‹ Premier siècle de l'Académie royale de Belgique [microform]Chapitre 14 sur 35 · NU · texte numérisé non relu

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Texamen des ouvrages qui auront concouru pour les remporter, de la tenue des assemblées publiques et particulières.

Le comte de Cobenzl ne fil usage de ce mémoire qu'au retour du chef el président comte de Neny, qui était alors à Vienne, avec lequel il s'était [»roposé de discuter la matière. On est convenu d'abord de demander là-dessus l'avis du chanoine de Tournay, Nelis, homme rcoommnndable par ses lalens et ses connaissances, et dont j'eus Thonneur de présenter à Votre Sacrée Majesté Impériale et Apostolique une belle oraison funèbre latine de S. M. l'empereur François, de glorieuse mémoire.

Nelis forma en conséquence la note ci-jointe n*» 2. Quoiqu*Jl y applaudisse aux vues qui ont dicté le mémoire de Schôpflin,i] n'adopte cependant pas son opinion sur l'établissement de l'académie. Il croit, au contraire, que, sans songer à des entreprises brillantes, il faut commencer par une société particulière de savans, sans lettres-patentes, sans annonce publique, sans forme fixe et établie, sans enfin prescrire à cette association des loix par un règlement stable et formel. Tous les objets, selon Nelis, doivent également être embrassés par ces gens de lettres; aucun ne doit leur être prescrit. Selon lui, il suftira qu'on exhorte tout le monde de s'exercer de préférence dans l'histoire naturelle ou civile de la patrie, et de statuer que chaque académicien ait à fournir un mémoire tous les trois mois, et les lettrespatentes, la forme et l'institution pourront être dififérées à des temps où l'expérience aura indiqué quelle marche il faudra suivre. Nelis pense que, parce tempérament, on ne compromet pas la gloire du gouvernement, attendu que, si le succès ne répondait pas à l'attente, il ne résulterait aucun inconvénient d'un essai pareil.

Il se borne donc à proposer la nomination de quelqu'un d'entre les associés, qui serait comme le centre de la correspondance, qui recueillerait et rédigerait les différentes productions, qui, en outre, en rendrait compte au chef, protecteur ou président de la société; et il souhaite que ce dernier se prèle à tenir chez lui, tous les ans, le lendemain de la S''-Thérèse, une assemblée générale, dans laquelle on ferait la distribution des prix, si le gouvernement trouve a propos d'en assigner pour nourrir l'émulation publique. Aux associés, il voudrait qu'on ajoutât plusieurs correspondans répandus dans les provinces, qui, sans avoir aucune fonction précise, soient invités à communiquer leurs vues et découvertes, et employés à faire des recherches utiles. C'est par de simples lettres qu'il conviendra, selon Nelis, d'annoncer, tant aux membres qu'aux correspondans, le choix et les vues du gouvernement, et il désigne plusieurs sujets qu'il croit propres pour servir dans l'une ou l'autre de ces qualités. 11 propose entre autres l'abbé Needham, anglais de nation, auteur de plusieurs bons livres, physicien et

PAR M. A. QUETELET

littérateur estimé. C'est à cet ecclésiastique qu'il destine le soin de diriger les recherches des autres, surtout en fait de physique. Si Votre Majesté daignait lui promettre un canonicat de Soignies, on pourrait l'attacher pour toujours; et rien, selon Nelis, ne serait mieux donné.

Le ministre, en communiquant au chef et président ces deux projets différens, lui a remis aussi une note sous le titre d'Hommes de lellres , médailles pour les académies, que le comte de Neny m'avait présentée à Vienne. Cet écrit, ci-joint n" 5, traitait des encouragemens à accorder à quelques savans des Pays-Bas, la plupart membres de l'Université de Louvain, et de l'établissement de quelques prix pour les académies de dessin, de peinture, de sculpture et d'architecture d'Anvers, de Bruges et de Bruxelles.

Le comte de Neny, en rendant son avis au ministre, par la note cotée n" 4, sur l'établissement d'une académie, se déclare pour le projet de l'abbé Nelis, en rendant aux vues du professeur Schôpflin la justice qui leur est due; il croit être de la prudence de commencer par former la société littéraire sur le pied que le premier le propose. Quant aux sujets que l'abbé Nelis a nommés, ils lui paraissent assez bien choisis, et il ajoute à cette liste quelques gens de lettres également rccommandablcs. Il dit, à l'égard de l'abbé de Needham, que cet homme jouit dans toute l'Europe de la juste considération que méritent ses talcns, ses mœurs et ses profondes connaissances; qu'autrefois déjà il avait souhaité qu'on se fut attaché cet habile homme, et qu'encore aujourd'hui il croit que personne ne serait plus en état que lui de se charger de la principale direction de l'établissement projeté.

Dans la supposition que le plan de Nelis serait agréé, le chef et président propose l'offîeial de la secrétairerie d'état et de guerre Gérard, qu'il dit avoir du goût et de la littérature pour être chargé du soin de recueillir les mémoires; il est en outre d'avis que le prix à distribuer tous les ans par cette société, pourrait consister en une médaille d'or du poids de 25 ducats, et que Ton donnerait du crédit et du relief à la société, si le comte de Cobenzl consentait à ce que les assemblées annuelles se tinssent en son hôtel.

(On omet ici un passage relatif à la création de quatre pensions en faveur de savans dont la position pécuniaire était peu avantageuse.)

C'est là la substance des deux notes du comte de Neny, dont l'une est antérieure au projet dont il s'agit ici, et l'autre relative à cet établissement.

Le comte de Cobenzl, en me remettant ces pièces, par un P. S. du 16 juin, m'informe qu'il était disposé à tenir dans son hôtel les assemblées annuelles, et qu'il était d'accord en toutes choses avec le comte de Neny, hors l'article

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