‹ Premier livre de lecture des écoles BerlitzChapitre 24 sur 69 · LE COCHER BIEN PAYE · texte numérisé non relu

LE COCHER BIEN PAYE

L'empereur Alexandre I^^ se promenant à pied selon son habitude et se voyant menacé d'une pluie, prit un droschki sur la place et se fit conduire au palais impérial. Arrivé là, il fouilla dans sa poche et s'aperçut qu'il n'avait pas d'argent sur lui. Alors, descendant du droschki : Attends, dit-il au cocher, je vais t'envoyer le prix de la course. — ^Ah! oui, dit le cocher, je n'ai qu'à compter là-dessus !

— Comment cela? demanda l'empereur étonné. — Oh! je sais bien ce que je dis. — Eh bien, voyons, que dis-tu? — Je

dis qii^autant de personnes que je mène devant une maison à deux portes et qui descendent sans me payer, autant de débiteurs que je ne revois plus. — Comment ! même devant le palais de Tempereur? — Là comme ailleurs, les grands seigneurs ont si mauvaise mémoire ! Ainsi donc, que Votre Excellence cherche bien dans ses poches ; je suis sûr qu'elle y trouvera de quoi me payer.

Ecoute, dit l'empereur, voici mon manteau, il vaut bien la course, u'est-ce pas ? Eh bien ! garde-le, tu le remettrai à celui qui t'apportera l'argent. — A la bonne heure, dit le cocher, vous êtes raisonnable, vous.

Un instant après, le cocher reçut, en échange du manteau resté en gage, un billet de cent roubles. L'empereur avait payé à la fois pour lui et pour les autres.

Page 1