‹ Première contribution a la connaissance de la faune mammalogique des couches a ColpodonChapitre 3 sur 8 · TOMO XVII · texte numérisé non relu

TOMO XVII

montré qu'il est différent et synonyme de Notohippus toxodontoides (1).

Argigrohippus sous certains rapports est même plus spécialisé que les chevaux modernes. L'intermaxillaire ressemble complètement à celui d’un cheval, avec les six incisives à peu près de même grandeur, placées en avant en demicercle et présentant la même forme que celles des chevaux. Après les incisives vient une barre assez longue, au milieu de laquelle on observe parfois les vestiges d’une canine atrophiée.

Les molaires supérieures sont au nombre de sept, placées en série continue. Les quatres molaires de remplacement augmentent de grandeur de la première à la dernière; les trois molaires persistantes sont plus grosses, la sixième étant un peu plus grande que la cinquième et la septième; ces dents ont le côte interne divisé en deux lobes par un sillon assez profond mais qui disparaît de bonne heure. La molaire \ esta une seule racine; les six restantes sont à trois racines, une interne très grande et deux externes plus petites.

Dans la mandibule les six incisives sont placées en avanten demi cercle, très pressées et avec courte différence de la même grandeur; ces incisives encore peu usées, sont à couronne étroite et longue, un peu élargies en avant et à face labiale plate tandis que la face linguale montre une forte arête longitudinale placée un peu plus près du côté interne que de l’externe. Cette conformation est presque égale à celle que Ton observe chez Colpodon, avec la seule différence que dans ce genre ces dents ont un fort bourrelet basal d’émail qui manque dans celles de Argyrohippus. La canine inférieure présente presque la même forme que les incisives mais est un peu plus grande, et se trouve placée à continuation de l’incisive externe. La symphyse mandibulaire de Argyrohippus présente aussi huit dents

(1) Un autre synonyme de cet animal est Entocasmus heterogenidens basé sur des dents d’un individu excessivement vieux. Tous les débris décrits sous ces trois noms génériques sont des couches a Notohippus.

incisiformes placées en dcmiccrcle comme chez la plupart des ruminants. Derrière la canine vient un petit diastème et après 6 molaires en série continue, de meme forme que celles de Notohippus mais à couronne un peu plus large et avec les plis d'emails moins compliqués; rélargissement de ces molaires est le résultat du grand développement de la croûte décernent qui est très épaisse sur toutes les dents mais surtout sur les molaires. La première molaire de la mandibule ou soit la molaire 2 de la série complète est à une seule racine; les suivantes ont deux racines.

Du squelette je connai l’astragale qui se distingue de celui des formes plus anciennes par le corps moins oblique, la poulie articulaire plus profondément excavée, la tète articulaire plus courte et présentant un petit commencement de facette articulaire pour le cuboïde. Je connai aussi la partie inférieure du troisième métacarpien qui ne se distingue de celui du cheval que pour être un peu plus comprimé d’avant en arrière, et démontre que les Xotohippidés tertiaires ne possédaient déjà qu’un seul doigt fonctionnel comme les Hipparions.

Argyrohippus est l’antécesseur de Notohippus de la base (couches à Notohippus) de la formation santacruzienne, et un descendent de Morphippus des couches à Pyrotherium.

* Argyrohippus Boulei (I), n. sp. Des deux espèces que je connais de ce genre, celle-ci c’est la plus grande, avec la symphyse procombante et les incisives proclives. Les plis d’émail des molaires sont peu compliqués. Dans les molaires inférieures, le creux interne de chaque lobe forme un pli d’émail simple qui termine en pointe sans plis secondaires en zig-zags. Les molaires supérieures 2 et 3 occupent un espace de 23 millimètres; la molaire 3 mesure 13 millimètres de diamètre antéropostérieur sur le côté externe et 16 millimètres de diamètre transverse. Dans l’intermaxillaire les quatre incisives du mi-

(1) Marcelin Boule, paléontologiste français.

lieu occupent sur le bord alvéolaire un espace transversal de 41 millimètres. La barre entre l’incisive externe supérieure et la première molaire mesure près de 3 centimètres. Dans la mandibule la dernière molaire est beaucoup plus grande que l’avant dernière; la molaire six mesure 17 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 9 millimètres de diamètre transverse; la molaire 6, mesure 27 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 9 millimètres de diamètre transverse. Les six molaires inférieures occupent un espace de 99 millimètres. Hauteur de la branche horizontale sur le côté externe et audessous de la molaire 5, 39 millimètres.

