‹ Predicatoriana ou révélations singulières et amusantes sur les PrédicateursChapitre 2 sur 74 · L’HISTOIRE DE L’ÉLOQUENCE DE LA CHAIRE · texte numérisé non relu

L’HISTOIRE DE L’ÉLOQUENCE DE LA CHAIRE

Il n’est ps facile de déterminer à quelle époque peut être fixée l’origine de l’éloquence sacrée. D’abord il est certain que ce genre d’éloquence, repsant sur des principes religieux concentrés dans l’unité de Dieu, et sur le besoin de rappeler sans cesse à l'homme les rapports de reconnaissance, d’amour, de soumission et d’adoration qui l’attachent h son créateur, il est certain, disonsnous, que cette éloquence n’a pu naître ni subsister * chez les peuples anciens soumis an plythéisme et aux absurdités du pganisnie. Laissons donc de coté les Egyptiens, les Grecs, les Romains, etc., etc., et cherchons ailleurs l’origine de l’éloquence sacrée. En remontant le long cours des siècles, nous la découvrirons sans peine dans un petit coin de terre qui tient aussi pu de place sur la surface du globe, que l’histoire de ses habitants en tenait jadis dans les annales du monde : nous voulons parler des Israélites, de ce puple si pu connu des Anciens , quoique seul dépositaire des titres originaux de la grande famille du genre humain. Oui, c’est dans les livres saints que se trouvent le premier germe de l’éloquence sacrée et ses plus brillants développmcnts. Ouvrez les prophéties que l’on put considérer comme des espèces de sermons , vous y Verrez que ces écrits inspirés sont tous marqués au coin

— tiv —

de la grandeur, de l’élévation, du sublime, types caractéristiques de la véritable éloquence; tout y frappe i’ame , l’esprit et le cœur. Cependant chaque prophète a un caractère qui lui est propre : Isaïe est élevé , Jérémie est pathétique , Ezéchiel est terrible, et Daniel est tendre; mais tous sont de vrais modèles d’éloquence Voilà bien certainement les sources aussi pures qu’abondantes oii les SS. Pères ont puisé.

Si des temps bibliques nous passons aux premiers siècles de l’Eglise où les peuples'", avides de la parole de Dieu , ne cherchaient qu'à s’instruire et à se sanctifier, nous trouverons qu’on leur expliquait familièrement l’Ecriture Sainte, n’apportant point d’autre ordre, ni d’autre division dans les discours que celles que fournissaient les Evangiles dont on exposait les circonstances les unes après les autres. S. Pantène, chef de l’école chrétienne d’Alexandrie, en 179 de J.-C. , fut le premier nprès les apôtres qui expliqua l’Evangile de celte sorte. Saint Clément d’Alexandrie qui lui succéda , et Origènc , y mêlèrent ensuite plus d’ordre et de délicatesse. Ces deux grands génies qui savaient à fond toute rhisloire de l’Ancien et du Nouveau Testament, excellèrent dans ce genre de prêcher. Démétrius, évêque d’Alexandrie , donnait à son peuple une nourriture solide en lui expliquant avec autant de facilité que d’érudition l’Ecriture-Sainte dont il avait approfondi les principaux mystères par de longues veilles et par

1 Nous ne parlons point de l'Evangile, parce que les principes de morale y sont exposes avec une simplicité touchante , qui est autant au-dessus de nos éloges que leur divin auteur est au-dessus des hommes.

l’extraordinaire pénétration de son génie. Optât eut le même emploi dans Carthage, et tout le monde sait quels succès ont eus de tout temps les homélies de S. Augustin, celles des deux SS. Grégoire, de S. Chrysostôme , de S. Basile, de S. Ambroise, d’Eusèbe, et de beaucoup d’autres. Cependant parmi les SS. l’ères grecs, saint Basile et saint Chrysosldme, quoique éloquents, l’auraient été davantage s’ils eussent pu atteindre à la diction élégante de Démosihène ; mais le siècle d’or de la , langue grecque était passé. Il faut avouer malgré cela que leurs sermons sont remarquables par la force et l’arrangement des preuves; qu’on y trouve des images vives, des figures convenables , et qu’ils sont propres à convaincre , à émouvoir, à effrayer. Disons aussi que ces sajnts docteurs mettaient leurs discours à la portée de leurs auditeurs et les proportionnaient à leurs besoins. Souvent ils parlaient sans préparation et familièrement, cherchant moins à plaire qu’à instruire, en expliquant l’Ecriture, et en en choisissant les sujets les plus importants et les plus propres à leurs desseins.

