‹ Première contribution a la connaissance de la faune mammalogique des couches a ColpodonChapitre 2 sur 8 · PRIMATES · texte numérisé non relu

PRIMATES

SIMIOIDEA

Iloniiineiilidao

* Homijnculites pristinus, n, g., n. sp. Le genre et l’espèce sont représentés par une branche mandibulaire gauche avec la cinquième molaire en place. La branche horizontale est très courte, haute et épaisse, ressemblant a celle des singes. La symphyse, quoique incomplète, laisse voir qu’elle était courte et arrondie. La denture était en série très serrée, l’alvéole de la dernière molaire, se trouvant dans la base de la branche ascendente et sur le côté interne. La fosse massetérique est peu profonde, ressemblant à céïïe d’IIomunculus. La molaire o en place sur la mandibule, est à couronne basse, de contour rectangulaire et presque deux fois aussi longue que large; elleest constituée par deux lobes, l'antérieur plus haut, et chaque lobe avec deux tubercules, un sur le côté interne et l’au-

tre sur l’externe, à peu près de la meme hauteur et unis par une faible crête transversale. Cette dent qui est très grosse en proportion de la branche mandibulaire mesure 4,5 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 5,3 millimètres de diamètre transverse. Jugeant par les alvéoles, la sixième et la septième molaires étaient successivement plus petites; les trois molaires 5 à 7 n’occupaient qu’un espace longitudinal de 7 millimètres. D’après les alvéoles, les molaires antérieures de remplacement 1 à 4, ne devaient occuper pas plus de 5 millimètres. La partie conservée de la mandibule est longue de 15 millimètres et entière devait avoir à peu près 55 millimètres. Il y a un trou mentonnier au-dessous de la molaire 4. La branche horizontale au-dessous de la molaire 5, est haute de 5,5 millimètres.

J’attribue à la même espèce une molaire supérieure isolée à trois racines, une interne et deux externes ; la couronne est basse, quadrangulaire, et porte quatre tubercules, deux sur le côté interne et deux sur l’externe, tous les quatre parfaitement isolés et presque pointus ; cette dent mesure 3,5 millimètres de diamètre antéro-postérieur et autant de diamètre tranverse en avant, mais elle est un peu plus étroite en arrière. Ce genre me paraît être l’antécesseur de VHomunculus de la formation santacruzienne.

* Pîthecclites MINIMES, n. g., il. sp. C’est un animal notablement plus petit que le précédent; il n’est représenté que par un morceau de mandibule avec deux dentset un fragment de maxillaire avec trois dents.

Les molaires inférieures sont de contour rectangulaire, à deux lobes, l’antérieur plus haut que le postérieur; chaque lobe porte deux tubercules principaux, le tubercule antérieur interne étant le plus gros et le plus haut. Il y a un rudiment du tubercule médian antérieur, placé sur le coin antérieur interne de chaque molaire; on voit aussi un fort bourrelet d’émail à la base de la partie antérieure et externe du lobe antérieur

(le chaque dent. Les deux molaires placées sur le morceau de mandibule, probablement la quatrième et la cinquième, occupent un espace longitudinal de 3,5 millimètres, chaque molaire ayant 1,7 millimètres de longueur et I millimètre de largeur.

Les molaires supérieures sont quadrangulaires, à quatre tubercules principaux, deux externes et deux internes, ceux-là étant plus hauts que ces derniers ; sur chaque molaire le tubercule antérieur externe est plus haut et plus gros que tous les autres. Les deux tubercules externes de chaque dent sont un peu allongés dans le sens longitudinal et unis à leur base par une crête faible; les deux tubercules internes sont isolés et de forme conique ; il y a aussi un petit tubercule accessoire sur le coin antérieur externe de chaque dent; le tubercule antérieur interne est un peu plus bas que le postérieur interne. Ces dents ont seulement 1,2 millimètres à \ ,3 millimètres de diamètre antéro-postérieur et autant de diamètre transverse.

