IX
Comment le jewdj à heure de nonne , Jésuchrist envoya Judas acheter ung aignel blanc et du poisson;
Le jeudy l à heure dç nonne * , Jésuchrist envoya Judas , son maistre dhostel , acheter ung aignel et du poisson , et vouloit souper avec ses apostres , disant qu'il ne mangeroit plus avec eulx jusques à tant qu'il seroit ressuscité. Judas alla en la cité et acheta uns: aignel blanc et du poisson. Et tantost que les Juifz
1 Les Juifs ne connaissaient point le jeudi. Les jours de la semaine n'avaient que des noms numériques : notre dimanche était una sabbathij notre lundi, secunda sabbathi ; notre mardi , tertia , etc. Ainsi le jeudi était le quinta sabbathi. Voyez une dissertation intitulée : La Semaine , ou Recherches sur l'époque oà les premiers chrétiens , les Romains et les peuples d'Occident ont commencé à adopter la" semaine , c'est-à-dire la division des jours du mois en nombre septénaire. ( Dijon i Lagier ), 1830, in-8° de 47 pages, tiré à cent exemplaires. V. p. 32.
a Cette heure répond à trois heures après midi.
veircnt Judas, ift luy demandèrent ou estoit Jésus, et de paour qu'ils a voient qu'il ne s'apperceust de quelque ehose , ilz ne luy en osoyent gueres parler, mais le regardoyent en* luy taisant malechiere 1 , tant que Judas congneut qu'ils le cherchoyent pour le mettre à mort, Tantost Judas porta à Jésuchrist Taignel et le poisson ; et Jésuchrist dit : « Va le apprester, et quant il sera prest, apporte-le au palays de David , car je souperay avec mes apostres. » Gamaliel qui avoit vu comment Judas acheta le poisson , pensa que Jésuchrist voulsist faire quelque fcftose , changea sa robe qu'il ne fiist congneu et alla en la maison de Ruth 2 . Quant vint à la fin du jour, Jfcdas print la viande et dit à Gamaliel, qu'il trouva à Thuys ' comme ung povre , qu'il luy aydast à porter la viande ; Gamaliel repondit : voluntiers le feray. Adonc portèrent la viande et mirent les tables.
1 Malechiere, mauvaise mine. Chiere signifie visage, mine^ contenance.
a II est dit dans un chapitre précédent du J^ita Chris ti , relativement à ce Ruth ou du moins à sa maison , que la veille , m quant il fut nu jet, Jésuchrist, avec la Vierge Marie et ses disciples et Marie Magdalène , s'en allèrent en^ Jérusalem en la maison d'un prudhomme nommé Ruth ; car aultrefois avoit esté en son hostel. Cette maison estoit auprès de Hiérusalem entre la cité et le palays de Eftvid. Derrière ceste maison avoit ung jardin où il y avoit plusieurs arbres et des canes qui jettoient le sucre, et estoit de costé ung fleuve nommé Gédron, et là Jésus enseignoit ses disciples et apostres , et leur monstroit sa mort comme elle s'approchoit ; et ne voulut pas que Lazare allast avec luy, car les Juifs le vouloyent tuer après qu'il fut ressuscité. »
3 A l'hujrs y à la porte.
Jésuchrist monta au palays avec les apostres, et laissa sa mère et Marie Magdalène avec Ruth , son hoste. Pois Jésuchrist se mist à table avec ses apostres et dit : « Mon Père commanda à Abraham et à Moyseipi'ilz fissent sacrifice d'aigneaulz ; or est le temps qu'on sacrifiera le Fils de l'homme. Je suis l'aignel sacrifiant qui doibs mourir pour tous remembrer. » Après qu'il eust dit qu'on apportas t le poysson , Judas l'apporta. Quant Jésuchrist l'eut , il dit : « l'ung de vous me trahira*. » Quant les apostres l'ouyrent, ils furent esbahis , et regardoyent l'ung l'autre, pensant lequel pou voit estre. Et sainct Pierre dit : « Sire , dis-nous lequel te trahira , et nous le mettrons hors de npstre compaignie. » Jéaucjyist dit : « Il n'est pas encore temps à vous de le sçavoir. » Saint Jehan luy dit : « Sire 9 dis-nous , s'il te plaist , qui est celuy qui te trahira? » Jésuchrist dit : « Celuy qui mettra la main ayec moi au plat. » Et Judas l'y mit.
