‹ Premier congrès des Cercles agricoles Saint-Isidore, laboreur [microforme]Chapitre 27 sur 31 · IPALE VUE DE FRONT · texte numérisé non relu

IPALE VUE DE FRONT

beurrerie-fromagerie, fabricant non-seulement pour lui-même mais également pour ses voisins. Il suffira pour cela de s’y mettre et d'apprendre parfaitement cette fabrication, ce qui, après tout, n’est pas très difficile. On comprendra l'avantage pour les cultivateurs riches, qui possèdent de vingt à quarante vaches et qui peuvent avoir le lait des voisins, d’être indépendants des fabricants, d’avoir le petit lait dans les meilleures conditions, et enfin d'utiliser, pour tous les besoins de la ferme, l'engin à vapeur nécessaire à une fabrique un peu considérable.

Ces explications étaient nécessaires pour bien comprendre l’ensemble et la raison d’être des constructions représentées par les trois figures qui suivent. Il est bon d'ajouter que le sol est très sablonneux et sec, ce qui a permis de creuser facilement et avec avantage,

La fig. 1 représente l’intérieur des étables, écuries, granges, etc. A droite est l’étable. Celle-ci a 50’ de longueur sur une face et 22’ sur l’autre, en arrière, donnant 72’ d’étable attenante, soit la place de 22 vaches et génisses. 1 est une auge en avant des vaches, sur toute la longueur des étables. Des tuyaux en fer, avec robinets, apportent l’eau dans les auges, La vapeur de l'engin vient également par les mêmes tuyaux au besoin, réchauffer l’eau à la température voulue. 2 est une auge ou mangeoire parfaitement étanche en planches, qui reçoit par le passage en avant 3-3 la nourriture des animaux. A 3-3 on voit deux pièces en bois équarries sur une seule face, sur lesquelles roule la brouette à deux roues contenant la nourriture préparée, l’ensilage, ete. À 4 est un pavé en glaise battue, d'environ 3 pouces d'épaisseur se posant sur le sol ; la terre est retenue par un gros auge creusé dans un arbre dont le tour n’est pas équarri. Ce pavé à juste la longueur des vaches lorsqu'elles sont debout. Tout le fumier, tant liquide que solide, tombe ainsi dans l’auge, sans qu’il s’en perde la moindre partie. Ces auges placés derrière les vaches se déchargent d'eux-mêmes dans la cave à fumier pour les liquides ; les solides sont enlevés à la pelle et jetés dans la cave (15 a) par des ouvertures dans le côté, entre la grange et l’étable. Malheureusement lorsque j'ai bâti pour mon père, il y a 27 ans, je n'avais pas en vue les divisions actuelles, et j’ai donné 14 pieds de largeur seulement à l’écurie et à l’étable. Je donnerais maintenant 16’, si c'était à recommencer.

À gauche est l'écurie, l’étable aux taureaux, etc. —1 est l'auge sur toute la longueur, mais couverte à volonté. -— 12 est une crèche ordinaire, mais avec une espèce de grillage en

bois, à travers lequel les chevaux mangent, sans tirer de foin sous leurs pieds. —124 est le pontage des chevaux. Entre chaque pièce est un espace d’un pouce environ à travers lequel s'écoule de suite l'urine, laquelle se rend sans interruption jusqu’au fumier à 4a (15) où elle s’imbibe.

Au-dessus de l'écurie sera le poulailler (17). Ilsera parfaitement éclairé par devant et par les côtés. Le plancher de haut de l'écurie sera recouvert d’une épaisse couche de terre noire en dessous et de sable en dessus. Les grains seront enterrés dans le sable pour que les volailles se donnent de l'exercice. Le tout sera tenu proprement, les ordures étant jetées dans la cave au fumier. A 10 sera une étroite galerie couverte par l’excédant du toit, laquelle servira de promenade d'hiver aux poules. Cette galerie recevra le soleil toute la journée, ou à peu près. À 11 sont de légères échelles par lesquelles les volailles monteront et descendront.

—B, est la grange, large de 50 pieds, et de 36’ de profondeur. A 8 est le dessus des silos, du quarré de la beurrerie. etc. C’est à cette hauteur que je propose de mettre le futur plancher élevé (vu au-dessous de 36, fig. 2), communiquant avec l'extérieur et permettant de décharger l’ensilage non coupé directement dans les silos (à 14, fig. 2 Ce plancher facilitera beaucoup le déchargement des foins et grains, les battages, ete. Les {asseries partiront du plancher de bas, à 24, fig. 1. Le plancher de haut n’aura que 12’ de largeur. La hauteur entre ces deux planchers serait de 8 pieds. Entre ces deux planchers serait l’étable à veaux au fond, près de la beurrerie, et la porcherie, près de la porte extérieure. (Les parts à veaux sont décrits et illustrés dans un article spécial.)

