‹ Premier congrès des Cercles agricoles Saint-Isidore, laboreur [microforme]Chapitre 9 sur 31 · SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI · texte numérisé non relu

SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

À une heure de l’après-midi, dernière séance du Congrès. M. le président temporaire explique devant un auditoire nombreux le but qu’il s’est proposé en créant sa ferme expérimentale en rapport avec le Journal d'Agriculture qu'il dirige. Il a cherché d’abord le meilleur moyen de faire la plus grande quantité possible de fumier et de le conserver sans rien perdre de sa qualité. Il a de plus visé à un arrangement des constructions qui permette, pour ainsi dire, d’avoir tout sous la main, afin d'économiser du temps. Puis il s’est appliqué à reconstituer la race bovine canadienne, œuvre à laquelle il travaille depuis trente ans. Il fait de même pour la race chevaline. Il a étudié la production de la nourriture la plus économique et la plus utile pour le bétail. Il a fait des expériences d’ensilage et est à comparer sa valeur avec celle de la nourriture mêlée, composée de foin, de paille, pesas, moulée, ete. Il a voulu démontrer qu’un cultivateur intelligent, qui sait faire le beurre et le fromage, peut avoir chez lui ce qu'il faut pour manufacturer le lait de 200 à 300 vaches et ensuite utiliser l'engin qu’il lui faut pour cela pour l'exploitation de sa ferme, Il cherche à montrer comment l’on peut facilement remédier à cette plaie de notre province : les mauvais chemins. Il a entrepris une œuvre gigantesque et qui démontre combien est grande la nécessité de stations expérimentales et de fermes modèles où l’on enseignerait la pratique bien entendue de l’agriculture à des jeunes gens qui iraient ensuite, d'abord ccmme employés puis comme propriétaires, porter la bonne semence de leur instruction agricole partout. Tel aurait été le rêve de M. Barnard s’il avait été : doué des dons de la fortune. Notons, avant de quitter ce sujet, que toutes les opérations de M. Rarnard portent le ca-

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chet de la plus stricte économie qui les met à la portée du plus pauvre cultivateur qui voudra limiter.

M. Casavant, secondé par M. Préfontaine, demande que le congrès vote des remorciements à M. Barnard pour l'obligeance qu'il a eu de leur faire visiter sa ferme et de leur avoir ensuite donné, dans la présente séance, tant de renseignements utiles et pratiques.

Shon. M. LaRue dit qu’il prend occasion de la motion de M. Casavant pour remarquer qu'il trouve bien étrange qu'un homme de la valeur de M. Barnard, et occupant une position aussi importante que la sienne au point de vue agricole, ne fasse pas partie du Conseil d'Agriculture. M. Casavant dit qu’il entretient la même opinion que l’hon. M. LaRue. M. Marsan fait remarquer qu’en effet M. Barnard a sa place toute marquée au Conseil d'Agriculture. Il suggère aux délégués des cercles ici présents de s'emparer de cette idée, de la faire valoir et de l’imposer à leurs députés respectifs, afin

ue ceux-ci la fassent, à leur tour, accepter par les ministres. Î importe aussi, et les essa's de M. Barnard ne font que mieux le prouver, qu’on travaille à obtenir des fermes modèles et des stations expérimentales, Il ne faut pas s’en rapporter au gouvernement fédéral pour cela. Et bien que notre gouvernement local ne soit pas riche, il espère que sur les instances des agriculteurs que cela intéresse tant, on finira par nous donner ce qu’il nous faut dans ce sens. Des remerciements sont votés à M. Barnard avec applaudissements.

M. J.-C. Chapais demande à MM. les délégués, avant la dissolution du congrès, de retourner chez eux avec la ferme résolution de travailler partout à la formation de nouveaux cercles. L'avenir est là pour l’agriculture.

M. Préfontaine se plaint que malgré les promesses faites que l’on donnerait des conférenciers aux cercles, dans les régions officielles, il sait qu’à sa connaissance des demandes de conférences n’ont pas été écoutées. Il propose donc, secondé par M. Gauthier, que l'hon. M. Larue, conseiller législatif, et les officiers du congrès forment un comité chargé de se mettre en communication avec le comité de l’agriculture de la Législature et avec le Conseil Exécutif d cette province pour y faire valoir les résolutions que le congrès a passées concernant les stations expérimentales, les fermes modèles, les octrois aux cercles, l'envoi de conférenciers sur demande, etc.

