AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION XIII
qu'eux dans Tétude des questions dont ils s'attribuent le monopole.
Je n'ai, laissé de côté aucun drame du temps de Shakespeare, quelque médiocre qu'il soit ; les plus mauvais peuvent nous apprendre quelque chose sur les mœurs ou sur les habitudes littéraires de son siècle ; mais j'ai tâché d'être bref en parlant de ceux qui n'offrent qu'un pur intérêt de curiosité. Ils ne doivent pas tenir plus de place dans l'histoire des lettres que les médailles frustes n'en tiennent dans la numismatique et les monuments grossiers dans l'archéologie. S'il est nécessaire , pour apprécier une époque, de connaître tout ce qu'elle a produit, ce qui est vraiment beau mérite seul qu'on s'y arrête longuement.
Ici du reste on n'a qu'à choisir, non pas entre les belles pièces, mais entre les belles scènes et les beaux fragments. Dans ce vieux théâtre, où les chefs-d'œuvre sont rares, les grands effets dramatiques, les élans poétiques, les mouvements d'imagination, les traits comiques, les situations fortes, en un mot tout ce qui caractérise une génération vigoureuse et pleine de sève, abondent. Ces dramaturges, que nous connaissons si peu, otit des éclairs de génie et d'admiraYAe^ AûsxôSfe'^^^^* ^^
XIV AVANT-PllOPOS DE LA^ PREMIERE ÉDITION
regrette, en étudiant leurs œuvres, de ne pouvoir en citer tout ce qui mérite d'être traduit, et plus encore peut-être, d'affaiblir nécessairement dans d'imparfaites traductions la beauté de ce qu'on en cite.