TYPOTÏIEUIA

Protypot lie riidae

* Cochilius, n. g. Ce genre présente un mélange de caractères des genres Icochilus, Protypotherium et lnteratherium y et il en constitu certainement la souche. La formule dentaire est la même que chez Protypotherium mais la disposition de la denture est diilérente. En haut, les molaires persistantes ont la même forme de celles de Protypotherium: les molaires supérieures de remplacement présentent aussi la même forme que celles persistantes sauf que le sillon perpendiculaire placé près du bord antérieur de la face externe, est un peu plus accentué. La première molaire supérieure de remplacement perdait ce sillon de bonne heure prennant avec Page un contour elliptique.

Dans la mandibule, les molaires 5 à 7 ressemblent aux correspondantes de Protypotherium, mais ont le lobe antérieur plus petit et triangulaire ce qui les rapprochent aussi aux molaires (Vlcochilus. Les molaires 3 et 4 ont aussi la même forme, et le lobe antérieur plus petit que le postérieur, au contraire de Protypotherium, chez lequel, dansles mêmes dents,le lobe postérieur est plus petit que l’antérieur; en outre ces molaires ne sont pas placées obliquement comme chez ce dernier genre sinon avec leur grand axe dans la même ligne longitudinale de la denture. La deuxième molaire inférieure est placée obliquement et avec le lobe postérieur rudimentaire comme dans Protypotherium. La première molaire, la canine et les incisives sont à couronne très comprimées, prennant la forme de spatule. Les incisives inférieures sont nettement bilobées sur la face linguale, mais la face labiale reste convexe. Dans ce genre, les molaires de la première série, c’est-à-dire celles caduques et celles persistantes, étaient en fonction en même temps durant une assez longue période; le remplacement de la denture avait lieu à un âge assez avancé! Les molaires caduques sont pourvues de racines très longues et à bout fermé; celles de remplacement n’ont pas des racines ou n’en présente que des vestiges à un âge très avancé.

* Cochilrs volvens, u. sp. Cette espèce est aussi grande que Protypotherium praerutilum et ses débris son relativement abondants. Le crâne présente la surface frontale et nasale fortement convexe dans le sens transversal. Les 7 molaires supérieures occupent un espace longitudinal de 31 millimètres. La denture inférieure, de la partie antérieure de la première incisive à la partie postérieure de la dernière molaire, occupe un espace de 46 millimètres. Hauteur de la branche horizontale au-dessous de la o c molaire, 19 millimètres.

* CocifiLius pexden.s, il. sp. Cette espèce est représentée par la partie antérieure d’une mandibule avec la symphyse mais

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ne portant en place que la deuxième molaire. L’espèce se distingue facilement par sa taille beaucoup plus considérable que celle de l’espèce précédente. La couronne de la deuxième molaire a 7 millimètres de diamètre longitudinal et 4 millimètres de diamètre tranverse; la couronne de la même dent de C. volvens mesure 4,5 millimètres de diamètre longitudinal et 2 millimètres de diamètre transverse. La mandibule au niveau de la deuxième molaire présente un diamètre tran verse maximun de 26 mill imètres et dans C. volvens de seulement 18 millimètres.

Il y a aussi un fragment de maxillaire avec deux molaires postérieures en place que j’attribue provisoirement à la même espèce; la couronne de chacune de ces molaires mesure 12 millimètres de diamètre longitudinal et 6 millimètres de diamètre transverse maximum. La 5 e molaire supérieure de C . volvens , la plus grande de la*série, ne mesure que 6 millimètres de diamètre longitudinal et 4 millimètres de diamètre transverse.