* Argvrohippus fraterculus, n. sp. Taille notablement plus petite que celle de l’espèce précédente, avec la symphyse mandibulaire plus relevée et les incisives moins proclives. Dans les molaires inférieures persistantes pas trop usées, on voit que l’émail du creux interne de chaque lobe pénètre dans la couronne en faisant des plis secondaires, tandis que le pli interne du milieu qui sépare les deux lobes est toujours simple, mais clans les molaires de remplacement ce meme pli est au contraire compliqué. Le diastème entre la canine incisiforme et la molaire 2, est très court. Les sept molaires supérieures occupent un espace de 88 millimètres. La molaire 6 inférieure mesure 16 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 8 millimètres de diamètre transverse. Les six molaires inférieures occupent un espace de 84 millimètres. Le diastème entre la canine inférieure et la molaire suivante n'est que de 5 millimètres sur le bord alvéolaire. Les incisives inférieures peu usées ont des couronnes larges de 7 à 8 millimètres. La molaire 6 inférieure mesure 16 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 7 millimètres de diamètre transverse. La molaire inférieure 7, mesure 19 millimètres de diamètre antéropostérieur et 7 millimètres de diamètre transverse. Hauteur de la mandibule sur le côté externe, au-dessous de la molaire

5,33 millimètres. Longueur maximum de la mandibule complète, 195 millimètres.

Pseudhippus Tournoueri (1 ), il. g., il. sp. Est représenté par un gros morceau des intermaxillaires et une brandie mandibulaire avec la symphyse incomplète. Dans Pintermaxillaire, les 6 incisives sont très grosses, mais ne sont pas placées en avant en demieercle comme dans le genre précédent, sinon l’une derrière l’autre et un peu plus en dehors de sorte que la partie tout-à-fait antérieure n’est occupée que par la paire d’incisives internes. Malgré cela, et quoique la partie antérieure des intermaxillaires et proportionnellement étroite, ces os sont très larges et très massifs, présentant une forme assez semblable à la partie correspondante d 'Eurygeniops. Derrière l’incisive externe vient une barre assez longue, mais je ne connais rien du reste de la denture supérieure.

Dans la mandibule la canine n’est pas ineisiforme comme dans Argyrohippus et se trouve séparée par un diastème très court, aussi bien de l’incisive externe que de la première molaire. La symphyse est moins haute et moins large avec six incisives étroites. Il y a sept molaires en série continue, avec couronne pins simple que chez les autres Notohippidés et ressemblant davantage à celles de Nesodon. Les plis d’émail du côté interne sont simples et pointus. La dernière molaire inférieure est beaucoup plus grande que l’avant dernière. La molaire 6 inférieure mesure 18 millimètres dediamètreantéropostérieur et 9 millimètres de diamètre transverse. La molaire 7 a 21 millimètres de diamètre antéro-postérieur. Les sept molaires inférieures occupent un espace de 109 millimètres.

Pseudhippus est un descendant de Eurygeniops des couches à Pyrotherium.

(1) André Tournouër, naturaliste fraucais qui a fait plusieurs explorations paléontologiqnes en Patagonie.

LITOl'TERXA

JProterotlieriiclae

* Prolicaphrium, n. g. Présente un mélange des caractères des genres Licaphrium et Proterotherium, mais se raproclie davantage du premier que du deuxième. La formule dentaire est la même de tous les Proterothéridés. Les trois molaires supérieures persistantes ont les deux lobes internes séparés par un sillon mais pas d’une manière si accentuée que chez Proterotherium , s’éloignant ainsi de Licaphrium qui ‘a les deux lobes internes unis. Les petits tubercules médians antérieur et postérieur des mêmes molaires sont mieux accentués et plus gros que chez Licaphrium mais pas tant que chez Proterotherium ; la vallée longitudinale qui sépare les deux tubercules (ou lobes) externes, des quatre tubercules internes et médians est peu profonde, ressemblant à Licaphrium, mais la dernière molaire montre le tubercule médian postérieur qui manque dans ce genre et se trouve chez Proterotherium. Les molaires de remplacement montrent les deux lobes internes fussionnés dans un seul lobe en demicercle; les tubercules médians sont encore visibles sur les molaires 3 et 4. Les molaires 3 à 7 en outre des trois arêtes perpendiculaires normales, qui sont très accentuées, montrent deux arêtes intermédiaires.

Dans la mandibule les molaires postérieures sont courtes et très larges; le tubercule isolé du creux interne du lobe postérieur (tubercule postérieur interne) si caractéristique deZicaphrium, n’existe indépendant que sur la dernière molaire; sur les autres molaires on en voit seulement des vestiges dans les dents non usées. Le troisième lobe de la dernière molaire est bien accentué.

La couche d’émail est mince sur toutes les dents ce qui fait que les caractères dentaires s’effacent très de bonne heure, condition qui rappelle les mammifères crétacés.

Dans le crâne, le caractère le plus saillant est la prolongation rie la pointe antérieure des nasaux qui s'étendent beaucoup plus en avant que chez tous les Proterotheridés du santacruzien.

Prolicaphrium est la souche des genres plus récents Licaphrium et Proterotherium .

