‹ PrédicatorianaChapitre 46 sur 73 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Comment la ffierge Marie , Joseph et F enfant Jésus arrivèrent en Egypte , et ce qui s'y passa»

Quant ilz furent dedans la cité de Egypte, ilz s'en allèrent tout droit au temple ou ilz firent moult déroutement leur oroyson. Après qti'ilz eurent assez prié, ilz cherchèrent logis par toute la cité , mais nul ne tenoit compte d'eulx, car nul ne les congnoissoit; ilz en furent moult dolens et courroucez pour l'amour de Jésuchrist , lequel estait jeune et tendre , et s'en retournèrent au temple auquel avoit troys cens soixante et ciqq ydoles qui tombèrent incontinent par terre et rompirent en pièces. *

Quant Ëffroidoyre, prince de Egypte, sceut Tes nouvelles que les ydoles estoient tombées par terre et rompues par pièces, il en fat moult dolent et courrouce, et incontinent il s'en alla au temple avec grant compaignie de gens. Et quant ilz furent dedans le temple , ilz veirent et congneurent la vérité. Ëffroidoyre et tous ses gens lurent moult esbahys , ear nul ne les avoyt fàict tomber, mais d'eUes-mesmes tombèrent par la volume de Dieu. Quant il veit ie miracle , il fat tout esbahy comment il pouvoit estre advenu , et que nul ne les avoit feict tomber. Après il s'en vint à là Vierge Marie et incontinent adora Jésuchrist comme souverain Dieu , dont tout le peuple d'Egypte creut en Jésuchrist et fut baillé par Effroidoyre ung bel hostel , et n'en voulurent point fors seullement une petite maison en laquelle ilz demourèrent sept ans entiers povrement et simplement $ et là vivoient de ce que la Vierge Marie fiUoit , tissoit et cousoit. Il n'y avoit femme au monde qui si bien fillast, ne si bien fist quelque chose appartenant à femme qu'elle faisoit. Et quant les dévotes femmes de la cité veirent la grant povceté de la Vierge Marie, elles luy faisoyent du bien et la secouroyeqt en ces nécessitez ; et la Vierge Marie les remercioit humblement de tous leurs biens. Le bonhomme Joseph charpentoit et besongnoit tousjours , car ce nonobstant qu'il fust viel , si fsuspit-il tousjours ce qu'il povoit pour vivre.

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