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glait avec le symbolisme comme une troupe d'enfants, qui, ayant trouvé une couronne, s’en servirait pour jouer au cerceau et à la raquette, il osait — Jui — dans le silence de son atelier, s'attaquer aux Idées-Mères avec les grands symboles. À cette époque, il écrivait dans son journal intime : « Nous allons vers un art qui rend la pensée par la ligne »..
J'appelle grands symboles les rares tableaux où, quittant le domaine terrestre et purement humain, Moreau aborde les idées mystiques et transcendantes dont les plus grands osèrent seuls s'approcher. Une telle tentative mérite une attention digne d’un si noble effort. Dans cette œuvre, les Cycles du poète, de la femme et du héros forment la base, Îles colonnes du temple et la frise avec les métopes. Le Cycle des grands symboles lui donne un frontispice, où les dieux apparaissent au-dessus des héros. Après avoir retracé l’architecture du temple il me reste à montrer son couronnement.
Il ya dans la vie des grands artistes, que tourmente la soif de l’Inconnu, un moment où ils sécrient :« Jeme suis mesuré avec l’homme éphémère et borné ; or donc, mesurons-nous avec l'Éternel etl’Infini »! Latransition de l’héroïsme humain, que bouleversent encore les orages de la passion, à l’héroïsme divin, où la force s'élève et se concentre dans le calme de la pensée, est marquée dans l’œuvre de Moreau par un tableau saisissant : Jacob et l’Ange (1). Conception puissante, dessin vigoureux. Jacob, arc-boutésur sesjambes, les mains
(1) Voir le magnifique dessin, enchâssé dans un panneau
mobile, dans un des cabinets du rez-de-chaussée, au musée Gustave Moreau.