DE SAINTE MADELEINE
Mgê diligents* mi dilifo.
J'aime ce«x qui m'aiment, j« raidi amour poor «moor.
Prov. 8.
Messieurs ,
Un Dieu entrant dans on commerce de sentiment atec des hommes ; nn Dieu offrant son amitié à qui voudra l'aimer : voilà, Messieurs , ce qui fit autrefois le scandale des philosophes ; voilà ce que la sdgesse humaine n'aurait jamais pu comprendre , mais ce qu'une religion, fondée »ur le mystère d'un Dieu fait homme , nous a rendu sensible, et ce qtie la solennité de ce jour nous présente, dans un exemple bien touchant.
En effet, Messieurs, fei l'oracle de Salomon s'est accompli jamais à la lettre sur la terre , c'est dans Madeleine! Pourrions-nous en contester les titres, quand l'Esprit saint nous en est garant? Madeleine aima beaucoup Jésus-Christ ; Madeleine fut beaucoup aimée de Jésus- Christ ! témoignages peu équivoques , témoignages uniques , dans leur espèce !
Je sais que , dans un siècle où l'on dispute volontiers sur tout , on a envié à sainte Madeleine ces deux témoignages glorieux , en la distinguant , et de la pécheresse dont parle saint Luc , à qui le premier fut rendu , et de Marie, sœur de Marthe, qui fut honorée du second. Mai» le suffrage de la Sorbonne entière , d' un célèbre docteur, et en dernier lieu des savants critiques d'Anvers , qui ont discuté juridiquement ces points fameux , est plus que suffisant , pour autoriser un orateur à suivre un sentiment qui, de l'aveu d'Origène, était le sentiment universel de
toute la terre au commencement du troisième tiède, qui , pendant 1600 ans, a été le seul qu'on ait connu dans l'Église d'Occident , et qui parait manifestement appuyé de l'autorité de l'Évangile même.
C'est sur ces principes solides que , sans entrer plus avant dans de vaines controverses , et me renfermant dans les bornes des mémoires que fournit l'Écriture sainte, je tire de ces deux témoignages, que sainte Madeleine a incontestablement mérités, tout le plan de son éloge , d'après le Saint-Esprit qui a voulu lui-même être son premier panégyriste. En deux mots :
Madeleine a été , pir excellence , l'amante fidèle de Jésus-Christ, premier titre de sa gloire, diligebat multùm. Madeleine a été , par préférence , l'aimée chérie de Jésus* Christ, second titre de sa gloire , diligebat Jésus Mariam.