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robustes et pieux des laboureurs. Mais cela est vrai également quand il s’agit de la prospérité commerciale et de la gloire du génie, Pour que le commerce et l’industrie aient leur raison d'être, il faut que de la campagne on apporte à pleines charges ces denrées alimentaires sur lesquelles se font les deux tiers des trafics commerciaux ; il faut que les populations agricoles, ayant vendu à la ville les produits de la terre, achètent largement de ieur: bénéfices rémunérateurs les produits des industries qui s’exercent à la ville. Supprimez l'un des termes de ce double échange, et le commerce ainsi que l’industrie sont ruinés,
Si vous voulez qu’un peuple soit tout industriel, et qu'il aille échanger ses produits manufacturés chez un aute peuple pour les produits alimentaires, je dis qu’il se vi" ,a encore, sauf de rares exceptions, car en général l'ir <t::4,étant donné le prix des matières premières et de ia main-d'œuvre, ne réalise pas plus d’un tiers des revenus qu’il faut pour faire vivre un peuple. La loi commune est que le laboureur soit le nourricier de l'Etat, et que le commerce industriel soit un complément de la prospérité que procurent à la nation les revenus de la terre.
Il en faut dire autant de la gloire des lettres et des beauxarts, qu'on appelle proprement la civilisation. Cette double gloire fleurit dans un peuple où les œuvres d'arts trouvent de riches acheteurs et de fins appréciateurs, où la condition de fortune aussi laisse des loisirs et des moyens de s’instruire soit aux artistes, soit aux littérateurs. Or la fortune est au sein de la terre dont les guérets sont une mine d’or inépuisable : elle en sort avec les épis de blé et les tiges des moissons.
Il avait compris ce principe fécond d'économie nationale ce grand et bon roi de France, Henri IV, qui, voulant procurer à son royaume toutes les grandeurs, aussi bien celle des armes, que celle de l’industrie et du génie, mettait pour base aux bienfaits de son gouvernement que tous les fermiers de France et de Navarre “ eussent le dimanche la poule au pot.” Et son premier ministre, son fidèle Sully, aimait à répéter comme un adage, ainsi que je l'ai dit déjà, ce mot bien connu :
‘ Pâturage et labourage sont les mamelles de la France.”
Les autres nations modernes qui, dans les deux mondes, ont aujourd’hui la plus grande prospérité sont des nations adonnées à l’agriculture. Il n’en est pas de plus prospère peut-être que la Belgique. La Relgique nourrit dans la richesse ou l’aisance la population la plus dense de l’Europe ; mais aussi la Belgique est cultivée comme un jardin, de la Sambre à la Baltique, de l'Escaut aux falaises crayeuses du Pas-de-Calais.
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Son agriculture, plus encore que ses inépuisables mines de charbon et ses riches carrières de marbres de couleur, fait la fortune de la Belgique. Les ouvriers des mines sont en grève et menacent la paix publique ; les laboureurs qui font la majorité sont la garantie du pays et de la religion. .
L'agriculture fait de même la fortune de l'Allemagne et de la Russie, où le peuple des campagnes demeure si simple et si robuite, si attaché au sol et si laborieux.
L’Arabe au contraire ne veut rien cultiver. Il se contente des fruits sauvages du désert ct du lait de ses chèvres: aussi la terre qu’il foule semble maudite, et la civilisation déserte les contrées soumises à son joug. L'’Arabe est une nation sans cohésion et sans patrie, destinée à disparaître dans une honteuse misère.
À l'extrémité de l'Asie, il existe un peuple qui est du côté
de l'Orient la nation de l’avenir. Ecoutez à quoi M. Thiers attribue la prospérité de la Chine. ‘ Les Mongols, dit-il, après 4 ñ . .
‘avoir erré en nomades pendant des siècles dans le vaste désert de Cobie, se sont jetés sur la Chine, en ont divisé le ç sol en mille parcelles qui, tour à tour inondées ou dessé- ‘ chées avec art, se sont couvertes de riz; ils ont cultivé le “ mûrier, surpassé tous les peuples dans l’art de tisser la soie, ‘€ ont découvert une terre qui, au lieu de rougir comme notre ‘ argile en passant au feu, en sort blanche et transparente, en “ ont fait la porcelaine qu’ils ont ornée de mille dessins capri- “ cieux, ont travaillé les bois avec un art surprenant, ont ap- “ pris le secret de les enduire de vernis inaltérables, ont cons- “ truit des palais de laque, élevé des tours de porcelaine, et ‘“ sont encore aujourd'hui les plus habiles ouvriers de l’uni- ‘vers... Quelle cause les a si complètement changés? Une “ seule, l'établissement fixe sur la terre.”
