‹ Préleçons de pathologie expérimentaleChapitre 3 sur 8 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Cette première série d’observations et de recherches expérimentales est divisée en deux parties bien. distinctes : la première n’est autre que ma Thèse du dernier concours pour la chaire de pathologie médicale à la Faculté; la seconde se compose de notes fort étendues , et qu’on pourrait regarder comme autant de pièces justificatives.

Il est bien rare qu’un sujet donné par le sort, par le seul fait des éventualités d’un concours, devienne pour son auteur un sujet de prédilection ; c’est cependant ce qui m’est arrivé ; peutêtre m’en saura-t-on quelque gré , d’autant plus que : Tulit alter honores.

Ce premier texte a donc été composé à la hâte au milieu de bien des émotions et en dix jours francs, telle est la loi des concours actuels ; c’est le résultat d’observations cliniques antérieures et de recherches bibliographiques assez considérables ; travail presque fébrile, d erniers efforts

d’une lutte dans laquelle je n’avais que mes épreuves à faire valoir.

Jamais peut-être on n’a été si près du but ; je l’ai touché, mais je n’ai pu le saisir! à égalité de suffrages, la prépondérance du président est vénue décider contre moi I

Chose étrange! on a jeté à la fois des paroles de blâme sur le résultat définitif du scrutin et sur la répartition diverse des votes. Qu’on laisse donc à ceux que le sort n’a pas favorisés la consolation de compter du moins pour eux quelques votes honorables!

Quanta moi, je le déclare, je tiens à honneur et à reconnaissance de pouvoir signaler publiquement ici les hommes éminents qui ont bien voulu m’accorder leurs suffrages, et c’est avec orgueil qu’en tête de cet ouvrage j ’inscris les noms de MM. Andral , Chomel , P. Dubois , Gerdy , Honoré et Trousseau.

Quoi qu’il en soit , telle est l’origine de la première partie de cet ouvrage. La seconde , reprise à loisir dans le calme ordinaire de mes études , a été faite avec toute la maturité convenable; c’est par la voie expérimentale que j’ai plus spécialement procédé ; mes expériences

ont été très- variées , et surtout répétées un grand nombre de fois ; j’ai eonsacré à ce travail une année tout entière; la plupart des faits qui s’y trouvent exposés ont été communiqués par moi à l’Académie royale de médecine , de sorte que déjà ils ont pour eux la sanction d’une première épreuve , la discussion publique; ce qui m’a forcé de modifier quelques points et d’insister sur d’autres.

Ceci n’est, au reste, que le commencement d’une longue série de travaux que je me propose d’entreprendre en pathologie expérimentale ; ce que j’ai fait pour l’hypérémie capillaire, c’est-à-dire pour les phénomènes compris sous le nom de fluxion , de congestion et d’irritation , j’espère l’appliquer à d’autres questions non moins importantes. Il est temps de chercher enfin à réduire les faits en théories partielles ; c’est à ce prix seulement qu’on pourra imprimer à la science des succès durables. On verra que mes efforts ont été dirigés vers ce but; j’ ai cherché , en raison de mes forces, oro parte 'virium , à mettre les observateurs sur la voie de la théorie partielle des hypéréraies capillaires.

Dans des travaux ultérieurs , j'aurai à m’occuper d’autres théories partielles , théories qui sont aujourd’hui en voie de formation scientifique ; je veux parler de celles des hydropisies et des paralysies.

Paris, le 15 février 1841.

As

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