Tantost après que la cène fut faicte, le dyable entra au corps de Judas , et incontinent se partit , et de propos délibéré pensa comment il pourrait vendre et trahir Jésuchrist ; et alla trouver les Juifz*
Comment Juaas fit marché avec les Juifz pour. leur.
vendre Jésuchrist.
Quant les Juifz qui tenoyent leur conseil , veirent le traistre et mauvais Judas , lequel estoit venu à eulx, gratieusement le receurent, et Gayphas luy demanda : « Où est Jésus ton maistre? » Et Judas respondit : « Je viens de là où il est ; et, si vous voulez , vous Taures bien et ferés à vostre volunté. » Et Annas dît : « 0
Judas ! Dieu t'a donné grant grâce, et t'a enluminé quant tu as congneu vérité 5 regarde que tu veulx que nous te donnons et tu nous monstreras où il est , affin que nous ne puissious faillir. — Oui, dit Judas , car en sa compaignie il a ung cousin germain qui bien le ressemble * . — Vudas , vous dictes très bien , dit Ànnas ; prenez de nous ce que vous vouldrez. » Et adonc Gayphas dit aux Juifz : « Que luy donnerons ? Grant bien il nous a faict et à tous ceux qui viendront après nous; car si Jésus vit , il mettra tout le monde en erreur. » Benjamin , qui estoit l'ung des douze Tuifz jurés, dit qu'on luy donnast trente deniers d'argent, mais qu'il fit ce qu'il avoit promis. « Je le feray,' dit Judas , mais allons y saigement , car vous estes trop , et s'il sçavoit que le vouliez prendre , il s'enfuyroit ; mais je sçay bien le lieu où il se pourroit fuyr, et se me voulez bien payer, je le vous rendray entre vos mains. » Et Annas dit : a Nous te baillerons trente deniers a. » Judas dit :
1 C'était S. Jacques le Mineur, surnommé le Juste, fils d'ALphée et de Marie , sœur ou belle-sœur de la Sainte Vierge , selon le P. Pezzon et beaucoup d'autres. Il ressemblait , dit-on , beaucoup au Sauveur.
* Quelle était la valeur de ces trente deniers? Ceux qui ont regardé chacune de ces pièces comme un marc ou un talent se sont gravement trompés. Ce n'était qu'un sicle composé de quatre drachmes : la drachme valait 11 cent, de notre monnaie, et par conséquent le sicle 3 fr. 8 c. ; ce qui fait 92 fr. pour la somme totale qu'a reçue Judas. Ce prix est désigné dans Y Exode, xxi, 32, pour la valeur d'un esclave.
