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son sofa, et son visage reprenait une expression sereine ét souriante. Alors, elle demeurait immobile, dans une sorte d’extase, les yeux fixés au plafond, comme au temps où elle composait ses rôles.
Que $e passait-il en elle pendant ces longues heures de silence ? On le devine. Ses créations anciennes, ses chères héroïnes, formes extériorisées de son âme meilleure, venaient la visiter. Imposant cortège! Elle avait incarné 93 personnages sur la scène. Quelquefois elle les voyait dans un parc peuplé de statues et parsemé de fleurs, et elles semblaient l'appeler de loin sous leurs ombrages. Plus souvent, elles défilaient d’un air triste, dans un cloître sombre, où s’ouvrait, à perte de vue, une galerie gothique. « Où allez-vous ? » léür disait-elle. « Dans l’oubli », répondaient les belles muëttes, en étendant leurs bras vers les ténèbres de la nef. Mais d’autres femmes suivaient les premières ; des inconnues, étranges et fières, La dernière était radieuse ; un sourire d'or fulourait de son visage et de ses vêtements. « Qui êtesvous ? » mürmurait l’extasiée couverte d’une sueur froide. Et toutes ensemble, élevant leur bras droit vers lé ciel, répondaient: « Nous sommes tes incarnations futures. Viens! » Elles s’en allaient à pas lents, et leur file faisait dans l’ombre frémissante un rythme de lumière. |
A la fin, un grand apaisement, une sérénité merveilleuse tomba sur la malade, Elle dit la veille de sa mort: « J'ai revu toute ma vie. Tout était bien, tout devait être ainsi. Je suis sûre maintenant que notre âme continue après là mort.
Autrement le monde serait trop insensé ». En s’éveillant vers le matin elle murmura: « Tout est vert autour de moi ». La-dessus, elle refer ma ses grands yeux bleus et se rendormit pour toujours.
C'était le 26 janvier 1860. On I 'inhuma au cimetière de la Trinité, à Cobourg. Ses amis couvrirent son cercueil d’une pyramide de fleurs et mirent sur sa tombe une table de granit. Sous son nom, on aurait pu inscrire ce mot qui fut sa devise: « J'ai aspiré à ce qu'il y a de plus haut. » Zch habe nach dem Hæœchsten gestrebt.
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