‹ Preface de Cromwell and HernaniChapitre 28 sur 72 · DON RUY GOMEZ, HEBNANI · texte numérisé non relu

DON RUY GOMEZ, HEBNANI

DON RUY GOMEZ

Sors.

Hernani paraît à la porte de la cachette. Don Ruy lui montre les deux épées sur la table.

Choisis. — Don Carlos est hors de la maison, n s'agit maintenant de me rendre raison.

Choisis. Et faisohs vite.— Allons donc ! ta main tremble ! HERNANI. [semble.

Un duel ! Nous ne pouvons, vieillard, combattre en-

DOisr RUT GOMEZ. [fer!

Pourquoi donc? As-tu peur? N'ee-tu point noble? En- Noble ou non, poi^ croiser le fer avec le fer, Tout homme qui m'outrage esf assez gentilhomme"!

HBRNANI.

Vieillard. . . .

DON RUT GOMEZ

Viens me tuer ou yiens mourir, jeune homme.

1256 Mourir, oui. Vous m'avez sauvé malgré mes vœux. Donc, ma vie est à vous. Eeprenez-la.

DON RUT GOMEZ. Tu VCUX?

Aux portraits.

Vous voyez qu'il le veut.

A Hernani.

C'est bon. Fais ta prière.

HEÛNANI.

Oh! c'est à toi, seigneur, que je fais la dernière.

DON RUT GOMEZ

Parle à l'autre Seigneur".

HERNANI. Non, non, à toi ! Vieillard,

1260 Frappe-moi. Tout m'est bon, dague, épée ou poignard. Mais fais-moi, par pitié, cette suprême joie! Duc, avant de mourir, permets qne je la voie'-!

DON RUT GOMEZ

La voir !

Au moins permets que j'entende sa voix Une dernière fois! rien qu'une seule fois!

DON RUT GOMEZ

1285 L'entendre!

HERNANI. Oh! je comprends, seigneur, ta jalousie. Mais déjà par la mort ma jeunesse est saisie. Pardonne-moi. Veux-tu, dis-moi, que, sans la voir,

S'il le faut, je l'entende? et je mourrai ce soir.

L'entendre seulement! contente mon envie!

Mais, oh! qu'avec douceur j'exhalerais ma vie, 1270

Si tu daignais vouloir qu'avant de fuir aux cieux .

Mon âme allât revoir la sienne dans ses yeux!

*r-Je ne lui dirai rien. Tu seras là, mon père.

Tu me prendras après. -

DON BUY GOMEZ, montrant la cachette encore ouverte. Saints du ciel ! ce repaire Est-il donc si profond, si sourd et si perdu, 1275

Qu'il n'ait entendu rien?

HERNANi.' Je n'ai rien entendu.

DON RU Y GOMEZ

Il a fallu livrer doîla Sol ou toi-même.

A qui, livrée?

DON RUY GOMEZ

Au roi.

HERNANi. Vieillard stupide ! il l'aime.

DON RUY GOMEZ

Il l'aime!

HERNANi. Il nous l'cnlèvel il est notre rival!

DON RUY GOMEZ

O malédiction! — Mes vassaux! A cheval! laso

A cheval ! poursuivons le ravisseur !

HERNANI. Écoute.

La vengeance au pied sûr fait moins de bruit en route°.

Je t'appartiens. Tu peux me tuer. Mais veux-tu

M'employer à venger ta nièce et sa vertu?

Ma part dans ta vengeance ! oh ! fais-moi cette grâce, 1286

Et, s'il faut embrasser tes pieds, je les embrasse!

Suivons le roi tous deux. Viens, je serai ton bras,

Je te vengerai, duc. Après, tu me tueras.

DON RtJY GOMEZ.

Alors, comme aujourd'hui, te laisseras-tu faire?

HERNANI m

1800 Oui, duc.

DON BUY GOMEZ

Qu'en jure8-tu?

HEBNANi. La tête de mon père.

DON BtJY GOMEZ.

Voudras-tu de toi-même un jour t^n souvenir?

HERNANI, lui présentant l^^cor^^udeiache de sa ceinture.

Écoute. Prends ce cor. — Quoi qu'il puisse advenir. Quand tu voudras, seigneur, quel que soit le lieu, l'heure, S% te passe à l'esprit qu'il est temps que je meure, «895 Viens, sonne de ce cor, et ne prends d'autres soins. Tout sera fait.

DON BUT GOMEZ, lui tendant la main.

Ta main.

Ils se serrent la main. — Aux portraits.

Vous tous, soyez témoins !

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