‹ Premier debut de Dazincourt, comédie vaudeville en un acte Texte impriméChapitre 2 sur 22 · I.K R ARON , posant la gazette · texte numérisé non relu

I.K R ARON , posant la gazette

Ma foi , ma lille, lord Kinder ne vienl pas... ces bonis tle la mer doniienl un appétit du diable!... nous allons attendre, à table, mon gendre futur. M"* Dnpoiit, faites-nous servir le déjeûner.

M— DUPONT

Oui , M, le Baron.

(Le Baron entre dans une chambre à droite. —

Eugénie le laisse entrer et revient à M— Dupont. )

EUGÉNIE

M— Dupont, il ne vous est pas venu de nouveaux locataires!

M— dupont.

Non, Mademoiselle.

EUGENIE.

Ali ! mon Dieu, il arrivera trop tard !

Il— DUPONT.

Voilà bien l’impatience d’une jeune fille, qui attend son futur.

EUGÉNIE

Oh ! ce n'est pas de lui que je parle.

2 PREMIE DÉBIT DE DAZINCOCRT.

Dl : PONT. KINDER.

Ah! ah!., il est donc question d’un autre?

EUGÉNIE , confidentiellement.

Oui, d’un jeune homme charmant... un aiui de ma famille ; mais il reste à Paris , et pendant son absence , le baron de Gobcrvillc , mon père , a promis ma main au neveu d’un de ses amis de Londres ; je n’ai su cet arrangement qu’en quittant mon couvent , pour venir au H5vre....

M“* DUPONT

Et vous avez écrit au jeune homme chahmant?

EUGÉNIE

Oui ; mais il n’arrive pas... je ne sais que penser, je tremble !

Ai* : Pour 1c troutrr, jf cour» r,> Aile mapir .

11 me jurait de m'adorer sans cesse.

De vivre toujours sous ma loi.

Dans scs regards, je lisais sa tendresse.

Mais, à présent, qu’il est bien loin de moi.

Est.- il fidèle au serment qui l’engage?

On (Ili^hélas! que le coeur d’un amant,

(x>mme Du miroir, ne conserve une image Ou’autant que l’objet est présent.

• M“* DUPONT

Ce n’est pas vous que l’on oublie ainsi. Mademoiselle... cependant, ces hommes sontsi traîtres, si perfides!..

EUGÉNIE

Lui ! qui, en me quittant, me recommandait la constance!

*"• DUPONT

Ai* de l'Anoinme.

Les voilà bien t brûlant d’ardeurs nouvelles, Amans, maris, veulent, en vrais tyrans,

Nous obliger à demeurer fidèles ,

Et s’affranchir de tenir leurs sermens.

De ces Messieurs, oui, tels sont les usages,

Quand il leur plaît. Us rompent leur lien,

Et nous devons, toujours, à ces volages.

Garder un cœur dont ils ne font plus rien !

EUGÉNIE

Ah! si je savais qu’il me trahît ! je crois que, de dépit, j’aimerais le mari que Pou veut me donner. (Elle rentre.)

M"* DUPONT

Pauvre enfant !... ce serait dommage de la donner à un Anglais... ah ! justement, en voici un !.. est-ce que ce serait le futur insulaire?

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