‹ Premier livre de lecture des écoles BerlitzChapitre 51 sur 69 · LE LOUP ET L'AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L'AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure ;

Nous Pallons montrer tout à Theure.

Un agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure.

Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité Sire, répond F agneau, que votre majesté

Ne se mette pas en colère,

Mais plutôt qu'elle considère

Que je me vas désaltérant

Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'elle; Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles ! reprit cette bête cruelle; Et je sais que de moi tu médis l'an passé. Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né?

Reprit l'agneau ; je tette encore ma mère

— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère»

Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens, Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge. Là-dessus au fond des forêts Le loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès.

La Fontaine.

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