Saint Cyprien , saint Ambroise, saint Léon, parmi les Latins , passent avec justice pour les orateurs les plus éloquents de leur temps; ils ont beaucoup d’art et de noblesse. Saint Augustin est plus simple ; mais il prêchait dans une petite ville (Hippone), et parlait à des laboureurs et à des marchands. D’ailleurs la langue latine était déjà altérée, et celte altération augmenta rapidement sous l’envahissement des Barbares qui lui portèrent les plus funestes coups. Ce fut au point quelle finit par disparaître dans l’Occident pour faire place à un jargon composé de mots tudesques et de mots romans. Alors se forma peu à peu la langue romane qui est devenue mère de la langue française actuelle. Mais

cette romane encore à son berceau n était pas trèspropre à faire comprendre au peuple la parole divine. Dès foS, un concile d’Auxerre avait défendu de faire chanter dans les églises par des jeunes filles des chansons et des cantiques entremêlés de latin et de roman. Cependant la langue en question commença à prendre une certaine consistance dans le neuvième siècle , et des conciles de Tours en 8i5, de Mayence en 848 et d’Arles en 85 1 , prescrivirent aux évêques de traduire en langue vulgaire certaines prières et psaumes, afin que le peuple put les entendre. Mais l'éloquence de la chaire n’en fut pas moins dans le plus pitoyable état sous les faibles successeurs de Charlemagne. Enfin elle reparut un instant dans le douzième siècle, grâce ai^ brillant talent de cet abbé de Clairvaux, devenu .si célèbre sous le nom de S. Bernard. On sait que nul homme n’a exercé sur son siècle un empire aussi extraordinaire. « Il passait d'un moment à l’autre, dit le président Héuaiilt , du fond de son désert au milieu des Cours, jamais déplacé, sans titre, sans caractère, jouissant de cette considération personnelle qui est audessus de l’autorité. »

Le même historien ajoute : « Ses sermons sont des chefs-d'œuvre de seutiment et de force. Henri de Valois , ce savant illustre du xvi* siècle, les préférait à tous ceux des Anciens. Aussi a-t-on dit de lui qu’il était le deruicr Père de l’Eglise 1 .

1 Nous nous proposions de placer à la suite des préliminaires de notre ouvrage une notice sur saint Bernard, avec le texte de trois de scs sermons dans le langage vulgaire de son temps. Ma is i’étcrtduc de ce morceau nous force d’en différer la publication.

Après quelques siècleè de ténèbres qui suivirent encore l’époque de S. Bernard , les arts se réveillèrent, mais l’éloquence de la chaire éprouva plus de peine à sorlir de la léthargie où l’ignorance du moyen âf*e l’avait plongée. Cependant , à travers une foule d’orateurs aussi peu éclairés que leur siècle , on en distingua trois qui commencèrent à ressusciter l’éloquence : Savonaroleà Florence , Philippe de Narni à Rome, et Louis de Grenade à Séville , sont les seuls que l’on peut distinguer dans l’espace de deux cents ans; encore durentils plutôt leurs succès au pathétique , qu’à la justesse * et à la diction de leurs sermons.