Dans un roman historique du xve siècle , intitulé : La des* truction de Hiérusalem et vengeance de nostre Saulveur et Rédempteur Jésuchrist , faicte par Vespasian9 empereur de
« Je suis content , et .maintenant je le rendray. » Cayphas dit : « Envoyez tost quérir nos gens , et irons, avec Judas, affin que Jésus n'eschappe. » Les evesques * firent armer leurs gens. Jésuchrist viitf à ses apostres et les trouva dormans et dit : « Ne povez-vous veiller une heure avez moy ? ne vous ay-je pas bien dit que Tung de vous me trahira ? Levez sus et veillez , car le
Rome., et par Ty tus son filz ; dans ce roman, dis-je, où tout est fiction, hors le siège et la prise de Jérusalem , on trouve un chapitre ayant pour titre : Comment l'Empereur fit vendre tous les Juifz, et en fit donner trente pour ung denier, ( Il faut prévenir d'abord que dans ce roman , S. Clément a converti Yespasien et ses barons , qu'il leur a administré le baptême , et que par conséquent l'empereur est zélé chrétien , va régulièrement à la messe et est outré contre les Juifs , de ce qu'ils ont crucifié le Sauveur. ) Le chapitre en question commence ainsi : a Quant l'empereur veit qu'il tenoit tant de Juifz prins et qu'il en pouvoit faire à sa volunté , il dit à ses barons : Seigneurs , puisque Jésuchrist nous a faict tant de grâce qu'il nous a donné victoyre , je vengeray sa mort et vendray tous les Juifz ; et ainsy qu'ils achetèrent Jésuchrist trente deniers , ainsy en veulx donner trente pour ung denier. Et tantost fit crier que tout homme qui voudroit acheter des Juifz , qu'il s'en vînt à celluy qui estoit commis pour les vendre , et qu'il en donneroit trente pour ung denier, etc. »
1 Nous avons déjà parlé , dans la Vie de Marie , de cette expression dont se servent les écrivains français du xv* siècle, pour désigner les princes des prêtres chez les Juifs. Le Père Maillard , dans sa Passion , non-seulement se sert de ce mot dans le même sens , mais il nomme également évéque , Jésus mené à Cayphe. Il est vrai qu'il lui donne là le titre *« de souverain évesque duquel seulement le Pape est vicaire. » Ce mot rentre alors dans l'acception qu'on lui donne ordinairement.
filz de l'homme est trahy et vendu. » Et de rechief Jésuchrist s'en retourna au jardin prier Dieu le Père ; et quant il eut de rechief prié et qu'il sçavoit bien que sa mort et passion approchoft, ilVen retourna en-» cores à ses apostres , et les trouva dormans et leur dit î « Dormez et reposez , car le jour s'approche qu'on vous es veillera. » Et Jésuchrist à la dernière fois s'en retourna au jardin , et pria son Père comme devant. Et Judas et les Juifz vindrent au jardin d'Olivet , lesquels portoyent fallots et lanternes pour le prendre,
Comment Judas livra Jésuchrist aux Juifz en le baisant^ et comment sainct Pierre couppa [oreille à Malchus.
Âdonc Judas dist aux Juifz : « Allons au jardin, car il y est. » Et tantost tes Juifz allèrent au jardin avec Judas; et quant Hz veirent Jésuchrist, il leur demanda : « Que quérez-vous I ? » Âdonc ilz tombèrent à terre à la renverse , et puis se levèrent et dirent : « Nous demandons Jésus de Nazareth. » Et firent ainsi par troys foys ; et à la tierce Jésuchrist leur dit : « Si vous me quérez * me voicy , et laissez aller mes apostres. » Âdonc Judas vint baiser Jésuchrist , et tantost les sergens le prinrent et le lièrent bien fort. Âdonc sainct Pierre print son Cousteau et en coupa l'oreille à ung qui s'appelloit Malchus. Et Jésuchrist dit à sainct Pierre : « Mets ton glaive en sa gaine , car qui de glaive frappera , de glaive mourra ; tu scays bien que, se je vouloye , que mon Père, qui a pouvoir sur tout , m'envoyeroit plus de
1 Que quérez-vous ? Qui cherchez-vous.
douze mille légions d'anges pour me délivrer de ces gens; mais il sera faict de moy comme il a été prophétisé. » Sainct Pierre dit : « Se tous te renioyent, je .ne te renieray pas. » Àdonc Jésuchrist dist à sainct Pierre : « Saches que devant que le coq chante , tu me auras renyé trois fois. »
Comment se désespéra Judas voyant Jésuchrist con* damné, et comment mis t fin à ses jours.
