‹ Prédécesseurs et contemporains de ShakespeareChapitre 51 sur 89 · Every man in his humour · texte numérisé non relu

Every man in his humour

la parure des femmes, et ils se gardent bien de renoncer à une source de revenus si lucratifs *. Ils décrètent l'ignorance générale, afin de mieux asservir les âmes. Ils défendent l'usage des livres grecs et latins, dans la crainte qu'on n'y trouve des armes contre leurs doctrines, et ils brûleraient volontiers Platon, Aristote, Démosthène et Cicéron, comme le proposaient les anabaptistes de Munster. Ils ne permettent que la lecture de l'Ancien Testament; ils ne paraissent même pas soupçonner l'existence du Nouveau, car ils ne le citent jamais et n'en tirent aucun précepte de conduite. C'est dans le livre de Moïse qu'ils apprennent la charité et l'humilité, et c'est pour cela qu'ils les pratiquent si mal. »

Jonson ne s'en tient pas à ces attaques générales. Il met le Puritain sur la scène, en face des devoirs de la vie, et il démasque son hypocrisie. Comme nous le verrons, en étudiant la comédie de VAlchimiste^ il le conduit dans le laboratoire d'un charlatan, où l'entraîne le désir de gagner de l'or; il l'expose aux railleries méritées de ce misérable et le couvre de honte, en dévoilant le commerce qu'il entretient avec un homme condamné par la religion et poursuivi par la loi. Mais, ainsi que le dit un honnête pasteur d'Amsterdam, le besoin de la sainte cause excuse tout. La fin justifie les moyens. Il est permis, pour obtenir un grand bien et pour faire triompher la vérité, de se servir d'instruments impurs. Ce serait un abominable crime que de croire qu'il y a dans l'Éghse des tradi-

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