* Cochilius columnifer, il. sp. Espèce de taille relativement considérable, représentée par un morceau de branche mandibulaire droite portant en place les molaires 3 à 6. Que cette espèce soit du genre Cochilius ce n’est pas absolument sûr, car la quatrième molaire a le lobe postérieur un tiers plus petit que l’antérieur et se trouve implantée un peu obliquement comme dans Protypotherium . Le côté interne de ces molaires présente les deux lobes bien séparés et en forme de colonnes régulières comme dans Cochilius . La couronne de la molaire 5, mesure 7 millimètres de diamètre longitudinal et 5 millimètres de diamètre transverse. Les trois molaires 4à 6 occupent un espace de 21 millimètres. Hauteur de la branche horizontale au-dessous de la 5 e dent, 20 millimètres.

Ilegetotheriiriae

* Pachyrccos politus, ii. sp. Espèce de taille relativement considérable, avec la formule dentaire typique du genre, mais présentant dans le jeune âge des vestiges rudimentaires des dents disparues: en outre elle se distingue par la molaire 2 qui est aussi grande et de la même forme que la molaire 3, tandis que dans les espèces plus récentes la molaire 2 est plus petite et avec le lobe antérieur plus ou moins atrophié. L’hypertrophie des incisives médianes était un peu moins avancée que dans les espèces plus recentes. Les 6 molaires inférieures occupent un espace de 26 millimètres. Hauteur de la branche horizontale au-dessous de la 5 e molaire, 13 millimètres.

* Hegetotherium, sp. Plusieurs dents isolées indiquent la présence d’une espèce de ce genre mais ne permettent pas de la déterminer avec précision.

TOXODOXTIA

IVesodontiriae (1)

* Proadixotherujm muexsteri, n. sp. Comme dans tous les représentants de ce groupe, la distinction spécifique est très

(1) Les naturalistes apprendrons sans doute avec surprise que les Nesodontes, des ongulés parfaits, étaient des mammifères polyphyodontes plutôt que diphyodonles. Ces animaux possédaient, en effet, une série dentaire antérieure à la première ou de lait ; cette série était constituée par des incisives qui restaient en fonction assez longtemps et après étaient remplacées par les incisives de la première série /incisives de lait de la même manière que ces dernières étaient remplacées par celles de la deuxième série. Je comptais parler de cette découverte et de la polymorphie inouïe de la denture des Nesodontes, le jour ou j’aurais pu faire la description complète de tous les stades de la dentition

difficile à établir et même impossible à reconnaître sur les dents isolées^ mais elle est très accentuée sur quelques pièces du squelette. La taille est comparable à celle de Y A dinothérium ferum. La denture ressemble aussi i\ celles des espèces plus récentes d’Adinotlierium avec la différence que la deuxième incisive supérieure et la troisième inférieure, avec Page se fermaient au bout donnant origine à une racine non émaillée comme dans les espèces des couches à Pyrotherium; ces dents sont en outre proportionnellement plus petites quedans les espèces plus récentes. Les molaires inférieures persistantes sont plus comprimées que dans les espèces d’Adinotherium et avec les sillons verticaux du coté interne très profonds ; le sillon interne du lobe antérieur est très profond mais s’efface de bonne heure. La 3 e molaire inférieure mesure 13 millimètres de diamètre antéro-postérieur ; la 4 e molaire, 14,5 millimètres; la 5 e , 19 millimètres; la 6% 21 millimètres et la 7 e , 30 millimètres.

Dans le squelette les différences sont bien plus considérables ; ici, je ne signalerai que celles que Pou aperçoit sur l’astragale et le calcanéum. L’astragale comparé à celui d ’Adinotherium , présente la têtearliculaire plus étroite dans la direction transversale, plus étendue dans le sens vertical et séparée par un col plus long; le corps de l’os est comprimé transversalement et la poulie articulaire tibiale est d’un tiers plus étroite; la crête externe de cette poulie est très comprimée et excessi-

du genre Nesodon avec les figures correspondantes. Tout dernièrement, le Prof. W. B. Scott qui prépare une grande monographie sur la faune santacruzienne est venu à La Plata pour étudier ma collection de fossilesde cette époque et je lui ai communiqué tous les stades de l’évolution dentaire du genre Nesodon, incluse les pièces qui indiquent l'existence de Pavant première dentition. Il les a étudiées et pris des nombreuses photographies et il en donnera prochainement la description. Cela me permet d indiquer tout simplement la découverte mentionnée plus haut, renvoyant pour les détails et les figures à la prochaine publication de mon éminent collègue et ami le Prof. Scott.

vement haute donnant à l’ensemble de l’os un aspect tout particulier. Cet os mesure 33 millimètres de longueur et la poulie articulaire est large de 12 millimètres.