Outre que les anciens prédicateurs n’étaient pas assez méthodiques dans leurs discours , et qu’ils les ornaient souvent de comparaisons basses et triviales, ils les chargeaient encore de citations d’auteurs profanes ; on n’y employait de l’Ecriture que ce qu’il y a de plus énigmatique ; aussi de tous nos prédicateurs français , on ne^eut guèreciter ceux qui parurent dans les xv* et xyf siecjes , si ce n’est pour faire voir leurs défauts. En général leurs discours sont bizarres non seulement par le style 1 et par la manière dont ils sont divisés , mais fc »

' Jusque dans le xvti* siècle, les sermons, surtout les sermons d apparat, étaient écrits et débités en langue latine. M. Fauris de Sa int— \ incens , correspondant de l’Institut , parlant des sermonaires de Provence , dit qu’on ne prêchait en proveucal que les instmetions familières et que le premier sermon qui a été publie en français, est une oraison fuuèbre de Henri IV par Doni d’Attiehy (ou plutôt par Charles de Saint-Sixt ) , évêque de Riez, imprimée à Aix en 1610. Avant le xvi* siècle, la langue française n’était point parlée en Provence; ce n’est qu en 1535 qu’on a commencé à y contracter en français.

— xvm —

surtout par le débit. Ces singuliers orateurs étaient grimaciers, esclaves d’nne monotonie de tours et de pensées*, quelques-uns même s’astreignaient à des tons mesurés , à des gestes composés : la chose alla si loin , qu’il y eut des prédicateurs assez sots pour se faire une règle de tousser précisément à une telle période, croyant donner par là plus de grâce à la déclamation 1 . Quelques-uns abusant de leur réputation, prenaient des licences en chaire qui tenaient du scandale : témoin

• On trouve encore des vieux exemplaires de ces sermons , sur les marges desquels est rérit hem! hem! pour désigner les endroits où il était de la bienséance et même du devoir d’un prédicateur de s'arrêter pour tousser. Voyez le Sermon prcschi par Maillard, et imprimé à Bruges en 1500, in-4" goth . ; (lions en parlons dans le présent volume , page 75 ). Quand l’orateur reprenait son discours , il faisait eu sorte que son action fût au niveau de son éloquence tousseuse ; il gesticulait à outrance, prodiguait les grands mots , et ne produisait d’effets fur son auditoire ignorant, que par les contorsions de son^visage et de son maintien. Balzac prétend qu’un vieux docteur donnant des leçons à un jeune bachelier sur l’art de la prédication , se bornait à lui répéter : percute calhedram former-, respice Cruci- * fixum torvis oculis , et nihil die ad propositum , et benc prtrdlcabis *■ J’ai vu dans les vieux manuscrits d’un prédicateur, des notes mises à la marge et portant vis-à-vis le texte d’un sermon , dans differents endroits : asseyez-vous ; — debout; — ici il

' faut se moucher; — ici il Jaut crier en diable; etc.

* Ccci nous rappelle, dans nn autre genre, de singuliers conseils de discipline réglementaire, que jadis les moines se donnaient entr’eu* : semper benè dicere de Priore , faccre afficium taliter qvatilrr , et sinere mundurn ire quomodo vadit. Ces couseils , en laliu de frère lai, sont assez plaisants; et, quoique l’ordre de choses soit bien changé , leur exécution n’est peut-être pas tout-à-fait tombée en désuétude chez certaines gens.

Constantin Ponce, chanoine de Séville , prédicateur de Charles-Quint , lequel prêchait à la cathédrale de Tolède : la véhémence de sa déclamation l’ayant affaibli, il fit venir du vin et but plus d’une fois pendant le sermon. Le cas que l’on faisait de cet orateur et sa «

situation firent excuser la nouveauté du spectacle.