Cependant ces faux et médians Juifs, après avoir interrogé , frappé et conspué Jésus , le condampnèrent à estre crucifié sur le mont Golgotha entre deux larrons. Alors le traistre Judas, voyant que Jésuchrist estoit condampné , meu z de pénitence infructueuse, rapporta les trente deniers aux princes des prestres et anciens du peuple, en disant : « J'ai péché en baillant par trahison le sang juste. » Vérité reluist, dit sainct Jehan Crysostome; le traistre de soy-mesmes donne tesmoignaige , et clost la bouche à ceulx qui l'ont condampné , car en ce accuse les Princes de la loy, qui, à sa pénitence, furent plus que luy endurciz , en lui disant : « Que nous en chault-il ? Se tu as faict folie , si la prens 2. » Dont il entra en désespoir; et , jettes les deniers au temple * , s'en partit et se
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a Que nous en chault-il? etc. , etc. Que nous importe? si tu as fait sottise , tant pis pour toi.
3 L'auteur du Vita Chris ti, et le Père Maillard ont omis la circonstance suivante : après que Judas eut jeté les pièces sur
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pendit et creva par le milieu , si que les entrailles qui a voient conçu la trahison, cheurent toutes dispersées * .
On trouve quelques détails de plus sur la fin de Judas dans le fameux Mystère de la Passion > qui a paru au commencement du xve siècle, puisqu'il a été représenté en 1402. Gomme cette pièce a été calquée sur l'histoire
le pavé du temple ( ce qui prouve que le Conseil s'y était tenu ), les Princes des Prêtres les ayant ramassées, ne crurent pas pouvoir remettre cet argent dans le trésor sacré parce qu'il était (e prix du sang. Ils délibérèrent d'en acheter le champ d'un potier pour servir de sépulture aux étrangers. Ce champ était au midi de la montagne de Sion , hors des murailles de la ville sainte , et , par un effet de la Providence, il fut appelé communément par les Juifs Hacel-Dama , c'est-à-dire le champ du sang. Cette acquisition lie se fit qu'après la résurrection du Sauveur.
1 Ce ne serait que miraculeusement, d'après le genre de mort de Judas, que ses entrailles eussent pu ainsi se détacher et tomber. La plupart des commentateurs, entre autres Casaubon, Gronovius, Heinsius , pensent que cette rupture des entrailles n'a jamais été ni pu être l'effet de la strangulation. Bèze remarque , que , d'après la force du grec et les scholies, le mot suspendu pourrait être remplacé par celui de précipité. Alors cet accident de Judas aurait pu être naturel , vai, l'enflure violente qui survient d'ordinaire à ce genre de mort; c'est l'avis de. Scheuchzer, dans sa Physique sacrée. Un théologien a émis cette autre opinion : « Après le morceau de pain ( que Jésus donna à Judas pendant la cène), dit l'Ecriture , Satan entra en^ lui ; et il n'est point étonnant qu'il ait mis en pièces un cadavre qui lui fut dévoué avec infamie. » Toutes ces vaines conjectures prouvent que les savans ont quelquefois du temps à perdre.
de Judas que nous venons de rapporter, nous allons en donner une petite notice qui offrira la récapitulation de cette histoire et quelques légères additions. Disons d'abord un mot du titre de ce volumineux drame religieux -, l'édition que nous citons est bien postérieure à sa première représentation : Mystère de ta saincte Passion de Nostre Sauveur J.-C, avec des additions et corrections faites par très-éloquent et scientifique docteur Messire Jehan Michel} lequel fut joué à Angiers moult triomphalement et dernièrement à Paris tan 1507; in~4°. Cette pièce, composée' de vingt-cinq à trente mille vers , a un prologue et est divisée en quatre journées. Dans la première figurent 87 acteurs ) dans la seconde, 100 ; dans la troisième, 80 ; et dans la quatrième, i.o5 ; total 372 acteurs. Il est présumable que plusieurs rôles étaient remplis par un même personnage. Dès la première journée on fait faire et dire aux diables toutes sortes d'extravagances. Puis pour rendre Judas plus odieux , on lui fait commettre les crimes d'assassinat et d'inceste dont nous avons parlé dans sa vie , et Fon continue ses faits et gestes jusqu'à sa mort, ainsi que va le démontrer la petite récapitulation suivante du mystère.
