Every nian oui his humour
On veut jeter sur la vie privée de chacun un voile de tristesse et de gravité officielle qu'on appelle un hommage à la divinité. Le théâtre, dépositaire des traditions, chargé depuis longtemps d'amuser le peuple, sonne la cloche d'alarme en sentinelle vigilante. Il combat pour le- maintien des vieilles mœurs, qui sont les siennes; il combat en même temps pour luimême; car, si les idées nouvelles l'emportent, il est condamné à périr, comme une institution du papisme et une invention de l'enfer.
De là vient l'ardeur avec laquelle Jonson, le plus belliqueux et le plus hardi des écrivains dramatiques, entre en campagne contre les Puritains. Quand il voit ces personnages sévères, les cheveux coupés, enveloppés dans des vêtements sombres, se promener par la ville, il les désigne du doigt au public : « Ne vous y trompez pas, lui dit-il, ne les jugez pas sur l'apparence. Ne les croyez pas meilleurs que nous. Ils ont trop d'orgueil pour être bons. Ils mettent la vertu dans leur costume et dans leurs cheveux. Mais leur conscience est plus large que l'Océan *. Ils s'abstiennent de faire des serments, mais c'est pour ne pas tenir leur parole ^ Ils évitent, comme un sacrilège, de prononcer le mot messe, mais c'est pour se faire un mérite de leur langage et se dispenser de la pratique du bien. Ils déclament avec violence contre la mode, mais tout ce zèle se dissipe en paroles; car ce sont eux qui entretiennent le luxe, qui travaillent la plume, qui fabriquent les principaux objets de