Première contribution a la connaissance de la faune mammalogique des couches a Colpodon
L’étage Colpodonien (ou couches à Colpodon) est constitué par des dépôts d’eau douce on sous-aériens, qui s’étendent sur plusieurs points de l’intérieur du territoire du Chubut et correspondent a la partie inférieure de la formation patagonienne marine de la côte, soit î\ l’étage «julien ».
Il y a une quinzaine d’années que les premiers débris du genre Colpodon décrits par Burmeister, furent trouvés près de l’embouchure du Rio Chubut, dans la partie inférieure de la formation patagonienne. En 1898, Carlos Ameghino, trouva plus à l’intérieur et faisant suite au patagonien marin inférieur, des dépôts d’eau douce et sous-aériens contenant une faune de mammifères complètement nouvelle avec la seule exception du Colpodon que c’est précisément le genre qui a laissé le plus de débris. Comme, en outre, celui-ci est un genre d’une conformation particulière et assez facile à reconnaître, je m’en suis servi pour désigner l’ensemble de cette faune et l’étage géologique qui la contient. J’ai donné à ces dépôts le nom de « couches à Colpodon», ou étage colpodonien, quoique comme époque il soit synchronique de l’étage
julien, celui-ci représentant le faciès marin, et l’autre le faciès terrestre d’une meme formation. Ces couches représentent la base de la formation patagonienne et correspondent à la base du tertiaire. Quand la série géologique est complète, les couches à Colpodon réposent sur les couches à Pyrotherium en stratification concordante, mais les couches constituant la transition sont stériles en fossiles. En outre, la différence entre la faune du Colpodon, et celle du Pyrotherium estasses considérable pour qu’au point de vue paléontologique on y reconnaisse un hiatus indiquant l’existence d’une faune de transition, de laquelle on n’a pas encore trouvé de débris.
Comparée avec les faunes plus anciennes, la faune des couches à Colpdon diffère par la disparition complète des Proboseidiens (Pyrothères), des Condylarthres, des llvracoïdes, et des Isotemnidés et la diminution des Leontinidés. Ees Astrapolhères et les Xotohippidés sont dans leur plus grand développement, et les rongeurs commencent à se diversifier.
Cette faune est encore notable par une partie de ses ongulés qui se trouvent au même stade d’évolution dentaire que les ongulés du tertiaire le plus ancien d’Europe et de l’Amérique du Nord. Leurs molaires supérieures persistantes (molaires o à 7) présentent la forme triangulaire ou trigodonte sur laquelle on a tant insisté comme preuve évidente de la théorie de la trituberculie et de la complication graduelle. Heureusement, ici l’on possède les vestiges des faunes mammalogiques de l’époque crétacée contenant les ancêtres des mammifères tertiaires, et l’on peut constater que les genres éocènes à molaires triangulaires descendent de genres crétacés à dents cuadrangulaires et à six denticules. Cette simplifications s’est accomplie par la transformation des deux denticules médians antérieur et postérieur en deux crêtes obliques transversales qui sur le côté externe aboutissent aux coins antérieur et postérieur, tandis que sur l’interne convergent au (lenticule interne antérieur pour constituer le triangle;
le denticule postérieur interne reste ainsi isolé prennant l’apparence d’une partie accessoire surajoutée.
A la place correspondante je m’occupe plus longuement du plus notable de ces cas de simplification, que c’est celui qu’on observe dans la ligne des Macrauchenidés.
J’ai donné une liste des mammifères fossiles des couches à Colpodon dans les Anales de la Sociedad Cientifica Argentina, t. 51, fascicule IV, pages 76-78, avril 1901. Dans le présent travail, les espèces mentionnées dans la publication en question sont précédées d’un astérisque.
Je dois encore rappeler, que je désigne les molaires par leur numéro d’ordre de 1 a 7, supposant les séries toujours complètes.