‹ Premier péché [microforme]Chapitre 5 sur 10 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

À une vieille amie, qui connaît les plus petits replis du cœur

humain, toute triste, je narrai le vide de ces vies, hier encore si brillantes de promesses. Dans les yeux gris de ma confidente, passcient des lueurs attendries, et songeuse, revoyant d’autres tristesses, elle murmurait : “C'est l'éternelle histoire : on croit de part et d'autre à la perfection, et l’on ne veut pas pardonner la désillusion. On boude son rêve, on pleure son idéal, quand il serait si facile d'aimer la réalité.

“Vois-tu, ils ont tort tous deux de ne pas se comprendre : la jeune femme aime son mari, mais elle oublie qu’elle a de l'esprit, et néglige de le lui prouver ; lui, la croit sotte, et de là résulte un agacement qui se manifeste en paroles acerbes d’un côté, en larmes de l'autre. Ce qu’il regrette chez elle, c'est l’amie fine et joyeuse, l'accueillant par un mot spirituel et aimable qui fait trouver meilleur le baiser. Il manque la confidente qui écouterait ses projets, lui suggérerait des plans, lui trouverait des combinaisons ; il est malheureux de tout cela, et si tu lui laissais entrevoir la cause de ses ennuis, tu en entendrais de belles...Un homme ne souffre jamais d’être guidé, mais il suit parfaitement la direction indiquée par une femme, lorsque cette femme possède la diplomatie délicate qui inspire tout, rien que dans la façon d'approuver. Dans la faiblesse, réside toute la force : pourquoi cette jeune amie ne le comprend-elle pas ?”

Hélas ! elles sont nombreuses, les jolies petites qui s'égarent ainsi dans les nuages ; elles planent dans les régions idéales, et ne veulent plus redescendre dans le domaine de la réalité. Une femme doit être l'amie, la confidente de son mari : son sourire lui sera une sauvegarde, son esprit, une force, et sa bonté, un doux soutien...

Alors, on ne verrait plus la chute d’un ange !

Comment le Chœur choisit

—C'est votre dernier mot, Mina ?

—Le dernier, oui, mon ami : je vous ai dit pourquoi je ne prenais pas part à cette excursion... Alors, c'est bien inutile d’insister...

— Ainsi, vous refusez de venir avec nous, parce que Yvrtte M. est invitée ? Et il ne vous convient pas de frayer avec cette jeune fille, parce qu’elle travaille ? Voyons, Mina, êtes-vous bien raisonnable, et ne pouvez-vous pas oublier ce détail pour me faire plaisir ? Je serais si content de vous voir près de moi, sur notre joli yacht ; nous y causerions de si douces choses...

La voix de Maurice se faisait caressante, il se penchait vers la iclie Mina, dont la fine bouche avait un pli dédaigneux, et l'enveloppait d’un long regard où l'amour et le chagrin se lisaient : elle ne vit rien ou refusa de voir.

Son petit pied battait nerveusement Je tapis ; il vit son impatience,

—Ces préjugés, ma chère, ne sont plus de mise, et je ne puis guère demander à Mile Yvette de rester chez elle ; tous nos amis sont heureux de la recevoir, elle est, me dit-on, fort gentille et jolie, bien élevée ; d’ailleurs, n’avez-vous pas grandi ensemble, chez les Ursulines ?

—Oh ! parfaitement, mais les temps ont changé. ..et puis, elle m'agace !...

—Mina, voulez-vous me faire un sacrifice ? Venez avec moi, j'ai besoin de vous, aujourd’hui, vous savez combien vous m'êtes précieuse ; il me semble que vous conjureriez l'influence que je sens planer sur moi...Mina, voulez-vous être ma mascotte ?

Il avait parlé avec émotion. Leurs regards se croisèrent, tous deux chargés de tendresse. Elle allait répondre et dire oui, quand une main souleva la portière et dans l'encadrement, une femme parut. Mina, dans un geste de regret, articula faiblement :

—Demandez à maman ?..

Maurice tourna vers la majestueuse femme les flots de son entraînante éloquence,

La figure de la mère se contractait : d’un ton compassé, elle refusa nettement,

—Non, finit-elle, de ce ton froid qui semble sortir de quelque

glacier ; je veux épargner à Mina les ennuis d'un rapprochement avec certaines personnes qu'elle ne pourra convenablement rencontrer à la ville,

Et comme Maurice allait encore parler :

—N'insistez pas, fit-elle, Mina a raison de rester et je l'approuve, en vous blämant de n’en pas faire autant.

—Je ne le pourrais, Madame : on compte sur moi, pour guider le yacht ; vous savez que je suis un peu marin ?...

Et il se redressa fièrement, fort élégant dans son costume négligé.

