‹ Prédécesseurs et contemporains de ShakespeareChapitre 8 sur 89 · XII AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION

de Ben Jonson*. Il eût été glorieux pour notre critique de devancer les étrangers sur leur propre terrain et d'opposer à leur prétention de connaître mieux que nous les littératures modernes un ouvrage dont ils n'auraient pu contester l'autorité.

L'œuvre qu'avait ainsi commencée M. Villemain, je la reprends aujourd'hui, en lui rapportant l'honneur de l'initiative et en exprimant le regret que d'autres travaux l'aient empêché delà continuer. Je n'ai pas la témérité de croire que le public acceptera ce que je lui offre comme une compensation suffisante de ce qu'il a perdu ; mais j'espère qu'il me saura gré de ne pas laisser prescrire une pensée qui honore la critique française. Faire pour les contemporains de Shakespeare ce que les Anglais et les Allemands n'ont pas encore fait, cela vaut la peine d'être tenté, ne serait-ce qu'afin de leur prouver que, même sur les sujets qui les touchent le plus, nous ne restons pas en arrière de leurs travaux. On nous accuse souvent au dehors de ne pas nous occuper assez des littératures étrangères. La meilleure manière de renvoyer ce reproche à ceux qui nous l'adressent, c'est d'aller plus loin

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