PRÊTRE» DOCTEUR EN THÉOLOGIE
M. Belon était issu d'une famille fort honorable : son frère occupait une chaire de droit à Puniversité de Besançon; ce fut l'un des maîtres du professeur Proudhon, célèbre jurisconsulte, auteur de plusieurs ouvrages.
Une vaste érudition, jointe à une grande originalité de caractère, faisait remarquer, M. Belon prêtre : vivant de ses revenus, il n'exerça jamais de fonctions ecclésiastiques , et s'adonna seulement à la prédication de quelques discours qui attiraient une grande affluence. Versé dans l'étude des auteurs sacrés et profanes, sa facilité était telle, qu'il improvisait, au point d'allonger l'une des parties du sermon et d'abréger l'autre , suivant que l'heure lui commandait de ne pas en passer les bornes. Aussi n'a-t-il laissé aucun sermon écrit, mais seulement quelques notes, extrêmement courtes, sur des cartes.
Voici cependant, comment on a pu se procurer le panégyrique de sainte Madeleine, morceau qui, remarquable par sa singularité , ne révèle pas moins un grand talent d'orateur. Il fut interdit pendant quelques années; et le sermon dont il s'agit en étant une des principales causes , il adressa à l'archevêque un mémoire justificatif, dans lequel tous [les passages se trouvent rapportés exactement. C'est sur ce mémoire, tout au long de sa main, qu'a été copié textuellement le discours qui suit.
L'interdiction ayant été levée, M. Belon s'empressa de prêcher
le même discours avec quelques allusions aussi hardies que piquantes, mais que Ton ne connaît que par tradition.
C'est de 1770 à 1780 que le panégyrique de sainte Madeleine fut prononcé la première fois. L'orateur est mort au commencement de la révolution.