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sienne savent se donner tout entières. Plus la conscience est profonde et la volonté énergique, plus l’amour sera grand et terrible. Un fleuve se précipite autrement qu'un ruisseau. Elle sent le vertige de l’abandon, la soif de s’oublier. Et pourtant un pouvoir occulte la retient au bord du gouffre délicieux. Peut-être pressent-elle qu’une fois que la femme se sera livrée, la poétesse aura vécu. Sa force et sa flamme seraient absorbées par le vainqueur ; sa voix irait s’éteignant; elle ne chanterait plus les joies et les douleurs des autres. Cette situation poignante est dépeinte dans les vers suivants :
« Pourquoi, quand d'une voix douce et enchanteresse —— tu me contes ta vie errante — ton regard amoureux et bleu — semble-t-il sucer tout mon cœur palpitant ?.…. — Non, ne m'appelle pas aux songes morts et aux baisers... — Je ne puis pas, tais-toi |.
» Quand, recueillie et pensive, J'écoute — ta voix qui vibre comme une harpe, — pourquoi une flamme montet-elle à ton visage, — pourquoi un frisson court-il dans
mes fibres ?... — Non, ne m'appelle pas aux songes morts et aux baisers... — Je ne puis pas, tais-toi! » Un autre destin me pousse. — Oh, jamais à l'heure
— voluptueuse où tout s’oublie — à l'heure rapide qui fleurit sous le délire, — jamais une lèvre d'amantne me dira : Tu esà moi! — Sur ma bouche juvénile et pure — un baiser, c’est du chagrin.
» As-tu jamais pensé à ce que serait mon amour ?.… — Ce serait une lumière rayonnante de joie et de gloire, — un rire de jeunesse triomphante, — un hymne d’espérance, un chant de victoire ; une fête de l’âme et de la pensée, une secousse magique — de l'esprit et des moelles.
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» Et pourtant, vois-tu, je te chasse et je m'éloigne, rigide et chaste, dans la nuit profonde; — ne me F1 demande pas le pourquoi de ce mystère étrange — et 4 À *xr mn : ' ? 1 " e 30 77 Le!
L tyrannique qui m'environne; ne me rappelle pas aux songes et aux baisers... — Je ne puis pas, tais-tol ES
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