AB
Cette expérience démontre que les courans de mercure jouissent des mêmes propriétés générales que ceux d’air et d’eau. Mais la nécessité où l’on est
d’effiler le tube de verre FG pour rendre le mouvement de l’index sensffile , montre que les pressions transversales des courans de mercure sont beaucoup plus grandes que celles des courans des deux autres fluides que j’ai considères.
Je ne donne point ici les valeurs nume'riques de ces diverses pressions des courans , vu qu’il est nécessaire d’exposer préalablement plusieurs propriétés du mouvement des fluides sur lesquelles leur mesure est fondée (i).
Lorsque les courans fluides ne sont pas verticaux, les pressions qu’ils exercent sur un petit corps placé à leur surface ou dans leur intérieur , ne suivent pas une loi aussi simple , parce que la pesanteur vient compliquer les effets 5 cependant les résultats généraux diffèrent peu de ceux que nous venons de voir au sujet des courans verticaux.
Il est aisé maintenant de comprendre la cause des mouvemens produits dans un milieu par un courant qui le traverse. En effet , soit AB (Fig. ao) un courant vertical dirigé dans l’atmosphère , et soit m une molécule d’air située près de lui. Il est clair que dans
(i) Si l'on veut seulement prendre une idëe des phénomènes que je viens d'exposer, rien ne sera plus facile : il suffira de placer dans an vase contenant de l'eau un tube fin CD (Fig. 18) ouvert par les deux bouts et de diriger tangentiellement à son orifice C un courant d’air BAC. On verra alors l'eau s'élever dans le tube CD au-dessus du point où elle était avant que le courant d'air ne vint passer en C.
Si l'on recourbe ce tube, ainsi qu’on le voit (Fig. ig) , on pourra en dirigeant convenablement le courant par rapport à son orifice C , observer par l'élévation de l'eau dans ce tube , les pressions relatives à diverses inclinaisons du courant sur la'face C , pourvu que ces pressions soient moindres que celle de l'atmosphère.
les directions am^ a'm’^ a"n^'f a*^m^ cette
molécule sera soumise à la pression de l’atmosphère 5 que dans les directions cm , c'm , etc. les pressions qu’elle éprouvera seront plus petites , et que dans des directions telles que dm elles seront plus grandes que celle de l’atmosphère. En conséquence la molécule m sera poussée vers le courant dans une direction telle que mb. Il en sera de même pour toutes ^ les autres molécules m', m"^ etc. situées auprès du courant. Si l’on envisage maintenant une molécule plus éloignée /?, elle sera soumise d’un côté à la pression de l’atmosphère en repos , de l’autre aux pressions des courans m'ô', etc 5 et l’on verra, en répétant les raisonnemens précédens, qu’elle doit suivre une ligne telle que pn inclinée sur mb. Considérant ainsi des molécules de plus en plus éloignées du courant , on sera amené à conclure que l’une quelconque d’entre elles s doit suivre en s’en approchant un chemin tel que srqpnm^ ce qui s’accorde avec les expériences rapportées dans le chapitre premier. On voit par là que ce n'est pas ■une force attractive qui produit le mouvement des molécules du milieu vers le courant , mais que ce mouvement est dû aux pressions diverses qui agissent en chaque point sur les molécules de ce milieu. f
II reste encore à examiner quelle peut être la cause des effets que j’ai désignés par le nom de pressions qu’un courant exerce dans tous les sens sur un corps infiniment petit qui est en repos à sa surface ou dans son intérieur. C’est une question
sur laquelle je me propose de revenirquand Je ferai connaître les valeurs numériques de ces pressions diverses.