On voit d'abord Judas jouer aux échecs avec le fils du roi de Scarioth ; il lui cherche querelle , le tue et se réfugie auprès de Pilate qui en fait son intendant.
Pilate et Judas vont se promener dans le jardin de Ruben et de Giborée \ Judas ignore complètement, qu'il est dans la propriété de son père et de sa mère ; ceux-ci, de leur coté , croient que leur fils a été noyé dans son enfance.
Gomme les fruits de ce jardin sont beaux , Pilate ordonne à Judas d'en cueillir quelques-uns ; Judas obéit.
Alors survient Ruben qui en réclame le prix; Judas, loin de le payer, brise les branches des arbres; une querelle s'engage entre eux, Judas tue Ruben.
Ciborée accourt et demande justice à Pilate, de la» mort de son mari. Mais Pilate qui sent que c'est à son instigation première que Judas a accompli un meurtre, ^ut le sauver , et pour y parvenir , il propose à Ciborée d'épouser l'assassin de son mari. Celle-ci fait d'abord quelque difficulté ; mais l'affaire s'arrange » et séance tenante , le mariage se fait;
Bientôt la Jocaste juive reconnaît soi) fils dans son époux , et s'abandonne au plus affreux désespoir. Judas lui-même est effrayé de son double crime et va se jeter aux pieds de Jésus qu'il trouve à table chez S. Mathieu. Les dix apôtres choisis parmi les plus humbles et les plus pauvres pécheurs , sont autour de lui. Jésus pardonne à Judas et le reçoit au nombre des siens.
Judas , dans le repas auquel il assiste avec Jésus chez Simon , murmure quand il voit à la fin Madeleine répandre sur les pieds du Sauveur , des parfums qu'on aurait dû vendre à son profit ; Jésus lui fait quelques observations à cet égard.
Sathan , par ordre de Lucifer , s'adresse à Judas pour qu'il trahisse J.-C. Judas succombe, et vend son maître trente deniers. Le jnarché conclu , le traître revient joindre les autres disciples, et trouve S. Pierre et S. Jean préparant le festin. Bientôt Jésus arrive et fait la cène avec ses apôtres x ; A peine leur a-t-ii offert le
1 Voilà le troisième repas dont il est question dans ce mystère (celui qui a eu lieu chez S. Mathieu, celui de Simon et la cène'); nous observerons qu'à ces trois repas donnés sur la scène , Jésus ne manque jamais de dire sou Benedicite, en se mettant à table.
pain rompu, et Judas en a-t-il pris sa part, qu'un démon entre et saute sur les épaules du traître , sans être vu des autres convives. Judas possédé se lève et ' court avertir les Juifs auxquels il doit livrer son maître, la cène finie, on va au jardin des Oliviers-, Jésus se met en prière , les apôtres s'endorment , les soldats s'avancent, Judas qui les conduit embrasse Jésus , et bientôt le Sauveur est arrêté et chargé de liens par ces soldats qui le reconnaissent au baiser du traître.
Judas, en voyant paraître Jésus chez Hérode, se repent; et le Remords (l'un des personnages de la pièce), s'emparç aussitôt de lui et le livre aux plu? affreux tourments. Le traître a beau rendre l'argent qu'il a reçu , rien ne l'apaise ; il ne se possède, plus ; il invoque l'enfer; et Désespérance (autre personnage), paraît sur le champ et lui propose différents moyens de terminer son infâme vie par le suicide : il faut, lui ditelle ,
Il faut que tu passes le pas :
Voici dagues , et coutelas , Forcettes , poinçons , allumettes :
Avises , choisis les plus belles , Et celles de meilleure forge , Pour te couper à cop la gorge , Ou si tu aimes mieux te pendre , Voici lacs et cordes à vendre.
Judas ne se le fait pas dire deux fois , il prend un lacet et se pend. Désespérance remplit à son égard les fonctions de bourreau, puis, avec l'aide des autres diables, elle l'emporte en enfer. Ainsi finit l'histoire.
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