11 s’en allait, Mina s’appuya sur la clôture du petit jardin dont elle venait de parcourir l'allée avec Maurice ; sa tête gracieuse se posa sur ses bras demi-nus et ses tresses brunes faisaient encore ressortir la blancheur douce de la peau ; elle était ainsi séduisante au possible. Ses grands yeux bruns dégageaient des caresses.

—Maurice, n’y allez pas !

Et la supplication montait ardente du meilleur de l'âme.

Le jeune homme s'arrêta à ce cri sincère.

—Mina, venez, je vous en prie! C'est étrange, n'est-ce pas, mais il me semble que nos vies se séparent ici, et je me sens tout meurtri...Venez !

Froissée, d’un grand geste, la jeune fille refusa, et sans un adieu, elle s'enfuit au milieu des arbres...Il regarda sa robe blanche flotter : quand il ne vit plus rien, un soupir le secoua tout, €: il se mit à marcher vers la grève . . ... PES ee

Toute une gaie compagnie caquetait et riait, On salua de grands cris son arrivée.

—Venez donc, vilain, qui retardez notre départ—Ce n’est pas gentil de se faire attendre ainsi—Vous abusez de votre pouvoir, sachant que nous ne pouvions partir sans vous. Et Mina? Qu’'avezvous fait de Mina ?—Pourquoi Mina ne vient-elle pas ?— Voyons, expliquez-vous.—Parlez.—Dites quelque chose —Que devient Mina ?

Et toutes ces phrases se confondaient : il avait à peine le temps de sourire à chacun. Enfin, on se tut, et lui, répondant à la plus pressante question :

—Mlle Mina C. ne peut venir ; elle a la migraine, ajouta-t-il précipitamment, cette raison banale lui venant aux lèvres dans sa hâte de dire quelque chose de raisonnable, lui qui n'avait pas encore songé à une excuse.

Il perçut un long murmure, et confusément cette phrase vint jusqu'à lui : il la devina peut-être ?...

go Premier Péché

—C'est parce qu'Yvette M, est ici, Mina est très fière, —et elle a raison !

Il sentit que ces mots se répétaient dans les mille chuchotements arrivant à son oreille, et une immense pitié inonda son cœur,

Si, elle, l'entendait, cette mauvaise phrase ?

Et d'un regard attendri, il la chercha à travers la foule joyeuse, Tous, il les connaissait ; elle seule Jui était inconnue, Comme elle u'était à X, que depuis deux jours, il ne l'avait pas encore rencontrée.

souffrait, même de ses rares joies...

Sur le beau fleuve, le yacht se berçait, la vague avait des amollissements, et sa douceur ouatée endormait d'illusions. La jolie figure d’Yvette M, n'avait Pas perdu son ombre, et Maurice, qui la regardait souvent, s’attristait de cette tristesse. De tout le jour, il ne l’approcha, l'observant avidement ; sa grâce séduisante l'impressionnait, et de toute son énergie, il réagissait contre cette impression, évoquant dans le même cadre les yeux ardents de Mina.

Mais Mina avait perdu de son charme, en révélant sa sotte

fierté

Le soleil se couchait au delà des montagnes : c'était un resplendissement, La nue avait des teintes opalines, mauves, vertes, reses et bleues ; à l'horizon la ligne bleue prenait des tons sombres. Cette irradiation recevait le baiser de hauts arbres, et cette caresse majestueuse mettait de l'attendrissement dans toute la nature. C'était trop beau !

Maurice s’appuya sur une voile repliée, s’abandonnant à üne rêverie où la pensée n’était plus agissante.

Tout près de lui s’entendit un soupir : il le sentit baigné de larmes ; et, se retournant, ‘< fins traits d'Yvette lui apparurent, idéalisés de toutes les teintes radieuses de l'horizon charmeur.

—C'est beau !

La même exclamation s'échappa de leurs âmes.

Et de sentir vibrer son admiration dans une autre adm'ration, Maurice éprouva une folle joie. Il s’assit là, tout près d'elle, et se mit à lui causer de la nature si bien comprise ; il lui confia ses as- Dirations, lui révéla ses goûts, lui esquissa son rêve de bonheur :

Premier Péché C7

celui d’être compris et aimé... Il parlait, sentant des effluves doux— d'un autre cœur, voler vers le sien, et si profondément heureux qu'il eut peur.

—Oh ! Mina, qu'as-tu fait ?

Ce cri jaillit spontanément, mais mourut au plus profond de la pensée ; et la délicieuse figure de la jeune amie disparut avec les derniers rayons du soleil expirant.

Il voulait entendre Yvette ; cette voix douce lui caressait le cœur : il avait besoin d'écouter cette mélodie. Elle parla, lentement, avec des notes attendries, comme si la beauté de ce jour mourant avait droit à sa confidence, Elle confia larmes et sourires, car c'était au flot qu’elle parlait, oubliant que lui était là, tant déjà il se confondait dans la grande sympathie des choses berçantes.