On a remarqué que toutes ces pieuses facéties des siècles précités (les xv* et xvt*), qu’on ne devrait pas honorer du nom de sermons , sont taillées à peu près sur le même patron. Le thème texte servait à tous les sermons d’un carême; le prédicateur, après avoir répété ce texte , faisait un long exorde , après lequel il agitait deux questions, l’une de théologie, et l’autre de droit civil ou de droit canon. Sur Jl a question théologique, il rapportait les sentiments des maîtres de l’école,

'et sur l’autre, il citait les livres, les paragraphes et les lois, comme s’il avait fait un plaidoyer; quand il avait bien débattu ces questions , il faisait la division de son sermon par des mots dont la terminaison rimait comme si c’eut été des vers , et chacune de ces divisions était encore sous-divisée. Le corps de ces sermons formait *

un tissu de traits d’histoire profane, de sentiments des philosophes païens, d’imaginations poétiques et fabuleuses, où l’on citait presque à chaque page le grand Epaminondas, le divin Platon, l’ingénieux Homère, etc.

Un évêque (Corneille Musso), dans un discours qu’il prononça à l’ouverture du concile de Trente, alla jusqu à dire que « les prélats devaient se rendre dans cette ville, comme les preux et vaillants capitaines grecs s étaient rendus dans le cheval de bois avec lequel on surprit Troie. » Heureuse application ! «,

Enfin on se dégoûta de cette ridicule et vaine érudition ; mais on substitua les théologiens scolastiques

aux auteurs profanes 1 . On agita dans la chaire les questions les plus abstraites de l’école, et l’on remplit les sermons d’une basse scolastique plus propre à dessécher le cœur qu’à éclairer l’esprit. On préféra ensuite les anciens docteurs aux modernes , et l’on se piqua de savoir la doctrine des Pères; mais on les cita si souvent, que les prédications n'étaient plus qu’un tissu de passages mal digérés et entassés confusément. De pareils sermons n’étaient pas trop à la portée du peuple ; on reconnut depuis que cet amas de passages latins n’était qu’un làtras inutile; on évita cet abus pour tomber dans un autre non moins ridicule. Le gigantesque, le boursouiflé , le galimatias, remplacèrent l’érudition latine. Voici un passage de l’Oraison funèbre de Louis-lc-Juste , qui fera juger du nouveau genre qui succéda aux citations latines ; l’orateur, parlant de l’abstinence de ce prince, s’écrie : « Royale abstinence des plaisirs! soleil naissant dans les abîmes ; plénitude dans le vide; manne dans les déserts; toison sèche où tout est trempé ; toison trempée où tout est sec ; corps desséché où les plaisirs le peuvent noyer ; corps trempé et tout imbu de consolations, où l’auMérité le déssèche ! etc. » Qu’y a-t-il de plus guindé, de plus obscur et de plus trivial que ccs expressions !

Cependant à celte barbare et burlesque éloquence , le Père Senault, oratorien, substitua une méthode exacte } la doctrine de l’Ecriture et de la tradition; il apporta dans la chaire une gravité propre à laire res-

* Philippe Cospeaii , évêque de Lisieux, fut un îles premiers qui remplacèrent les citations d’Homère, de Cicéron et d’Ovide, par celles de la Bible, de saint Paul et de saint Augustin.

pecterle ministère de la parole ; son style est clairet ■ net. C’est à son école que se formèrent les Pères leHoux, Mascaron , Soanen , Hubert , La Roche et beaucoup d’autres. Le Père de Linge nd es, concurrent de Senault, excella dans le pathétiqufe et forma aussi de très-bons élèves.

Ensuite vint Bourdaloue qui s'attacha à mettre la raison dans son vrai jour. Posant d’abord les principes, puis les prouvant et les amenant à une proposition générale il descendait ensuite dans un détail où lesconditions des hommes étaient représentées au naturel. Les jeunesorateurs voulant imiter ce grand orateur dans ce qu’il avait de plus facile, multiplièrent les portraits à l'infini -, mais les prédicateurs sages ne se laissèrent point entraîner par cet exemple; ils écartèrent tous les ornements étrangers et s’appliquèrent à mettre en œuvre les plus fortes raisons pour persuader, et les plus puissants ressorts pour émouvoir.