Le calcanéum présente la même compression latérale que l’astragale et il est notablement plus haut que celui d’Adinotherium ; la facette articulaire péronienne est une moitié plus étroite que dans les espèces modernes et la facette astragalienne externe est presque verticale. Cet os est long de 57 millimètres ; le lu ber calcis a 20 millimètres de long et 9 millimètres de diamètre transverse; la facette articulaire tibiale est large de 6 millimètres.

* Pronesodox vates, n. sp. Cette forme parait constituer la souche de toutes les espèces du genre Nesodon. La deuxième incisive supérieure n’a pas le contour triangulaire de la même dent de Xesodon, le coin antérieur étant arrondie ce qui donne à la dent une section sous-rectangulaire, plus élargie transversalement sur la face labiale antéro-externe que sur le coin interne. La face linguale est creusée longitudinalement ; la face labiale présente une forte cannelure vers le bord interne; on ne voit de l’émail que vers la cuspide de la couronne et fait complètement défaut sur la face linguale. La section de cette dent mesure 18 millimètres dans le sens transversal, 14 millimètres de diamètre antéro-postérieur sur le côté latéral externe et 11 millimètres surPinterne; avec Page la base se fermait complètement.

Les molaires inférieures persistantes se distinguent par leur forme très comprimée, par la présence d’un sillon vertical très profond sur la face interne du lobe postérieur, et par la grande profondeur du sillon interlobulaire interne. La molaire 5 mesure 23 millimètres de diamètre antéro-postérieur; la sixième mesure 24 millimètres ; la septième est incomplète en arrière sur le seul échantillon disponible ; la largeur de la couronne est de 6 à 7 millimètres. La branche horizontale au-dessous de la sixième dent a 54 millimètres de hauteur et seulement 24 mil-

iimètres, d’épaisseur. Ces mesures indiquent une espèce notablement plus petite que A\ andium.

IIIPPOÏDEA

Les dernières découvertes paléontologiques en Patagonie, qui permettent de tracer la phylogénie de presque tous les groupes de mammifères, m’ont appris que les Notohippidés sont plus éloignés des Litopternes qu’on ne le supposait, les deux groupes s’étant constitué indépendamment. On ne peut donc pas continuer à les placer dans le même groupe et je les séparent comme ordre a part sous le nom d'Hippoïdea.

Ce groupe comprend deux grandes familles.

1° Les Notohippidae , se distinguent par l’astragale à corps oblique, avec poulie articulaire peu excavée, et avec tête articulaire convexe et portée par un col assez long. On ne les eonnait jusqu’à présent que de l’Argentine et son limités aux couches crétaciques les plus récentes et à la base du tertiaire, une espèce arrivant jusqu’à l’éocène supérieur.

2° Les Equidae , se distinguent par l’astragale à corps relevé, avec poulie articulaire profondément excavée ett ête articulaire plate,, tronquée transversalement, avec col très court ou même sans col du tout (Equiuae). Ils apparaissent dans l’éocène supérieur et deviennent graduellement plus abondants. Le changement de la tète articulaire de l’astragale est le résultat delà transformation du stade plantigrade des Notohippidés dans le stade digitigrade des Equidés.

Notohippidae

* Argyrohifpus, n. g. Les premiers débris incomplets d’une espèce de ce genre, je les ai rapportés cà Nannodus eocaenus, mais un nouvel examen des débris de ce dernier m’ont de-

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