Sous la grange, à 15-15, est la cave à fumier, de 50’ sur 36’. Le fond est en glaise battue, de 4 à 6 pouces d'épaisseur, reposant sur le sable. (Ce fond de glaise battue est tellement solidifié que les roues du distributeur d'engrais, traîné par deux chevaux et portant environ 3,000 lbs. de fumier, n’enfoncent jamais au-delà de 2 pouces, même aux dernières charges, après avoir enlevé les 400 tonnes à peu près de fumier que contient la cave après l'hiver. Il suffit de quelques heures de travail, aussitôt la cave vidée, pour égaliser le pavé, battre la glaise détrempée et remettre le tout à neuf. Après deux années d'expérience, nous sommes tous d'accord, maître et serviteurs, à reconnaître qu’il ne se perd absolument aucun engraisliquide, par imbibition dans le sous-sol ou autrement.

A 16 je ferai un grenier à grain, etc., de 24’ sur 24, et une boutique attenante de 12’ sur 24, laquelle se trouvera tout près et au-dessus du toit de la beurrerie, recevant ainsi

la chaleur perdue, ce qui rendra cette boutique très confor table en hiver.

A 32, je me propose de faire une grande ouverture, parfaitement éclairée, qui donnera la lumière dans tout l’intérieur de la grange et aidera encore à la ventilation, bien que celleci soit déjà excellente. Il y a actuellement des ventilateurs, de 10” carrés, tous les 18, Île fonctionnent très bien. En été, on ouvre, en outre des ventilateurs, un panneau de trois pieds de chaque côté, sur toute la longueur des étables et écuries. L’air s’engouffrant par les grandes entrées de cave arrive directement aux étables et passe par les ouvertures du plancher de haut, rendant le séjour des étables plus frais et plus agréable au betail que la vie en plein soleil, ou même à l'ombre. C’est ce qui nous permet de faire coucher les vaches à l’étable toute l’année et de les nourrir soir et matin dans l'été au moyen de fourrages verts sans le moindre inconvénient, au contraire, Ces panneaux ouverts sont marqués à la fig. 2, au moyen de petits points, et à 17 et 18.

La fig. 2 montre la grange vue sur la longueur (36); la cave à fumier (33); les silos (14); la fromagerie (28); la beurrerie (29); le puits (30), et la remise à bois (31). La grange et la cave à fumier ont été suffisamment décrits plus haut ; les silos, qui ont été décrits très au long dans le Journal d'agriculture, sont au nombre de deux, de 15° sur 13 et 16’ de hauteur chacun, Ils sont placés en arrière de l'écurie et ils s'étendent jusqu’à la ligne extérieure (à gauche) de la beurrerie. Ils communiquent d’un côté à l’écurie, et de l’autre, à la continuation de l’étable (14), Cette continuation de l’étable, à 14, ne paraît pas dans la gravure, afin de montrer l’intérieur du silo qui lui fait suite.

À 28, est la fromagerie, l’écrémeuse de Laval, la pompe à vapeur (et à bras), l'engin, ete. En dessous (28), est la beurrerie, enfoncée en terre de 4 pieds et très fraîche. Elle est éclairée par une longue et étroite fenêtre de chaque côté, ce qui permet aussi une ventilation parfaite. La baratte est mue par une courroie venant du haut à travers le plancher. Le puits (à La est long de 11” et large de 6’ à l’intérieur ; il est fait en ovale ; il est maçonné en pierres sèches à la hauteur de l'eau. Au-dessus des eaux les plus hautes est une chambre carrée de 14’ sur 7° environ, haute de 5 pieds, que ferme une couverture mobile, dans laquelle on met les tinettes pleines de beurre. La température dans cette espèce de cave y est très uniforme, n’excédant pas 54° Fahr. dans les plus grandes chaleurs. La communication entre la fromagerie et la beurre-

rie se fait exclusivement par en dehors, au moyen de l’escalier dans la remise à bois, à 31.

La fig. 2 donne également une vue d'ensemble des constructions, telles que je veux les compléter. Il reste encore à faire une remise de 16’ pour les voitures, ete. sur toute la devanture du bâtiment, soit de 78’ de longueur (indiquée à 15). Il restera de plus le chemin élevé conduisant au plancher de haut indiqué dans la figure, en dessous du no 36, et décrit plus haut, puis enfin l'ouverture dans le toit, le grenier et la boutique, comme ci-haut. En dessous du chemin élevé (à 34) seront les caves à légumes. La fig. 3 montre l'intérieur de ces caves qui auront un passage au centre, à 19, les compartiments à légumes de chaque côté, à 20-21, puis enfin, de petits compartiments à B-B, dans lesquels on pourra placer les choux, le céleri, les oignons, ete. En examinant la ligne pointillée à fig. 2, laquelle indique le niveau de la terre, on observera que cette cave sera creusée à une profondeur inégale, de manière à obtenir la hauteur voulue, et la terre nécessaire à la couverture pour empêcher la gelée. Ce caveau sera recouvert par du cèdre fendu et creusé légèrement en augets, pour les morceaux de dessous, de manière à porter à l'extérieur du caveau les eaux qui pourraient s’imbiber à travers la terre de couverture, etc.

Ces explications sont malheureusement longues. Elles étaient nécessaires dans l'étude des diverses parties du bâtiment. Je termine en répétant ce que j'ai dit au commencement : mes lecteurs ne doivent pas voir en tout ceci un modèle à suivre. J'espère cependant qu'ils trouveront peut-être dans les diverses parties de ce bâtiment des descriptions qui peuvent s'appliquer utilement à leurs bâtiments déjà construits, ou en voie de construction.

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