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Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, dont la terre est fatiguée : qu'ils s’en aïllent en poussière !
Jadis le blasphème contre Dieu était le plus grand des blasphèmes, mais Dieu est mort, et avec lui sont morts aussi ses blasphémateurs. Blasphémer contre la terre, estimer les entrailles de l’Insondable au-dessus du sens de la terre, voilà maintenant le crime des erimes !
Jamais peut-être l’évangile de l’athéisme moderne n'a-t-1l été formulé avec plus de cynique assurance qu'en cette première prédicatiou de Zarathoustra, Jamais peut-être aussi n’y mêla-t-on plus flagrante contradiction. Faut-il s'étonner si la foule ébahie ne comprend rien à cet «homme surhumain » qui descend du singe, qui ne croit qu’à la terre et veut s élever au-dessus d'elle, qui nie la divinité manifestée par l'univers et se proclame dieu lui-même ? — Mais ainsi parla Zanathoustra ; inclinez-vous.
Bientôt après, une grande lumière se fait dans l'esprit du prophète, pendant qu'il médite dans la forêt. Que lui font les acrobates et leurs cadavres ? Ce sont des vivants qu'il lui faut, des compagnons dignes de lui, des créateurs de son espèce, des hommes forts et libres, Il retournera à sa montagne, 1l rentrera dans sa caverne, où l’attendent l'aigle et le serpent, Là, 1l appellera à Jui des disciples et leur enseignera sa doctrine. Le sermon de la montagne de Zarathoustra débute
par une parabole intitulée: les Trois métamor-
phoses : « I faut que l’homme devienne chameau,
lion et enfant ». Chameau humble et patient, qui porte les plus lourdes charges, gravit les plus
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