‹ Predicatoriana ou révélations singulières et amusantes sur les PrédicateursChapitre 1 sur 74 · MELANGES · texte numérisé non relu

MELANGES

La vie de Nostre-Dame la glorieuse Vierge Ma-

rie. Légende. . 3iÿ

S’esswt la vie de Judas Scarioth , lequel fut sénéchal de N. S. Jésuchrist et le vendit. Légende 375

Recherches historiques sur l’origine et l’usage de l’instrument de pénitence appelé Discipline 399

Notice sur les saints patrons

Quelques Additions. . % ........... . 43i

Table des Matières 4^.

PRÉLIMINAIRE

Il est surprenant que, dans le grand nombre d ouvrages publiés, depuis près de deux cents ans, sous le nom d’A?JA , il ne s’en trouve pas un seul consacré spécialement à l’éloquence de la chaire, pas un seul portant le titre de Prkdicatoriana. Et cependant, quoi de plus vaste, de plus intéressant, de plus fécond dans tous les genres , que la carrière apostolique! Tout s’y trouve : la religion, qui en forme la base ; la morale , qui en découle ; l’histoire, qui la confirme; la littérature, qui l’embellit, et même de petits incidents curieux ressortant du mode de prédication dans les différents siècles. Ainsi, tout concourt à rendre cet important objet

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aussi indispensable à connaître qu’agréable à parcourir. Comment arrive-t-il qu’il ait été négligé par les compilateurs d’Aiu , toujours si empressés à multiplier leurs recherches?

Frappé de cette lacune dans une si volumineuse collection, nous avons essayé de la remplir en nous occupant d’un recueil qui, sous le titre de Prédica- TORIASA, présletitàt une galerie curieuse des orateurs sacrés, anciens et modernes, dont on a conservé le souvenir, soit à raison de leur manière de prêcher, soit à raison des heureux effets qu ils ont produits dans leur temps. Nous avons donc recueilli sur chacun d'eux bon nombre d anecdotes la plupart assez piquantes, et nous les avons entremêlées d extraits plus ou moins longs des sermons les plus singuliers et les plus bizarres, précités dans les xv”, xvt* et. xvu° siècles. .

Qui dit Axa, dit ordinairement ouvrage varié, • instructif, amusant; c’est' vers ces trois points de vue que nous avons tâché de diriger nos recherches pour en composer le présent volume. Nous n’avons rien négligé dans le choix des sources où nous avons puisé; nous avons consulté plus de cent ÂNAles plus estimés; nous avons eu recours à une infinité de mélanges littéraires ; nous avolis mis à contribution l’obligeance de quelques amis, très-instruits, qui nous ont fourni de précieux renseignements ; nous les prions de recevoir l’expression de notre vive reconnaissance ; enfin nous avons pris nos extraits dans les éditions originales des germons de nos vieux prédicateurs.

Chacun sait que ces vertueux mais burlesques orateurs , s’accommodant au temps où ils vivaient (depuis le règne de Louis XI jusqu’à celui de Louis XIII inclusivement) , donnaient , pour ainsi dire, la comédie en chaire. À Dieu ne plaise que nous les condamnions ; la barbarie de leur siècle, les mœurs du temps, les vices qu’ils se proposaient de corriger et l'ignçrance de leurs auditeurs, leur servent suffisamment d'excuse. D'ailleurs nous pensons à ce sujet comme La Croix du Maine, dont nous allons rapporter l’opinion sur Menot, Maillard, Barlette et autres coryphées du genre. On voudra bien sc rappeler que La Croix du Maine écrivait en 1580, et que par conséquent son style est un peu suranné.

« Les œuvres de Menot , dit-il , sont plus recher- » chées que celles de Olivier Maillard , ou bien de » Michel Barlette 1 , et autres semblables écrivains, » lesquels ont fait des prédications si hardies et » tellement libres , qu’ils n’ont craint en cela au-

1 Barlette s’appelle Gabriel, et non pas Michel. Nous pr< itérons de ccttc circonstance-ci pour réparer une omission qui a eu lieu à l’article de ce célèbre prédicateur (pages 26-36 du présent volume). Barlette demande comment on va en paradis? et il répond : « C’est en faisant des dons à l’Eglise , comme le » disent les cloches dn monastère. » Le latin est beaucoup plus expressif : « Vos // nantis a me . fratres carissimi, qtwmodà itw ad paradis u m? Hoc die uni vobis campante monasterii , dando , dando , dando. » Et en prononçant le mot danilo , il imitait le son des cloches.

» cnn, tant il» estaient ardents pour annoncer la » parole de Dieu : et si quelques-uns recherchent » leurs œuvres par sur tous autres théologiens de « leur temps, c’est pour voir les abus de tous » estats découverts par iceux plus évidemment que » par les autres prédicateurs du temps passé : car » ceux-ci ont esté extrêmement hardis à écrire et >; encore plus à presçlier en publiq, et n’ont point » craint d’cmplover en leurs livres , les vices qui » avoient cours de leur siècle, afin que l'on s'en » corrigeât : ce qui est cause que tant de personnes » en sont curieux (fie) : et s’ils tournent lesdiscours » desdits docteurs autrement qu'en bonne part, cela » tournera contre eux et non pas contre les auteurs » desdits sermons. Ce que j’ai dit assez amplement,

» pour ce que la plus grande partie de ceux qui » recherchent les œuvres des trois auteurs susdits » ne le font que pour s’en penser rire et moquer :

» mais les bienadvisés n’en font pas ainsi : car 1 on » doit penser au but final et à l’occasion principale » qui les faisoit ainsi parler et au siècle où ils » est oient, et non pas aux répréhensions couchées » en leurs livres, en tels termes qu il leur a semblé

» bon de ce faire Si les susdits auteurs ont

» failli, je ne les veux soutenir ; mais je veux juger » de tout en la meilleure part, sans jamais me » vouloir déclarer par trop affectionné. » (\ov. Biblioth. franç., Paris, 1772, in- 4°, tom. U, p. 128- 129.)

On ne peut qu’applaudir à cette opinion de La

Croix du Maine sur les prédicateurs en question; et si nous les faisons connaître par des citations de leurs sermons, c’est pour que le lecteur puisse juger plus pertinemment des progrès de l’éloquence de la chaire depuis environ cent soixante ans.

Voulant faire quelque diversion à la longue série d anecdotes plaisantes et d’extraits singuliers dont se compose, le Prédicatoriana, nous avons cru devoir terminer le volume par quelques mélanges qui consistent dans le petit Poème sur les mauvais gestes des prédicateurs, par Sanlecque; dans une Vie de la Sainte Vierge, espèce de légende du xv' siècle, modèle de naïveté, et monument du triste état de la langue française à cette époque; dans une Vie de Judas Iscariote,morceau du même genre; dans des Recherches lus longues et philologiques sur l’origine et P usage de f instrument de pénitence appelé Discipline ; et enfin dans une ISotice sur Us saints patrons.

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