PREMIER SIÈCLE DE L*AGADÉMIE
rieur pour cette branche des sciences naturelles. Des efforts semblables donneraient assurément des résultats pareils, si l'Académie les tournait, avec la même activité etpe même désir de réussir, soit vers la botanique, soit vers la zoologie.
Il serait à désirer également que, pour les deux classes des lettres et des beaux-arts, on ne s'arrêtât point, pour ainsi dire, accidentellement à telle ou telle branche des connaissances, mais qu'on cherchât à l'approfondir, en créant, autant que possible, des spécialités qui pussent prendre rang comme écrivains et se distinguer par leurs recherches.
Déjà, en 1885, un sujet très-grave occupait l'Académie : il fut question, lors des legs du baron de Stassart, de solliciter du Gouvernement la personnification civile, afin d'être en mesure de recevoir directement les fondations scientifiques et littéraires. Cet objet fut discuté de nouveau dans l'assemblée générale du 10 mai 1864, mais sans aboutir. Désireux cependant de connaitre l'opinion de ses jurisconsultes à cet égard, cet objet fut de nouveau mis en délibération par l'Académie , et lors de la séance des trois classes du 10 mai 1870, le rapporteur présenta les conclusions suivantes : !<> l'Académie n'a pas] la personnification civile , émanation de l'État ; c'est l'État qui est à la fois son organe et sa garantie; 2® l'Académie n'a aucun intérêt actuel et direct à réclamer la personnification; 3^ toute demande dans ce but serait inopportune et périlleuse; 4<» une loi seule peut conférer la personnification. — Comme ces conclusions furent combattues , l'ajournement de la question fut voté.
A l'instar de ce qui se passe à l'Institut de France, la proposition du choix d'un costume spécial pour les académiciens , proposition émanée de la classe des beaux-arts et qui avait déjà été émise dans le temps par la classe des sciences, fut encore l'un des sujets d'examen de l'assemblée générale de 1864 : cette proposition ne reçut pas de solution.
Depuis quelques années, le Gouvernement, satisfaisant aux réclamations de divers corps de l'État , avait majoré le jeton de
PAR M. A. QUETELET
présence, délivré à chaque membre qui assiste aux séances. L'Académie, désireuse d'être traitée sur un pied égal, s'occupa de ce sujet dans son assemblée générale du 1 1 mai 1863 et formula, à cet effet, des propositions qui furent accueillies par le Gouverment : le jeton de présence, qui était de la valeur de six francs, fut porté à dix francs, et un jeton supplémentaire de voyage de six francs fut accordé à chaque académicien, habitant la province. Cette mesure, adoptée par l'assemblée générale du 6 mai 1866, et décrétée par arrêté royal du 13 décembre suivant, reçut son exécution à partir du 1«»" janvier 1867. La question d'indemniser aussi les correspondants fut débattue dans cette réunion , comme déjà elle l'avait été à deux reprises, mais sans être résolue.
Lors de la réorganisation de la Compagnie en 184S, ï Annuaire, dont la première année de publication remonte à 1835, reçut une nouvelle forme. Désireuse de rendre à la mémoire de ses membres le juste tribut d'éloge que tout corps savant leur doit, la Compagnie avait voulu, dès 1846, qu'un portrait gravé, représentant les traits du défunt, fut dorénavant ajouté aux notices biographiques. Elle a vu s'enrichir, de cette manière, ce recueil des portraits de plus de soixante de ses académiciens. L'assemblée générale du 6 mai 1866 s'occupa de régler tout ce qui concernait ce sujet, afin que des conditions uniformes existassent relativement à ces gravures. Elle s'occupa aussi de la question des bustes et la commission administrative fut chargée de prendre à cet égard les mesures nécessaires.
