‹ Premier siècle de l'Académie royale de Belgique [microform]Chapitre 12 sur 35 · CONGRÈS · texte numérisé non relu

CONGRÈS

de statistique.

runîformité et les avantages (*). On a pu faire, à Bruxelles et en quelques jours, ce qu'on n'aurait pu obtenir que dans une suite d'années, si un Gouvernement, seul, avait conçu l'idée de coordonner et de faire exécuter les plans.

On conçoit de quel avantage est, d'une autre part, la surface des mers partagée par une série de méridiens équidistants et tous séparés par une seconde série de plans parallèles qui leur sont perpendiculaires. L'idée de projeter ensuite, sur une carte construite de cette façon, les profondeurs correspondantes des mers, donne un autre système de cartes du plus grand intérêt.

Du reste, M. Maury, qui a conçu la carte maritime dans tous ses avantages, n'est pas homme à laisser inaperçus les détails auxquels il peut atteindre, et, dans ce moment même, je ne crois pas être indiscret en communiquant son idée (*).

Pendant le mois qui suivit le congrès maritime, eut lieu le premier congrès international de statistique qui se réunit le 19 septembre i 853, dans la grand'salle de l'Académie royale des sciences,

0) Bien que mon nom figure parmi ceux des membres distingués de la confcrence, et que je me trouve même désigné comme son président, on conçoit que c'est une preuve de la courtoisie de ces mêmes marins que l'on représente ordinairement comme si sévères et si attachés à leurs prérogatives.

0 Au moment où j'écrivais ces mots, je recevais une lettre du célèbre Américain, qui, malgré les malheurs qui l'ont assailli, n'ont fait que développer davantage ses sentiments. Voici les mots que je crois pouvoir extraire de sa lettre au sujet du congrès de statistique qui doit s'ouvrir dans quelques mois à Saint-Pétersbourg : . I cannot express to you the pleasurable thrill which ran through my veins wheu r recognised your handwriting lo the invitation to your centennial. Plunged against my wiU into the whirlpool of révolution, I hâve been sorely tossed , but always having on my side the mens conscia, One of my chief sources of regret was the séparation wich this révolution placed between me and friends, yourself among the dearest of them.... Neverlheless as you will see by the papers mailed with this, I am as earnest as ever in the grcat Rcpublican cause of science. I am trymg now to do what we joint would bave donc in our congress of 1853, and which you did us the favor to préside, and from which dates an era both in meteorology and physical research at sea.J.hope you will not forget to allude in your adresstothat congress, and the important inHuence which it bas had in encouragmg the advancement of meteorology and the progress of physical research at sea... «

PAR M. A. QUETELET

des lettres et des beaux-arts ainsi que de l'Académie royale de médecine. Les convocations avaient été faites par les Ministres de l'Intérieur et des Affaires Étrangères, au nom du Gouvernement belge; et les séances furent tenues par les soins de la Commission centrale de statistique du royaume.

Aux invitations du Gouvernement, avaient répondu la France, la Grande-Bretagne, l'Autriche, la Prusse, la Saxe, la Bavière, le Wurtemberg, la Suisse, le Piémont, l'Espagne, le Portugal et des députations de la plupart des sociétés scientifiques les plus illustres de l'Europe.

Dès sa première session, le Congrès de statistique put s'entendre parfaitement sur la marche à suivre. II ne craignit pas d'aborder l'étude de la population dans sa plus complète étendue, ni de reconnaître, avec le même soin, l'étude du matériel social. La plupart de ses membres étaient préparés, par l'expérience même, à ces rudes labeurs; ils parvinrent, par leurs soins et leur expérience, à organiser les travaux d'une manière régulière, à tracer des cadres exacts et comparables pour les différents pays civilisés. Ce travail opiniâtre, fait avec la plus vive ardeur et avec le désir qu'aucun pays ne restât inférieur aux autres dans la connaissance de ses éléments les plus essentiels, produisit des succès inespérés.

De nouvelles assemblées eurent lieu à des distances de deux à trois années d'intervalle. Les délégués des États se réunirent depuis successivement à Paris, à Vienne, à Londres, à Florence, à Berlin, à la Haye; et, à la suite de chacun des congrès tenus dans ces villes, on publia, par les soins des commissions locales et aux frais de l'État, les résultats généraux obtenus.

Ainsi, dès le principe, se développèrent les premières idées de la statistique générale. On étudia la marche à suivre afin de reconnaître les méthodes sur lesquelles il fallait s'appuyer, pour former, en un mot, une statistique du monde civilisé, et lâcher de parvenir, en même temps, à une uniformité de mesures et de poids, à une identité de langage et à l'étude de tous les moyens

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PKEMIEH SIÈCLE DE l'aCADÉMIE, ETC.

propres à rendre immédiatement comparables les étalons des mesures observées. Il a suffi de moins d'une vingtaine d'années de travaux semblables pour répandre l'unité la plus grande entre tous les pays civilisés du monde entier.

Ces avantages obtenus sont trop récents pour qu'on puisse les apprécier d'une manière complète : et quel peuple, pris isolément, aurait jamais pu atteindre à des résultats aussi grands, s'il avait osé les entreprendre seul.

S'il est un système qui ait des chances de réussir, c'est celui qui assure des droits égaux à tous : c'est celui qui met le sort des nations sous la protection de tous les peuples, et qui livre la discussion à des juges sachant respecter les droits communs.

La Belgique, en contribuant à organiser un pareil système international , aidera à former une institution qui sera jugée plus tard. Les besoins de la société sont grands; nous entrons dans une ère nouvelle, et peut-être y-a-t-il imprudence pour les hommes instruits, pour ceux surtout qui ont entre les mains le bonheur des peuples , de vouloir fermer les yeux sur ce nouvel avenir que les progrès des sciences et de l'homme en général réclament de leurs soins.

Nous, Académiciens belges, nous saluons aujourd'hui un premier siècle d'existence; nous avons essayé d'en apprécier la marche : ne craignons pas d'avouer les lacunes que nous y trouvons encore; espérons que nos successeurs sauront y remédier, et si nous n'avons pu suivre pleinement la route nouvelle qui s'ouvre si brillante et si belle devant nous, notre passé nous garantit que l'on peut tout espérer de notre avenir.

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