(Thiers : de la propriété, p. 126.)
L'histoire de la colonisation de l'Amérique constitue à son tour un beau panégyrique de l’agriculture. La colonie anglaise de la Nouvelle-Angleterre, et la colonie frangaise de la Nouvelle-France, fondées presque en même temps, auraient dû se développer, semble-t-il, dans la même proportion. Cependant la colonie anglaise eut bientôt le double, le triple et le quadruple des habitants de la colonie française; malgré des prodiges de valeur, le Canada fut envahi et conquis par les Anglais. Je sais bien que la conquête doit être attribuée en partie à la négligence de la France, qui n’envoyait plus ni colons ni soldats, mais il faut, si je ne me trompe, l’attribuer
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aussi à ce que les colons français du Canada ne voulaient vivre que de chasse et de commerce, tandis que les colons anglais s’adonnèrent tout d’abord à l’agriculture.
Voici comment le P. de Charlevoix établit le parallèle entre les deux peuples, ‘“ On ne voit point au Canada, dit-il, ‘ de personnes riches, et c’est bien dommage; car on y aime ‘“ à se faire honneur de son bien, et personne presque ne s’a- ‘“ muse à thésauriser, On fait bonne chère, si avec cela on ‘ peut avoir de quoi se bien mettre; sinon, on retranche sur “ la table pour être bien vêtu. Aussi faut-il avouer que les ‘ ajustements vont bien à nos colons. Tout est ici de belle “ taille, et l’on y voit le plus beau sang du monde dans les ‘“ deux sexes; l’esprit enjoué, les manières douces et jolies “ sont communes à tous; et la rusticité, soit dans le langage, “ soit dans les façons, n’est pas même connue dans les cam- ‘ pagnes les plus écartées.
*{ Il n’en est pas de même, dit-on, des Anglais nos voisins ; “et, qui ne connaîtrait les deux colonies que par la manière ‘ de vivre, d’agir et de parler des colons, ne balancerait pas ** à juger que la nôtre est la plus florissante. Il règne dans la ‘“ Nouvelle-Angleterre et dans les autres provinces du conti- ‘“ nent soumises à l’empire britannique, une opulence dont il ‘ semble qu’on ne sait point profiter; et dans la Nouvelle- France une pauvreté cachée par un air d’aisance qui ne pa- “raît point étudié. Le [commerce et la culture des planta- “ tions fortifient la première; l’industrie des habitants sou- ‘€ tient la seconde, ct le goût de la nation y répand un agré- ‘ ment infini. Le colon anglais amasse du bien, et ne fait ‘ aucune dépense superflue : le Français jouit de ce qu'il a, ‘‘ et souvent fait parade de ce qu’il n’a point. Celui-là travaille “ pour ses héritiers ; celui-ci laisse les siens dans la nécessité, “ où il s’est trouvé lui-même, de se tirer d'affaire comme ils pourront. Les Anglais américains ne veulent point de guerre, “ parce qu'ils ont beaucoup à perdre ; ils ne ménagent point # La sauvages, parce qu'ils ne croient pas en avoir besoin. La “ jeunesse française, par des raisons contraires, déteste la paix, ‘et vit bien avec les naturels du pays, dont elle s’attire aisé- ‘ ment l'estime pendant la guerre et l'amitié en tout temps.”
(Journal d’un voyage dans l'Amérique Septle., Lettre III.)
Le P. de Charlevoix écrivait ces paroles environ trente ans avant la conquête par les Anglais et la capitulation de Québec. Depuis, les rôles ont changé. Les populations françaises du Canada, obligées de vivre en paix avec le vainqueur devenu
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un bienveillant protecteur, quittèrent le fusil pour la charrue ; les Américains et les Anglais prirent pour eux le commerce.
Or voici ce qui arrive et vérifie encore une fois la loi de l'histoire. Les Anglais diminuent sir le continent canadien; les Yankees ont épuisé leur race dans leurs comptoirs remplis d’or; la race canadienne française au contraire déborde des campagnes où on l'avait reléguée, elle reprend déjà les villes de la colonie, elle remplit les campagnes des Etats-Unis que les Yankees ne peuvent repeupler. Telle est la loi de l’histoire : les peuples adonnés à l’agriculture ont pour eux la richesse, le nombre et la durée.