Par une des dispositions organiques datées du le*" décembre 1845, le Gouvernement avait décidé de faire exécuter, à ses frais, un ou deux bustes par an, pour orner la salle des séances publiques. Déjà, en 1859, une commission, composée d'un délégué de chaque classe, avait formulé un rapport afin d'engager le Gouvernement à donner pleine exécution à cet arrêté royal, rapport qui fut présenté à l'assemblée générale de 1859 et publié dans Y Annuaire de 1860. L'Académie, lors de la séance des trois classes du 12 mai 1868, adopta les résolutions sui-
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vantes qui avaient été formulées par la commission nommée à cet effet; elles furent communiquées au Gouvernement sans avoir été ratifiées jusqu'à ce jour :
« Les noms des académiciens, dont les bustes, aux termes de Farrêté royal du l^^ décembre 1845, devront orner la salle des séances publiques de l'Académie , seront désignés au Gouvernement de la manière suivante :
» Il sera dressé une liste des académiciens décédés avant le 31 décembre 1858, et qui se trouvent dans les conditions déterminées par Tarlicle 2 de l'arrêté royal précité.
^) Des additions pourront se faire annuellement, d'après le même mode. On n'admettra également, sur cette liste supplémentaire, que les noms d'académiciens décédés depuis dix ans au moins.
» Lorsque le Gouvernement aura fait connaître à la Compagnie que le buste d'un de ses membres est commandé, la classe à laquelle ce membre a appartenu déléguera un commissaire qui , conjointement avec un sculpteur désigné par la classe des beauxarts, examinera le modèle et s'assurera que le portrait est ressemblant, et que l'œuvre d'art réunit les conditions nécessaires pour être admise dans la décoration de la salle. »
L'assemblée générale du 11 mai 1869, comme conséquence de ces mesures, s'occupa de la liste des bustes à demander au Gouvernement.
Ainsi que l'avait exprimé le rapport lu à l'assemblée précédente, depuis 1845, l'Académie n'avait reçu que neuf bustes, ceux de Raoul, Weustenraad, Willems, Baron, Simons, Suys, de Stassart, Lesbroussart et de Reiffenberg (*). Elle avait maUu ureusement perdu déjà, depuis celte époque, un certain nombre de ses membres dont les noms marqueront dans ses annales. « Indépendamment de ces noms, il ne convenait pas de laisser croire que notre Compagnie, comme le disait le rapport de la
(*) Depuis, elle a vu s'ajouter à cette liste les bustes de de Ram, de Moke, du baron de Saint-Génois et de Dewcz.
PAR M. A. QUETELET
commission, n'a point de passé, que, dans cette longue liste de nos prédécesseurs, il ne s'en trouve aucun qui mérite la reconnaissance de la postérité; n'y lisons -nous pas les noms de Des Roches, de Nieuport, de Dewez, de l'abbé Mann, du marquis du Chasteler, de Neny, de Raepsaet, de De Bast, de Villenfagne, de Cauchy, de Dandelin et de bien d'autres qui ont doté leur pays d'ouvrages importants?
» Nous offrons au Gouvernement, ajoutait le rapport, de lui venir en aide pour l'accomplissement d'une tâche délicate qu'il s'est imposée à lui-même; nous ne voulons pas peser sur ses résolutions, mais seulement les éclairer et lui épargner quelque involontaire déni de justice. »
Chacune des classes fut donc invitée à faire un choix. Les sciences proposèrent Dandelin et de Burtin, les lettres, MM. Raepsaet, Dewez et de Nélis; les beaux-arts ne formulèrent aucune proposition.
M. le secrétaire perpétuel crut devoir, à cette occasion, exprimer le désir qu'en dehors de toute liste, l'assemblée décidât que les bustes du vicomte de Nieuport et de Des Roches fussent demandés dès cette époque au Ministre. Cette proposition obtint l'assentiment unanime et le Gouvernement décida l'exécution de ces bustes. Il fut malheureusement impossible de trouver un portrait de Des Roches qui put guider le statuaire en cette circonstance : quant au buste de M. de Nieuport, il fut mis à exécution , mais ne put être réalisé par l'artiste qui en avait été chargé, à cause de la défectuosité du modèle proposé.
Si l'époque mémorable que l'Académie va célébrer a droit à la première place dans nos annales, il est une circonstance qu'il y a lieu de relater encore ici , c'est la célébration du cinquantième anniversaire de la reconstitution de la Compagnie qui eut lieu le 7 mai 1866, jour anniversaire de ce rétablissement par le roi Guillaume I««" des Pays-Bas. Une séance solennelle fut tenue, à cet effet, par les trois classes, dans le Palais-Ducal, et notre bien-aimé Souverain actuel qui, à cause de son deuil, n'avait pas encore paru