‹ Précurseurs et révoltésChapitre 41 sur 148 · LAND AT TG · texte numérisé non relu

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grotte située au bord de la mer, car ils sont deve nus les génies protecteurs de la terre renaissante et de l’homme régénéré qui se pénètre de leur esprit. C'est là que nous les trouvons au dernier tableau de ce drame, conçu dans un cadre aussi vaste que la théogonie d’'Hésiode. La caverne est tapissée de plantes odorantes, pavée d’émeraude veinée; les larmes de la montagne y pleurent comme de longs diamants, un rideau de feuilles et de fleurs la protège contre le jour, et l'air y est toujours en mouvement. C’est là que Prométhée, entouré des trois Océanides et d’Hercule, se repose de ses labeurs en inventant les arts pour le bonneur des hommes, afin de peupler le monde avec « la progéniture immortelle de la peinture, de la sculpture, de la poésie ravissante, pendant qu’Ione chante des fragments de sa musique de mer et par son sourire efface les larmes qu’elle fait verser ». Les Heures, appelées par Prométhée, reçoivent d'Ione une conque nacrée, don nuptial de Protée a Asia, et s’en vont vers les cités populeuses emportées par des coursiers rapides comme l’ouragan, fendant l'air qui s'allume sous les roues, et, soufflant dans la conque, elles répandent parmi les hommes la puissante musique qui dort dans ses nombreuses spirales, Bientôt elles reviennent et racontent à Prométhée la transformation de la terre. Ainsi Îui reviennent les échos de cette œuvre de renaissance dont ilest le centre et l’inspirateur. L’immense symphonie de l’univers enveloppe le Titan, heureux pour la première fois. Les Océanides, émues et graves, prêtent l'oreille avec ravissement aux voix lointaines qui saluent

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leur règne ; elles sentent, elles savent enfin que l'homme peut être une âme harmonieuse qui porte en elle-même son divin contrôle, et que les

actes familiers deviennent beaux par le amour. Le

sens profond des choses s'étant dégagé dans ces

êtres supérieurs, ils perçoivent la musique secrète du monde,

« PANTHÉA. — Je sors d’un bain d’eau brillante, un bain de lumière azurée parmi les roches sombres. Ainsi 2 sors du fleuve de ce son.

» IonE — Hélas |! ma douce sœur, le fleuve du son a reflué loin de nous, et tu prétends sortir de sa vagüe, DAR£e que tes pare ole s tombent comme la claire et douce rosée secouée des membres et des cheveux d'unenymphe des bois qui sort du bain:

»PANTHÉA. — Paix ! paix ! Un puissant pouvoir surgit de la terre, éclate au fond de l’air et fait frissonner le ciel. Les brillantes visions dans lesquelles chevauchaient et reluisaient les esprits chantants ont fui comme de pâles météores à travers une nuit pluvieuse.

» Ion. — [I] y a un sens de paroles sur mon oreille. y Panruéa. — Un son universel comme des mots : ete]

» DÉMOGORGON. — Toi, terre, calme empire d’une âme heureuse, sphère de formes et d'harmonies divines, orbe magnifique.

»y La TERRE. — J'entends; je suis une goutte de rosée qui meurt.

» DÉMOGORGON. — Vous, rois dessoleilsetdes étoiles! Démons et dieux, dominations éthérées, qui possédez des demeures élyséennes gans vent, fortunées au-delà du désert constellé des cieux !... Toi, déçu, une pourriture, un voyageur du berceau à la tombe à travers la nuit épaisse qui précéda ce jour immortel!

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