LA FERME D’EXPERIMENTATION
Pour faire suite aux renseignements donnés lors du premier congrès des cercles aux Trois-Rivières, j'ai fait faire les trois gravures qui suivent. Ceux qui ont visité la ferme reconnaîtront facilement la partie de ces constructions qu’il me reste à faire. Je les indique d’ailleurs avec précision plus loin.
On se rappellera que ces constructions ne sauraient pas être données comme modèles à imiter par nos cultivateurs en général, puisqu'elles sont d’une nature expérimentale. L'étude que je fais depuis trente ans de cette question est enfin résunée, pour moi et par moi, dans ces constructions. J’ai voulu réaliser une {héorie que je crois applicable à notre pays. Seul, l'avenir pourra dire en quoi j’ai eu raison, ou j'ai eu tort. A chacun de prendre la partie de ces notes qui lui sera utile et de mettre de côté le reste.
Il est donc entendu que je ne pose nullement en modèle, ni pour les constructions, ni pour les cultures. Je vise au contraire à bien me rendre compte des difficultés du présent, afin d’être en mesure de mieux renseigner les lecteurs du Journal d'agriculture, dans ces questions fort complexes et fort multiples, presque inconnues jusqu'ici dans notre province, puisque c’est depuis tout récemment que l’on donne au bétail et à ses produits l’importance qui découle de l’industrie laitière.
Dans mes voyages en Hollande et généralement dans le nord du continent européen, — pays d'industrie Jaitière par excellence, et pays où l’économie la plus sévère est pratiquée avec une intelligence hors ligne, — j'ai été fort surpris de trouver les constructions rurales toutes sous un même toit, même chez des cultivateurs modèles très à l’aise. On voit là : habitation de ferme, laiterie, fromagerie, écuries, étables, fosses à fumier, etc., sous une même couverture de chaume. On ne saurait comprendre comment la propreté et le confort de ces divers habitants peuvent s’allier, même à un si haut degré, sans avoir constaté l'intelligence et les précautions savantes qui se donnent la main pour arriver à un résultat aussi étonnant que parfait.
Dans un climat comme le nôtre, il est inutile d’insister sur les avantages de grouper le plus possible nos constructions rurales sous un même toit : économie dans le coût premier ; économie de temps dans les divers travaux à faire aux bdtiments ; surveillance plus facile ; confort, etc.
Quant à la beurrerie-fromagerie, je suis porté à croire que le temps arrivera bientôt où le cultivateur le plus progressif de la paroisse, peut-être même dans chaque rang, aura sa
et
Fig. 3.—SEOTION DE LA CAVE À LÉGUMES ET DU CHEMIN PAR DESSUS,
DPI.
Fig. 1.—SEOTION DE LA BATISSE PRINCIPALE VUE DE FRONT.