‹ Preface de Cromwell and HernaniChapitre 27 sur 72 · Livre-nous Hernani · texte numérisé non relu

Livre-nous Hernani

DON RUY GOMEZ. Seigneur, en vérité, i«no

J'ai dit.

DON CARi£S3à5a suite,

PomiKz' partout! et qu'il ne soit point d'aile, Tiek cave ni de tour. ...

DON RUY GOMEZ. Mon donjou est fidèle

Comme moi. Seul il sait le secret avec moi.

Nous le garderons bien tous deux.

DON CARLOS. Je suis le roi!

DON RUY GOMEZ

Hors que de mon château démoli pierre à pierre laos

On ne fasse ma tombe, on n'aura rien.

DON CARLOS. Prière,

Menace, tout est vain ! — Livre-moi le bandit, Duc! ou tête et château, j'abattrai tout.

DON EUT GOMEZ. J'ai dit.

DON CARLOS

Eh bien donc, au lieu d'une, alors j'aurai deux têfcëe. Au duc cfAlcala, 1210 Jorge°, arrêtez le duc.

DOfi^A SOL, arrachant son voile et se jetdnf entre h ro% le duc et les gardes. ^

Roi don Carlos, vous êtes Un mauvais roi I

DON CARLOS. Grand Dieu! que vois-je? dofla Sol!

DOfÎA SOL.

Altesse, tu n'as pas le cœur d'un espagnol !

DON CARLOS, troubU.

Madame, pour le roi vous êtes bien sévère.

n s^approche de dofla Sol.

Bas.

C'est vous qui m'avez mis au cœur cette colère. 1215 Un homme devient ange ou monstre en vous touchant. Ah! quand on est haï, que vite on est méchant! Si vous aviez voulu, peut-être, ô jeune fille, . J'étais grand, j'eusse été le lion de Castille! Vous m'en faites le tigre avec votre courroux. 1220 Le voilà qui rugit, madame, taisez-vous !

Dofla Sol lui jette un regard. Il sHncline.

Pourtant, j'obéirai.

Se tournant vers le duc.

Mon cousin, je t'estime.

Ton scrupule après tout peut sembler légitime. Sois fidèle à ton hôte, infidèle à ton roi, C'est bien, je te fais grâce et suis meilleur que toi. 1225 — J'emmène seulement la nièce comme otage. W*-^;^^

DON RUY GOMEZ. '

Seulement !

DO^A SOL, interdite.

Moi, seigneur?

DON CARLOS. Oui, VOUS.

DON BUT GOMEZ. Pas davantage!

O'la grande clémence! ô généreux vainqueur, Qui ménage la tête et torture le cœur I Belle grâce !

DON CARLOS. Cholsis. Dofia Sol ou le traître. H me faut l'un des deux.

DON BUY GOMEZ. Ah! VOUS êtcs le maître! issg

Don Carlos s^ approche de doua Sol pour V emmener. Elle se réfugie vers don Ruy Oomez,

DOfÎA SOL.

Sauvez-moi, monseigneur!

Bîle s^arrête. — A part.

Malheureuse, il le faut!

La tête de mon oncle ou l'autre! . . . Moi plutôt!

Au roi.

Je vous suis.

DON CARLOS, à part.

Par les saints! l'idée est triomphante!

H faudra biçn enfin s'adoucir, mon infante°!

Dofla Sol va d^un pas grave et assuré au coffret qui renferme Vécrin^ Vouvre^ et y prend le poignard^ qu'acné cache dans son sein. Don Carlos vient à elle et lui présente la main.

DON CARLOS, à dofla Sol.

Qu'emportez-vous là?

DOfîA SOL. Bien.

DON CARLOS. Un joyau précieux? 1235

doSa sol.

Oui.

DON CARLOS, souriant.

Voyons !

DO^A SOL. Vous verrez.

Elle lui donne la main et se dispose à te suivre. Don

Ruy Gomezy qui est resté immobile etprofondement absorbé dans sa pensée^ se retourne et jait quelques pas en criant.

DON RUY GOMEZ. Dofia Sol! — terre et deux!

Doua Sol! — Puisque l'homme ici n*a point d'entrailles, A mon aide ! croulez, armures et murailles !

Il court au roi.

Laisse-moi mon enfant! je n'ai qu'elle, ô mon roi!

DON GABLOS, lâchant la main de dofla Sol.

1240 Alors, mon prisonnier !

Le duc baisse la tête et semble en proie à une horrible hésitation; puis il se relève et regarde les portraits en joignant les mains vers eux.

DON RUY GOMEZ. Ajez pitié de moi,

Vous tous ! '

// fait un pas vers la cachette; dofla Sol le suit des yeux avec anxiété. Il se retourne vers les portraits. Oh! voilez-vous! votre regard m'arrête.

// s^avance e?i chancelant jusqu^à son portrait^ puis se retourne ericore vers- le roi.

Tu le. veux?

DON CARLOS

Oui.

Le duc lève en tremblant la main vers le ressort. dojSa SOL. Dieu !

DON RUY GOMEZ. Non!

Il se jette aux genoux du rot.

Par pitié, prends ma tète !

DON CARLOS

Ta nièce !

DON RUY GOMEZ, se relevant.

Prends-la donc! et laisse-moi l'honneur!

DON CARLOS, saisissant la main de dofla Sol tremblante.

Adieu, duc.

DON BUY GOMEZ

Au revoir!

Il suit de Vœil le roi^ qui se retire lentement avec dofla Sol; puis il met la main sur son poig7iard. Dieu vous garde, seigneur !

Il revient sur le devant^ haletant^ immobile^ sans plus rien voir ni entendre^ Vœil fixe, les bras croisés sur sa poitrine, qui les soulève comme par des mouvements convulsifs. Cependant lé roi sort avec dofla Sol, et toute la suite des seigneurs sort après lui, deux à deux, gravement et chacun à son rang. Ils separle7it à voix basse entre eux.

DON EUT GOMEZ, apart.

Roi, pendant que tu sors joyeux de ma demeure. Ma vieille loyauté sort de mon cœur qui pleure.

Il lève les yeux, les promène autour de lui, et voit quHl est seul. Il court à la muraille, détache deux épées d\ine panoplie, les mesure toutes deux, puis les dépose sur une table. Cela fait, il va au portrait, pousse le ressort, la porte cachée se rouvre.

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