‹ PrémicesChapitre 11 sur 32 · LE PETIT ENFANT · texte numérisé non relu

LE PETIT ENFANT

Je suis mort sur un tas de loin.

Dans le champ, près de la barrière.

Car, le matin, petite mère xMe défendait d'aller plus loin.

Je jouais seul à la bataille, Comme le foit tout grand garçon.

Car, malgré ma petite taille, J'ai neuf ans depuis la moisson.

Un homme vêtu de gris sale, Au moment où j'étais vainqueur, M'a visé soudain, et sa balle Perça mon tablier près du cœur.

Et je suis tombé sur la meule Sans pouvoir terminer mon jeu; Laissant ma maman toute seule, Je suis allé voir le bon Dieu.

Je n'ai pas pleuré, je vous jure, Un soldat sourit en mourant.

Pourtant au bord de ma blessure J'ai vu couler un peu de sang.

Ce n'était pas la grande guerre.

Je jouais... Mais, quand on y meurt, Le coin de champ, près la barrière, Peut bien être le champ d'honneur !

Je puis bien le dire, je pense.

Cela sans mentir, n'est-ce pas ?

Qu'étant mort, ainsi, pour la France, C'est comme si j'étais soldat !

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