C est ce que l’on admire dans Massillon, dont le nom est inséparable de celui de Bourdaloue. Massillon , diton, est le Racine de la chaire , comme Bourdaloue en est le Corneille. Mais Massillon préférait le sentiment à tout, et remplissait l'amede cette émotion vive et salutaire qui nous fait aimer la vertu. On se plaît toujours à répéter ce qui arriva, la première foisqu'il prêcha son fameux Sermon du petit nombre des Elus ; il y eut un endroit où un transport de saisissement s’empara de tout l’auditoire ; presque tout le monde se leva à moitié par un mouvement involontaire. Le murmure d’acclamation et de surprise fut si fort qu’il troubla l’orateur; ce trouble ne servit qu’à augmenter le pathétique de ce morceau qui doit trouver place ici , quoiqu’il soit très-connu.

« Je suppose, dit l’orateur, que ce soit notre dernière heure à tous, que les cieux vont s’ouvrir sur nos têtes , que le tempsest passé et que l’éternité commence ; que Jésus-Christ va paraître pour nous juger selon nos œuvres, et que nous sommes’ tous ici pour attendre de lui l'arrêt de la vie ou de la mort éternelle : je vous le demande , frappé de terreur comme vous , ne séparant point mon sort du vôtre, et me mettant dans la même situation où nous devons tous paraître un jour devant Dieu notre Juge : si Jésus-Christ, dis-je, paraissait dès à présent pour faire la terrible séparation des justes et des pécheurs, croyez-vous que le plus grand nombre fiât sauvé? Croyez-vous que le nombre desjustesfûtau moins égal à celui des pécheurs ? croyez-vous que s’il faisait maintenant la discussion des œuvres du grand nombre qui est dans cette église , il trouvât seulement dix justes parmi nous? en trouverait-il un seul ? etc. etc. » Ce trait d’éloquence dans sa noble simplicité est l’un des plus beaux que la chaire ait produits.

Parlant de l’éloquence sacrée, quels noms plus célèbres avons- nous encore à citer que ceux de Bossuet et de Fléchier? C’est d’eux que l’on a dit qu’ils semblent avoir obéi à ee précepte de Platon qui veut que l’élocution de l’oratenr soit quelquefois celle même du poêle. On admiredans Fléchier iapuretédulangage, l’éléganceda style , la richesse des expressions , une imagination vive, et l’art de bien peindre les objets. Mais dans Bossuet on est frappé de la grandeur , de la force et de l’élévation des images ; aussi l’a-t-on surnommé l’aigle de Meaux. Il dédaigne les grâces du discours, il néglige même quelquefois la pureté du langage ; mais il est sublime, pathétique, nerveux; il enlève, il ravit, il transporte , dit Rollin. Le Cardinal Maury prétend que les

— xxm — -

sermons de Bossuet , qu'on a retrouvés depuis peu , sont la meilleure rhétorique pour ceux qui veulentsuivre cette carrière, et qu’il est, même dans ses sermons, su- . périeur à Bourdaioue et à Massillon ; peut-on faire un plus bel éloge de cet illustre orateur?

Le Père Cheminais s’est également fait une réputation brillante dans la chaire , ainsi que le Père La Rue. L’abbé Poule, selon La Harpe, tient le second' rang parmi les orateurs sacrés; et ses meilleurs sermons sont celui sur l Aumône et celui sur les Prisons. Après l’abbé Poule, viennent Segaud, le Père Neuville, Latour-Dupin, l’abbé Clément et le Père Elisée. L’abbé de Boismont eut de grands succès dans l’oraison funèbre ; son Sermon sur t établissement d’un hôpital est le meilleur. L’abbé de Boulogne n’est pas moins connu par les événements critiques qui ont signalé sa longue carrière que par son éloquence. Son Panégyrique de saint Vincent de Paul est un chef-d’œuvre.

Nous terminons ici cette courte notice historique sur l’éloquence sacrée et sur les prédicateurs les plus renommés des temps modernes. Nous ne citons point ceux qui dans ce moment font l’ornement de la chaire ; il faut attendre qu’ils aient réuni tous leurs titres à la gloire, pour en parler convenablement.

Page 1