La motion est adoptée à l’unanimité et le premier congrès des cercles agricoles se dissout après avoir réélu les offciers actuellement en charge et qui sont : É

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Président.—M. l'abbé S. Garon, Ptre, curé de Saint-Gilles, comté de Lotbinière.

Vice-président.—M. l'abbé T. Montminy, Ptre, curé de Saint-Agapit, comté de Lotbinière.

Secrétaire.—M. Ed. A. Barnard.

Assistant-secrétaire.—M. J, C. Chapais.

Il n’y a pas à se tromper sur la haute signification que comporte cette première réunion du congrès des cercles agricoles. Des délégués sont venus de tous les coins du pays. La Baie des Chaleurs, le Saguenay, la Beauce, la région du nord de St-Jérôme, le lac Témiscouata etc., ete., ont envoyé des représentants dont quelques-uns ont fait 600 milles à travers la neige, harcelés par les tempêtes, arrêtés par les trains de chemin de fer en retard. Trois ou quatre cents délégués, cultivateurs, hommes dé profession, prêtres, sont venus à leurs frais, dans une saison pénible, passer trois jours à Trois- Rivières pour discuter au congrès les intérêts agricoles de la province. Ils ont scruté les grandes questions d'économie rurale et ils s’en vont chez eux avec un programme tracé par des hommes qui passent leur vie à travailler pour le bien de la société.

Résumons les travaux du congrès :

Discours sur les principes qui sont la base de la richesse et de la force des nations, principes que les cercles agricoles sont appelés à sauvegarder, par Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières.

Discours sur les bienfaits de l’agriculture, par le Révd père Herbreteau,S$. J., spécialement préparé pour le congrès des cercles, mais qui, par une bienveillante permission de la s0ciété d'industrie laitière, a été prononcé dans une des séances de sa convention.

Commentaires de M. Barnard sur le discours du Révd père Herbreteau, pour insister sur la nécessité de l’enseignement agricole et mettre en lumière le projet de Mgr Lafièche pour l'éducation agricole des enfants pauvres.

Discours de l’'Hon. M. LaRue démontrant la grande utilité des cercles, et leur promettant son chaleureux appui.

Visite à la ferme expérimentale de M. Barnard par bon nombre de membres du Congrès.

Conférence de M. Barnard sur les opérations de sa ferme expérimentale.

Résolution de demander à l’Episcopat la nomination de prêtres zélateurs des cercles.

Résolution approuvant le projet d'éducation agricole des

auvres, de Mgr Laflèche, et manifestant l'espérance que la égislature, ou le gouvernement, aidera à son exécution,

Protestation contre les insinuations faites par ie conseil d'agriculture contre les cercles agricoles.

Affirmation du principe que le Directeur de l'agriculture devrait faire partie du Conseil d'agriculture.

Résolution que les officiers du Cink se mettent en communication avec le Conseil Exécutif de cette province et avec le comité d'agriculture de la Législature pour y faire valoir les résolutions que le Congrès a passées concernant les stations expérimentales, les fermes modèles, les octrois aux cercles, l’envoi de conférenciers, ete., etc.

Voilà, certes, un beau bilan au crédit du premier congrès des cercles agricoles, et les délégués ne doivent pas regretter d'y avoir assisté.

Remercions, en terminant, les édiles de la cité trifluvienne pour avoir mis à la disposition du congrès les salles de l'hôtelde-ville, et les musiciens de la fanfare de la cité pour avoir bien voulu assister À nos séances et nous y donner de belle et

bonne musique.

J, C. CHapais.

Conférence de Sa Grandeur Monseigneur Lafièche, Evêque des Trois-Rivières, à la réunion des Cercles agricoles aux Trois-Rivières, le 20 janvier 1887.

Monsieur le Président, Messieurs,

Hier au soir, le révérend père Herbreteau a cru convenable de vous donner les raisons pour lesquelles, lui, prêtre et roiigieux, venait prendre la parole dans une réunion comme celle-ci, qui a uniquement pour but les choses de l’ordre temporel —-l’exploitation la plus avantageuse des ressources agricoles de notre pays—les développements et le perfectionnement qu’il faudrait donner aux productions de notre sol pour assurer à notre peuple l’aisance et la prospérité à laquelle il aspire.

À plus forte raison, la présence d’un évêque dans les mêmes circonstances doit-elle vous surprendre quelque

eu, et demande:t-elle aussi quelques mots d'explication.

e vous dirai donc que ces raisons sont les mêmes : car

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