CONFERENCE
maritime.
que tiennent à lui payer ses collègues, nous ne pouvons que regretter encore Tillustre confrère (*) que nous venons de perdre et qui nous manque sous tant de rapports (*).
Il est une qualité que possède le Belge, mais dont il n'apprécie peut-être pas assez les avantages : c*est ce sentiment peu estimé du grand nombre, mais qui souvent est d'un puissant secours pour le penseur, c'est l'aptitude à ne pas quitter un sujet d'étude sans l'avoir examiné à fond. Cette ténacité, si dédaignée, produit souvent les meilleurs fruits et permet aux plus beaux germes de mûrir. Mais le siècle marche en général sans s'apercevoir de ses tendances. Tout se développe, et chacun semble regretter de voir ses idées trop conformes à celles de son voisin. Une œuvre qui serait fécondée par les pensées de plusieurs personnes intelligentes, si elles pouvaient s'entendre, perd par cela seul tout son mérite en suivant les idées acquises. Il est sans doute des difficultés qui s'opposent à une autre marche , mais les choses en sont venues à ce point, où bientôt cette manière de voir égoïste sentira le vide qu'il faut savoir franchir.
Qu'on me permette, en terminant, de parler de deux sujets intéressants pour la science qui ont pris naissance à Bruxelles et, pour ainsi dire, au même instant : l'on pourra mieux juger ensuite si ma pensée exagère les résultats que l'on en peut attendre.
Pendant les mois d'août et de septembre 18S3, s'est réunie à Bruxelles, sur l'invitation des États-Unis et par l'intermédiaire de M. F. Maury, directeur, à cette époque, de l'Observatoire de Washington, une conférence maritime pour l'adoption d'un système uniforme d'observations météorologiques à la mer.
(') François Fétis j à lui appartenait Thonneur de commencer pour Thistoire de Tart dans nos contrées, cet hommage que nous avions à rendre à nos artistes les plus distingués. Ses talents et la vigueur de ses pensées, malgré son grand âge, nous faisaient espérer cette initiative qui a été ravie à notre espoir.
(■) On peut voir les travaux nombreux qui ont été publiés sur Thistoirc de Part par MM. Van Hasselt, Alvin, Éd. Fétis, De Busscher, Siret, De Burburc, Stappaerts.
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Les invitations avaient été faites un peu tardivement; néanmoins plusieurs des principaux Etats purent prendre part à la conférence et en assurer le succès. C'étaient les Etats-Unis d'Amérique représentés par M. F. Maury, que nous venons de citer; la Grande-Bretagne, par MM. le capitaine Beechey, membre du Board of Trade, et Henri James, capitaine au corps royal du génie; la France, par M. A. Delamarche, ingénieur hydrographe de la marine; la Russie, par M. Alexis Gorkovenko, capitainelieutenant de la marine impériale; les Pays-Bas, par M. H. Jansen, lieutenant de la marine royale; le Danemark, par M. P. Rothe, directeur des cartes de la marine ; la Norwége, par M. Nils Ihlen, lieutenant de la marine royale; la Suède, par M. Cari Anton Pettersson, premier lieutenant de la marine royale; la Belgique, par MM. A. Quelelet, directeur de l'Observatoire royal, et Victor Lahure, directeur général de la marine. Les travaux de cette conférence, commencés le 23 août 18S3, furent terminés le 18 septembre suivant. (*)
Cet ouvrage est trop répandu pour que nous cherchions à le faire connaître ici; son importance comme sujet scientifique, et les résultats nombreux qu'il a produits rendent ces recommandations inutiles; on sait du reste combien il a rendu de services à la navigation et combien il a contribué à diminuer le temps des voyages de long cours. Nous avons cru cependant devoir signaler ici l'un des exemples les plus frappants des avantages qu'on peut retirer des discussions des hommes les plus instruits, choisis dans les différentes nations, pour faire adopter rapidement l'emploi des méthodes les plus utiles et en assurer
(') Les séances eurent lieu, chaque jour, et de la manière la plus régulière, dans les appartements que le Ministre de Tintérieur, M. Piercot, avait bien voulu mettre à la disposition du congres. Les résultats de ce congrès, publiés par les soins du Ministère, sous format in-i®, et dans les deux langues française et anglaise, furent publiés aussitôt après. On sait que le grand ouvrage de M. Maury intitulé : Sailings directions j fut imprimé ensuite dans les différents pays. On a compté jusqu'à dix éditions différentes écrites en anglais qui furent publiés avec le plus grand soin , et avec les plans et les cartes nécessaires.