Ainsi, voyant l’agriculture reprendre au Canada chaque jour plus de faveur et d'extension, je me plais à présager pour le Canada un glorieux avenir. Malgré l’inclémence de l’hiver les rives du Saint-Laurent se couvrent chaque année de moissons de plus en plus rémunératrices. Un seul de nos riches comtés produit aujourd'hui probablement autant de grains que les sauvages en récoltaient jadis sur toute l'étendue de l'Amérique septentrionale. Le plat de sagamité des Algonquins et des Iroquois, une sorte de bouilie épaisse et nauséabonde, a été remplacé par du beau pain blanc que produit la même terre :
“€ Tellus Chaoniam pingui glandem mutavit arista ; ” et, comme au temps de l’âge d’or succédant à la période primitive, on peut mêler à l’eau claire des fleuves, que les indigènes buvaient dans le creux de leurs mains, des liquides plus. généreux qui étincellent dans les coupes ciselées :
“ Poculaque inventis acheloia miscuit uvis.”
(Virg. Géorg. Lib. I, 8.)
Le même sol qui nous donne ces trésors les refusait aux sauvages, parce que les sauvages ne voulaient pas labourer le sol : ‘© Fundit humo facilem victum justissima tellus.”
(Ibid, Lib. II, 460.)
Lorsque les terres seront mieux cultivées, sur le même espace que l’on ensemence aujourd’hui, on produira une récolte triple. Alors la famille plus à l’aise nourrira facilement un plus grand nombre de travailleurs. Rien ne se perdra plus ni du bois, ni des pâturages, ni de la terre qu’on peut occuper. Les terrains, jusqu'ici restés incultes, seront à leur tour envahis. De toutes parts on amènera à la ville les produits de la. campagne. [es farines, les chevaux, le bétail, mille autres
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productions du pays déborderont à l'étranger, Le fleuve St.- Laurent se couvrira de vaisseaux qui nous apporteront l'or et l'argent des autres peuples et n’emporteront que notre superflu.
Ce sera le temps de créer avec des capitaux canadiens dont les bénéfices resteront au pays, de grandes industries manufacturières et minières, de grandes ivstitutions artistiques et de haute éducation, de grandes exploitations de navigation et de chemins de fer, toutes choses pour lesquelles il a fallu jusqu'ici payer tribut à l'étranger. Alors au-dessus de cette population de travailleurs et d'industriels toujours plus nombreuse et plus prospère, il surgira facilement une belle aristocratie: aristocratie de la fortune, aristocratie des noms illustres, aristocratie de la culture intellectuelle.
Ce sera la prospérité d’un peuple florissant ; ce sera l'honneur d’une noble nation, commandant le respect, et portant au front la double auréole de la vertu et du génie.
L'agriculture est une école de bon sens, d’observation et de science pratique.
(Discours prononcé par M. Ed. À. Barnard devant le premier congrès des cercles agricoles,) le 19 janvier 1887.
MOonsEIGNEUR, MESDAMES, MESSIEURS,
Il ne m’appartient pas de faire l'éloge du magnifique discours que nous venons d’applaudir. Ce discours restera dans nos archives. Il sera lu et relu avec un vif intérêt, j'en suis sûr, et par les membres actuels de notre association et par nos membres futurs.
Mais permettez-moi, je vous prie, quelques réflexions sur un des nombreux bienfaits de l’agriculture qui nous ont été si heureusement signalés. Je ne m’attacherai, et pour un instant seulement, qu’à celui-ci : “ L'agriculture est une école de bon sens, d’observation et de science pratique.”
Cultivateurs, avons-nous jusqu'ici suffisamment apprécié les nombreux services que la science peut rendre à l’agriculture ? Ne sommes-nous pas au contraire trop portés à mettre toutes nos confiances dans notre pratique, quelle qu’elle puisse être, et à reléguer la science parmi ces choses..…....dont il faut surtout se défier ?
