‹ Preface de Cromwell and HernaniChapitre 44 sur 72 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

HEBNANI, LB MASQUE.

LE MASQUE. '*Qnoi qu'il puisse advenir

*tt6 Quand tu voudras, vieillard, quel que soit le lieu, l'heure. S'il te passe à l'esprit qu'il est temps que je meure, Viens, sonne de ce cor, et ne prends d'autres soins. Tout sera fait." — Ce pacte eut les morts pour témoins. Eh bien, tout est-il fait?

HERNANI, à voix basse. 'est lui î

LE MASQUE. Dans ta demeure

8090 Je viens, et je te dis qu'il est temps. C'est mon heure. Je te trouve en retard.

HERNANi. Bien. Quel est ton plaisir?

Que feras-tu de moi? Parle.

LE MASQUE. Tu peuj choisir

Du fer ou du poison. Ce qu'il faut je l'apporte. Nous partirons tous deux.

HERNANI. Soit.

LE MASQUE. Prions-nous?

HERNANi. Qu'importe?

LE MASQUE

8086 Que prends-tu?

HERNANi. Le poison.

LE MASQUE. Bien ! — Donne-moi ta main.

n présente une fiole à Hernani, qui la reçoit en

pâlissant.

Bois, — ^pour que je finisse.

Hernani approche la fiole de ses lèvres^ puis recule.

HBRNANi. Oh! par pitié, demain! —

Oh I s'il te reste un cœur, duc, ou du moins une âme, Si tu n'es pa^ un spectre échappé de la flamme. Un mort damné, fantôme ou démon désormais.

Si Dieu n'a point encor mis sur ton front: jamais! a»o

Si tu sais ce que c'est que ce bonheur suprême D'aimer, d'avoir vingt ans, d'épouser quand on aime. Si jamais femme aimée a tremblé dans tes bras, »

Attends jusqu'à demain I Demain tu reviendras !

LA MASQUE

Simple qui parle ainsi ! Demain ! demain ! — Tu railles ! aoss

Ta cloche^ a ce matin sonné tes funérailles !

Et que ferais-je, moi, cette nuit? J'en mourrais.

Et qui viendrait te prendre et t'emporter après?

Seul descendre au tombeau ! Jeune homme, il faut me

HERNANi. [suivre.

Eh bien, non! et de toi, démon, je me délivre! «xo

Je n'obéirai pas.

LE MASQUE. . Jo m'en doutais. Fort bien.

Sur quoi donc m'as-tu fait ce serment? — Ah ! sur rien. Peu de chose, après tout ! La tête de ton père ! Cela peut s'oublier. La jeunesse est légère.

HEENANI.

Mon père! Mon pèreî . . . — Ah! j'en perdrai la raison! ao45

LE MASQUE

Non, ce n'est qu'un parjure et qu'une trahison.

Duc!

LE MASQUE

I^uisque les aînés des maisons espagnoles Se font jeu maintenant de fausser leurs paroles. Adieu I Ilfait un pas pour sortir.

HBRNANI.

Ne t'en va pas.

LE MASQUE. Alors. ...

HERNANi. Vieillard cruel!

Il prend la fiole, - 2050 Revenir sur mes pas à la porte du cîeP!

Rentre dofla Sol, sans voir le masque, qui est debout ^ au fond.

Page 1