The silent Woman, ■— Mme Otter était déjà dans Ju
vénal .
Mme Otter se venge en battant son mari, mais elle n'en reste pas moins couverte de ridicule.
Le travers des précieuses, c'est de s'engouer des sots et des beaux esprits prétentieux, tandis qu'elles négligent les hommes simples et d'un vrai mérite. Celles de Jonson, comme celles de Molière, choisissent d'indignes favoris, dont elles ne reconnaissent la sottise qu'après les avoir accablés de compliments. Dans la comédie anglaise, elles prennent au sérieux deux gentilshommes fanfarons dont elles admirent avec affectation la bonne grâce^ le courage et l'esprit. L'un d'eux, sir John Daw, juge de haut la littérature et les écrivains; il trouve qu'Aristote ne renferme que des lieux communs, que Platon bavarde et que Thucydide est ennuyeux et sec. Il méprise la plupart des poètes de l'antiquité, parmi lesquels il range Politien, qu'il prend pour un Latin. Si on lui demande quels sont les auteurs qu'il aime, il répond : Syntagma juris civilis, corpus Juris civilis, corpus juris canonici. Il affirmerait volontiers qu'il n'y a pas de meilleurs vers que les siens et qu'il est le seul homme d'Angleterre qui entende quelque chose à la poésie. C'est un Trissotin doublé de Mascarille. Le suffrage des précieuses ne fait qu'augmenter la bonne opinion qu'il a de luimême. Dans une scène qui devance une situation analogue des Précieuses ridicules et des Femmes savantes^ il est invité à lire des vers de sa façon, et il débite avec une complaisance affectée le morceau suivant qu'il adresse à sa maîtresse : « Modeste et belle, car beauté et bonté sont proches voisines; jamais une loble vertu ne va seule, mais ^\\çi% soxv\. de^vvx. eu une.
Aussi, lorsque je loue la douce modestie, je loue les brillants rayons de la beauté; et, lorsque je loue à la fois la beauté et la modestie, c'est toi que je loue. » Toute la coterie féminine pousse alors des cris d'enthousiame; ce sont des exclamations, des soupirs, une violence d'admiration qui ne connaît plus de bornes. On croit entendre déjà Bélise, Armande et Philaminte applaudir Trissotin.