Il ne saurait être question ici que de la vraie science, c’est-
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à-dire de l'étude approfondie de la plus saine pratique, et de son application selon Ha lois immuables de la création, appelées lois de la nature, Quant aux vaines théories, plus ou moins échevelées qui, trop souvent, je l’admets, nous sont offertes pour de la science pure, nous ne saurions en effet trop les repousser. Nos faibles moyens et nos si rares loisirs ne nous permettent point, certes, de nous y laisser prendre. S'agit-il, au contraire, des lois de la nature? Alors, il faut ou les suivre en tous points, ou exposer tôt ou tard notre agriculture à une ruine certaine et plus ou moins complète. Ce sujet demanderait des développements que je ne puis donner à cette heure, Permettez seulement que je cite un seul exemple de ce que la science a fait dans le domaine de l’industrie laitière,
Vous n’ignorez pas que, jusqu’à tout récemment, les fabricants les plus expérimentés ne pouvaient pas produire, en fabrique, des fromages de qualité toujours excellente et toujours uniforme, Dans les chaleurs de l'été, il était presqu’impossible de contrôler la fermentation du lait, surtout du caillé. Des difficultés analogues se présentaient à l'approche de l'hiver; d’autres dès l’ouverture des fabriques, au printemps. Les fromages d’une même saison de fabrication variaient donc à l'infini, dans les fabriques, surtout d’une fabrique à l’autre. Un fabricant de fromage américain très savant, le professeur Arnold, étudia pendant longtemps les difficultés que présentait la fermentation du lait et du fromage. Il dut creuser à fond la science des ferments, et après des années de travail, il finit par découvrir la cause de ces difficultés, et le remède, Mais il fallait toute une révolution daus la fabrication. Le procédé Arnold, que recommandent si fortement nos propres instructeurs ducs Îe société, permet de fabriquer en toute saison des fromages uniformes et excellents. Le procédé Arnold consiste uniquement à retirer le petit lait encore doux du cail. lé; puis à broyer celui-ci dans un moulin spécial après que le caillé a subi une fermentation dans des conditions parfaitement établies. C'est en profitant des enseignements du professeur Arnold, son instructeur, que la province d'Ontario vient d’émerveiller l'Angleterre toute entière non sans effrayer grandement ses propres fabricants de fromage. Jusqu'ici l'Amérique ne faisait qu'une imitation plus ou moins réussie des fromages anglais dit Cheddar. Lors de la récente exposition coloniale à Londres, la société d'industrie laitière d’Ontario a exposé à la fois, dans une immense pyramide, 300 tonnes, CRU OS Ibs.) de Cheddar tellement bon et tellement uni-
orme que le commerce anglais a dû admettre que jamais pareille production n'avait été vue en Angleterre. C’est en
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grande partie à cet heureux événement que nous devons la hausse subite et constante qui s’est faite l'automne dernier dans le prix de nos fromages canadiens, Voilà, pour un seul point dans l’industrie laitière, ce qu’a fait la science !
Si le temps le permettait, il faudrait vous dire ce que la science est actuellement à faire dans la production du beurre, depuis la centrifuge qui écrème le lait, instantanément à sa sortie du pis de la vache, jusqu'aux boîtes métalliques, hermétiquement closes, qui permettent de livrer le beurre parfaitement frais, presque sans sel,'au delà des tropiques, après avoir traversé les mers, et à des milliers de lieues de distance. Et dans la nourriture raisonnée du bétail, et dans les innombrables détails de l’agriculture, quels immenses secours la science ne peut-elle pas nous apporter ?
Pour ma part, obligé comme je le suis depuis bientôt vingt ans, par les devoirs de la charge bien lourde qui m'a été imposée comme directeur d’un journal d'agriculture officiel; ayant dans le courant d’une année à répondre à bien des questions difficiles, qui me viennent des diverses parties de la province, je sens combien la science véritable peut seule nous guider, à : travers les problèmes sans nombre auxquels l’agriculture raisonnée se heurte à chaque pas. Plus je vais, plus je sens mon impuissance, je dirais presque mon ignorance | Oh ! messieurs, je vous en prie, faites que nos hommes d'état nous viennent en aide, Faites, comme le demandait avec tant de force et d’à-propos M. l'abbé Chartier, cette après-midi, que la province de Québec finisse par comprendre ses véritables intérêts agricoles. Qu'elle nous dote au plus tôt de stations expérimentales dirigées avec prudence, avec toutes les connaissances du métier, mais surtout, avec une science sûre et profonde |
Tout le monde admettra que jusqu'ici le cultivateur laissé à ses propres ressources dans notre ass a eu peu ou point d'occasion d'utiliser les données de la science en ce qui regarde l’agriculture. C’est surtout sur ce sujet qu'il faut appeler à notre aide le dévouement patriotique des hommes savants et qu'il faut supplier de toutes nos forces afin que l'Etat fasse sa large part, en fournissant l'argent nécessaire à l’instruction spéciale des populations agricoles. Oui, le temps est venu, pour nos hommes d'état, de doter notre agriculture d’un enseignement agricole essentiellement éclairé et sûr, c’est-àdire savant,
A ce sujet, laissez-moi vous faire une confidence, Je netrahirai aucun secret d'Etat! Nous avons l'honneur, l'extrême honneur de posséder au milieu de nous, ce soir, un ami bien dévoué de son pays, un savant que tous nous avons depuis
longtemps appris à vénérer. Ce patriote vraiment grand a depuis longtemps constaté le dépérissement graduel de notre agriculture et le terrible courant qui entraîne tant de cultivateurs à quitter nos campagnes et, trop souvent, notre pays. ap gi longtemps il aurait voulu apporter un remède à ce
al extrême. Ce remède, il le trouve dans l’enseignement éclairé de l’agriculture, donné par ces chercheurs incomparables, ces patriotes à nul autre parcils, ces travailleurs aussi infatipu que consciencieux dans leurs ,travaux: les religieux.
