SCÈNE VII
MINN.-X, MURION, LUBRIO, LIBER, GALBO, LILI.'\, SOLDATS, COURTISANES
LIBER, entrant.
Voici la justice !
Notre édile Galbo vient, couronné de fleurs ; Des femmes, des soldats le comblent de clameurs.
Galbo arrive, appuyé sur Lilia ; c'est un gros homme à demi-ivre, couronné de fleurs.
CHŒUR DES SOLDATS
Salut au prudent, à l'habile !
Salut à l'imposant édile !
GALBO
Allons, mes chers amis, c'est trop.
CHŒUR DES COURTISANES
Il quitte, pour se rendre utile, Notre taverne où l'on empile Coupe sur coupe et pot sur pot !
TOUS
Vive Galbo !
CHŒUK DES SOLDATS
Il est célèbre dans la Ville Par son éloquence subtile.
GALBO
Je m'en vais le prouver tantôt.
CHŒUR DES COURTISANES
Bien qu'un peu gros, il est gracile Et point ne se fltit de la bile. ..
chœ:ur des soldats Judicieux sont ses propos.
TOUS
Vive Galbo !
Pendant ce temps, on a péniblement installé Galbo sur sa chaise curule. CHŒUR DES SOLDATS
Sur sa chaise, il est immobile.
CHŒiUR des courtisanes
Et s'il sait s'y tenir tranquille Jusqu'à la fin, ce sera beau I
galbo Merci mille fois à la file !
CHŒUR DES COURTISANES
Lancé par notre voix agile.
Que son nom frappe les échos !
TOUS
Vive Galbo !
GALBO, d'un ton satisfait.
Vive Galbo ! Par Zeus, comme c'est beau la gloire !
Qu'on me donne ma coupe et puis mon écritoire !
Là de quoi s'agit-il ? On est jour de marché
A quelque ménagère un vol est reproché ?
Un rustre a-t-il souillé le coin de quelque borne ?
S'agit- il de poulets, ou d'une bête à corne ?
LUBRIO, s'avançant.
Il s'agit de l'honneur d'un riche citoyen Que sa femme a trompé
GALBO, ravi de sa plaisanterie.
Or donc, je disais bien :
Il s'agit d'une bête à corne ^Rires) Qu'on l'amène I Ton nom, ma belle enfant ?
MINNA
Minna...
GALBO, paternel.
Mes compliments !
Ainsi tu l'as trompé ? Comme je te comprends 1 Décidément, par Zeus, l'atïaire m'intéresse. Et l'amant?
LUBRIO, montrant Muriou.
Le voici.
GALBO
Que loin de sa maîtresse On le tienne. Minna, je te donne l'accès De la tribune. A deux, mieux on juge un procès.
MURION
Que dit-il ?
LUBRIO
Que fait-il ?