

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