gr des Trois-Rivières, (vous avez deviné que c'est à Sa Grandeur que je fais allusion) désire depuis longtemps doter son diocèse de deux institutions monastiques où l’enseignement de l’agriculture serait donné de la manière la plus pratique à nos jeunes gens pauvres de la campagne, non seulement à nos futurs laboureurs, mais également aux futures mères de familles, dont la mission agricole bien comprise, je ne crains pas de l’affirmer, est aussi importante pour le moins, dans l'avenir du pays, que celle du cultivateur lui-même, Des circonstances malheureuses avaient retardé jusqu'ici l’exécution d’un si patriotique et si utile projet. Ma confidence, MM. c'est que ce projet est de nouveau à l'étude, qu’il est même en voie d'exécution, pour une partie du moins, qu’il a été soumis, et approuvé en principe par qui de droit et que votre adhésion, ce soir, si vous y adhérez de tout cœur, peut en rendre l’exécution plus prompte et peut même en assurer l'existence dans un temps très court.
En terminant ces remarques, peut-être trop longues, permettez-moi, Messieurs, d'exprimer ici un vœu qui m'est bien cher, c’est que cette réunion ne se termine pas sans que nous ayons exprimé nos plus chaudes sympathies en faveur du projet de Mgr et que nous en appelions de tous nos vœux la prompte réalisation. Le projet comporte l’établissement d’une station expérimentale en rapport avec une ferme etc, Ce sera un moyen fort pratique, ce me semble, de répéter avec le Rév. père Herbreteau: ‘“ L'agriculture est une école de bon sens, d'observation et de science pratique.”
En. A. BARNARD,
Constitution des “ Cercles St-Isidore, laboureur.” Ci-suit la constitution des Cercles telle que définitivement approu-
vée. Les mots soulignés ont été ajoutés par N.N.S.8. les Evêques eux-mêmes,
1. Les cercles agricoles, créés et à créer dans la province de Québec, seront connus sous le nom de CerOLES SAINT-IS8IDORE, LABOU REUR, él scront sous l'aulorilé de l'Evéque diocésain. 2. Chaque cercle ect sous la direction immédiate du Curé de la paroisse, 3. Les cercles sont sous la protection spéciale du Sacré-Cœur de Jésus. I!s auront, autant que possible, oriflamme et insignes. Ils célébreront annuellement leur fête patronale le jour de la fête du Sacré- Cœur de Jésus, ou tout autre jour choisi par M. le Curé de la paroisse,
Le but des cercles est de : 1. Faire aimer l’agriculture et la rendre plus prospère ; 2. Bien remplir tous ses devoirs d'état; 3. Combattre énergiquement le luxe et l'ivrognerie en pratiquant les vertus opposées ; 4. Encourager la colonisalion et enrayer le plus possible l’émigration ; 5. Eviter les procès et les injustices ; 6. S'entr'aider, pour le bien,
Chacun ??s cercles fera les règlements qui lui conviendront le mieux en ce qui regarde l'admission des membres, les réunions, etc., ef ces règlements seront soumis à l'approbation de l'Evéque. Mais il ne devrait pas ÿ avoir moins d’une réunion par mois, et autant que possible, on devrait tenir ur registre contenant le résumé des délibé. rations du cercle.
Il ÿ aura chaque année un congrès des délégués des Cercles, dans le but d'aider davantage l'agriculture et de rendre les cercles plus prospères. Ce congrès élira un président et un comité général chargés pendant l’année d'étudier tout spécialement ce qui sera de nature à faire prospérer davantage tous les cercles de la province.
MopÈLE DE CONSTITUTIONS ET DE RÈGLEMENTS
Les officiers du 1er Congrès des cercles recommandent d’une manière spéciale le document qui suit à l'attention des cercles qui désirent se donner des règlements vrai ment utiles.
Cercle agricole de Saint-Ignace du Nominingue (Canton Loranger).