Maurice regardait la frêle enfant avec une pitié admirative : ainsi elle avait eu la force de se lancer dans la mélée, le jour où la fortune lui tourna le dos, et l'enfant, choyée hier, était devenue la vaillante femme prête au combat. Elle Jui apparut grandie, et si grande, si - ande, que nul piédestal n’était digne d'elle,

La j 148 du matin lui dansa dans l'esprit ; il voulait savoir :

—Vis amies vous consolent de maints ennuis ?

Elle secoua sa blonde tête,

—Des amies ? Oh ! je n’en ai guère. Et n’avez-vous pas compris bien des humiliations ce matin même. ..car j'ai entendu toutes lec phrases qui accueillaient votre arrivée.

Sa voix avait de l'amertume, elle se teint: d’attendrissement :

—Mina était bien gentille, pour moi, jadis, mais alors, j'avais mon père !.…..

Elle se tut, et tous deux regardèrent le ciel ; quelques étoiles éblouissaient, la lune blanchissait la nue, et par une coquetterie séductrice, choisissait pour miroir la vague rayonnante. Le clapotis très doux apportait des chansons ; des rives venment mille frémissements enivrés. Tout disait d'aimer, et Maurice ne résista pas : il saisit la petite main, et d’une voix toute frémissante de la poésie qui idéalisait ciel, terre et onde, il murmura :

—C'est beau !

—C'est beau, répéta-t-elle : et leurs deux cœurs, ainsi se donnèrent,

Elle l’attendait, ce soir-là, dans son petit salon, tout parfumé du bouquet reçu le matin même, et qui comptait sur les pétales de ses roses tant de baisers,

Il lui apparut plus beau encore, avec, dans ses yeux gris, un

ge Premier Péché

reste de l'éblouissement recueilli Je soir où la lune souriait à l'éclosion de leur tendresse.

La grâce fine d'Yvette rayonnait dans ce milieu créé par elle, et qui lui servait délicieusement de cadre, Tout y était discret et d'un goût charmant, Maurice s'y trouva encore plus heureux que sur le pont du joli yacht blanc, et avec abandon, ils causèrent,

11 voulait connaitre tout de sa vie, et ce qu’elle n'avait pas dit l'autre soir, il le lui demanda, dans le recueillement parfumé du joli appartement.

—Etes-vous heureuse ?

Elle lui sourit lumineusement.

—Heureuse, mais comment ne le serais-je pas ? J'ai compris la vraie signification du devoir, il a consisté pour moi dans la lourde tâche de disputer mon pain à la lutte quotidienne. Aucune amertume ne m'est venue, et je suis heureuse tous les jours de remplir mes heures de travail, et tous les soirs, je m’endors satisfaite d’un vrai contentement.. .

Elle parlait tout simplement ; un demi sourire se jouait sur sa lèvre ; on la sentait heureuse, et sa joie réconfortait.

—Et vos amies ? interrogea-t-il, pendant que sa pensée rejoi- &nait la fière Mina...

Les yeux bleus d'Yvette eurent une lueur amusée,

—Les ares, dit-elle gaiement, les sincères sont restées miennes, et les autres. .elles ne l’étaient pas |—Et avec son franc sourire :

—Je ne leur donne pas l'honneur d'un regret !

Maurice comprit cette vraie femme, intelligente, exquise et fcrte. si différente de l'autre, Un désir irrésistible lui vint de saisir le bonheur qui était là, tout près de lui. Il Savoura, une par une, toutes les ivresses qui lui montaient au cœur, et se penchant yrès de l'oreille rose, toute jolie dans l'attente de l’aveu :

—Yvette, je vous aime ! Voulez-vous m'aimer !

Il y a des mots qui ne disent rien.

Les yeux expriment tout.

“Il me semble que vous Conjureriez l'influence que je sens planer sur moi... Mina, voulez-vous être ma mascotte ? "”

Pour la vingtième fois, la brune jeune fille relisait ces mots inscrits dans un petit cahier rouge où dormaient tant de rêves. Une larme les mouilla, et ce fut tout.

A la dernière page du Journol, d'une écriture peut-être un peu tremblante :

“ Maurice, j'ai été votre mascotte, ma fierté vous vaut le vrai bonheur...

“ Et moi, les larmes m'ont purifiée, et je deviens bonne.

“Heureux tous deux, soyez-le 1”

La reliure rouge dormit sur ce souhait touchant, mais il dut s'en échapper une senteur douce qui parfuma plus délicieusement “encore l'enivrement des deux êtres qui mélaisnt leurs cœurs, leurs pensées, leurs vies.

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Folie

Le cher coin embaumait les roses. Le buisson voisin avait été dévasté, Pour rendre plus souriant l'endroit délicieux où se vivrait, ce soir, encore une page de l'idylle. Elle attendait, Ja blonde Valérie, idéalisée par le rêve doux qui mélancolisait le brun pâle de sa prunelle, et attendrissait le fin rosé de ses joues. Devant son Piano, toute ravie, elle pensait aux instants qui venaient, sa tête gracieuse tonte penchée pour laisser voir la blancheur douce du cou, où se jouaient de petites boucles, follettes voleuses de baisers.

Prise du besoin d’exhaler un peu de l'allégresse imprécise qui chantonnait en son âme, elle joua des mélodies écloses d’un rêve, romances fines, dont chaque note rendait une étincelle douce, et toute la flamme rayonna dans des accords timides, suppliants, passionnés. Elle frissonnait maintenant, comme si toute la chaleur de son être s’en était allée, et dans un sanglot qui monta lentement, le Piano harmonisa :

* Voici l'instant suprême."

Aver une expression déchirante, elle se mit à chanter le funèbre adieu, et les roses qui écoutaient cette explosion douloureuse penchaient leurs corolles, soudain pleurantes.….,

Dans l'encadrement des portières élégantes, un beau jeune homme venait de s'arrêter : l'œil en flamme, la lèvre crispée, les icues blanches, il écoutait, et dans l'attitude de cet homme, il y avait quelque chose de terrible.

Elle chantait toujours la suprême plainte de Schubert... Quand le dernier accord mourut, on l’entendit, lui, qui disait, en une supplication :

—Valérie !

La jeune fille releva sa jolie tête où la joie venait de tout effacer, et venant vers lu, elle tendit ses petites mains qu'il retint dans les siennes, en demandant :

—Pourquoi chantiez-vous. . .cela ?

Elle haussa les épaules comme pour se débarrasser d’une étreinte, et son regard se fit fixe ;

—Etrange, n'est-ce Pas, mOn pauvre ami, mais je me sens brisée, comme à l'approche de jours horribles, Il me semble que veus vous en allez, que je ne vous verrai plus...que vous ne

Premier Péché os

m'aimez pa, ?...Elle Je regardait pour arracher de … yeux, la réponse cherche,

11 reprit les petites mains qui étaient froides et moite-, Maintenant,

—Vous divaguez, Valérie, venez au Piano, et laissez-moi entendre mes morceaux favoris, Jouez-les-moi, tous, le voulez-vous, ma chère mucisienne ?

Elle se laissa conduire comre une enfant qu’elle semblait être encore, cette frêle petite, si séduisante, si jolie...Mais la douleur Qui venait à elle la ferait femre, demain.

La douce amoureuse joua avec tout son talent charmeur, elle dit, de sa voix idéale et fière, son &.lOur, ses craintes, ses joies, ses espérance. 1] l'écoutait, enivré du parfum des roses et de la grâce d® cette autre rose, qui ne vivrait Peut-être, elle aussi, qu'un jour. Silencieusement, les larmes vinrent,

Quand elle eut fini il était tard. Déjà l'heure des adieux était venue. Tous deux se regardaient, pris d'une angoisse inexprimable,

Au moment de se séparer, il s'agenouilla ‘out près de la jeune fille, et avec un regard priant :

—Valérie, quoi qu'il arrive, Promettez-vous de ne m'en jamais vouloir ?

—Pierre, fit la Pauvrette apeurée ; Pourquoi parler ainsi ?

—Répondez-moi, Chère, répondez-moi ?

D'une voix étouffée, elle articula :

—Je mourrai plutôt !

Ce fut tout. Dans le salon obscur, les roses Pleurèrent toute h nuit de ce samedi,

A la messe, elle arriva en retard, ce dimanche-là, la jolie veilleuse d'iner ; elle avait sans doute trop rêvé. Le prêtre montait les marches de la chaire, et elle était encore à genoux, quand js prononça :

—1l y a promesse de mariage entre M. Pierre N. et Mile M. C.

Elle n’entendit que ces deux noms !

La pauvre ne s'effondra pas, elle resta là, ; ‘ante, avec dans ses yeux purs une lueur vague, et pendant que ces noms fui entraient au cœur comme des épines que l'on enfonce et que l’on retire pour les enfoncer encore, elle murmurait, tout bas, tout bas,

—Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !

Dans son âme, ce mot montait avec la prière ardente d’être délivrée. “ Mon Dieu. Secourez-moi ! Mon Dieu, épargnez-moi ! Mon Dieu, cela ne se peut pas 111”

Elle resta ainsi toute Ja messe, anéantie sur son banc, ne voyant rien, n'entendant rien, ne disant rien que ce cri: Mon Dieu !

épaules se ployaient, pendant qu'elle allait au hasard, répétant toujours d'une voix à jamais brisée : —Mon Dieu, ce n'est pas vrai?

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