* Prolicaphrium specillatum, n. sp. Aussi grande que Licaphrium Floiveri. Cette espèce se distingue par la grande largeur des molaires en proportion de leur diamètre antéro-postérieur, et par l’absence ou le peu de développement des arêtes perpendiculaires intermédiaires de la face externe des molaires supérieures. Le tubercule médian postérieur de la dernière molaire est très fort. La molaire 5 supérieure a 12 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 21 millimètres de diamètre transverse. La dent correspondante inférieure mesure 11 millimètres de diamètre antéro-postérieur et U millimètres de diamètre transverse. Les sept molaires supérieures occupent un espace de 87 millimètres, et les sept inférieures ont exactement la même longueur. Distance du bord antérieur de l’incisive supérieure au bord postérieur de la dernière molaire, 112 millimètres.

* Prolicaphrium spectabile, n. sp. De taille un peu plusconsidérable que l'espèce précédente, mais avec les molaires moins larges, et la face externe des molaires supérieures 3 à 7 avec les arêtes perpendiculaires intermédiaires très accentuées. Le tubercule médian postérieur de la dernière molaire supérieure est très petit. La molaire 5 supérieure mesure 15 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 20 millimètres de diamètre transverse. Les sept molaires supérieures occupent un espace de 10 centimètres.

Prolicaphrium festinum, n. sp. Taille très réduite. Lobe postérieur interne de la dernière molaire supérieure, atrophié;

lobe interne antérieur de la même dent très grand et saillant. Arêtes perpendiculaires intermédiaires de la face externe des molaires supérieures, assez accentuées. Vallée longitudinale médiane de la surface de mastication de la couronne, large et profonde. La dernière molaire supérieure mesure 9 millimè* très de diamètre antéro-postérieur et 10 millimètres de diamètre transverse.

* Prothoatherium, n. g. Les molaires supérieures sont sur le même type de celles de Thoatheriummais avecles deuxlobes internes mieux séparés, les creux de la couronne moins profonds, et la face externe avec arêtes perpendiculaires intermédiaires et sans bourrelet basal d’émail. Dans la mandibule, la dernière molaire porte un troisième lobe bien développé formé par un tubercule interne et un autre externe. Les creux interne en forme de V sont peu profonds, et toutes les dents sont sans bourrelet d’émail aussi bien sur la face externe que sur l’interne.

Le Prothoatherium est Pantécesseur de Thoatherium et probablement aussi de Diadiaphorus.

* Prothoatherium lacer cm, n. sp. Plus petite que Thoatherium minusculum et avec les molaires supérieures très larges en proportion de leur longueur. La molaire supérieure 5, mesure 8 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 11 millimètres de diamètre transverse. Les trois molaires 3, i et 5 occupent un espace longitudinal de 24 millimètres. Les cinq dernières molaires inférieures occupent un espace de 43 millimètres. Hauteur de la branche horizontale de la mandibule, au-dessous de la molaire 5, sur le côté externe, 16 millimètres.

* Prothoatherium scàmnàtum, n. sp. Plus grande que Fespèce précédente, à peu près de la taille de Thoatherium crépi datume t avec les molaires supérieures proportionellement moins larges. La molaire 5 supérieure mesure 10 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 11 millimètres de diamètre

transverse. La dernière molaire supérieure mesure 12 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 14 millimètres de diamètre transverse. La dernière inférieure est longue de 14 millimètres. Les molaires inférieures 2 à 4 occupent un espace de 29 millimètres. Hauteur de la branche horizontale de la mandibule au-dessous de la molaire 4 sur le côté externe, 18 millimètres.

Macrauclieiiiclne

Les animaux de la ligne qui aboutit au genre Macrauchenia, je les avait distribué en deux familles, les Macrauchenidés et les Mesorhinidés, cette dernière ayant pour type le genre Me sorhinus delà formation entrerienne. Mais après je me suis aperçu que le nom de Mesorhinidés n’était pas trop approprié parce que le genre Mesorhinus résulte être plus près de Macrauchema que de Theosodon. En outre, les espèces de la base du tertiaire qu’on a découvert dernièrement ont la partie antérieure du crâne absolument normale, et de ce stade à celui représenté par Macrauchenia il y a toutes les transitions intermédiaires. Je crois donc maintenant plus sage conserver tous les représentants de cette ligne dans une seule famille divisée en trois sous-familtes qui ont pour types les genres Macrauchenia, Theosodon et Cramauchenia avec les caractères suivants.

A. Ouverture nasale antérieure placée en haut du crâne dans la partie tout-à-fait postérieure des maxillaires; nasaux atrophiés; maxillaires et intermaxillaires constituant devant l’ouverture nasale un toit transversalement convexe qui se prolonge jusqu’aux incisives.

Macraucheninae.

B. L’ouverture nasale antérieure commence inmédiatement derrière les intermaxillaires dans la forme normale, mais se prolonge et reste largement ouverte jusqu’au-dessus de la par-

tie postérieure des maxillaires. Nasaux placés en arrière de l’ouverture nasale, et très courts.

Theosodontinae.

C. L’ouverture nasale est placée dans la partie antérieure du crâne et se trouve couverte par les nasaux qui sont bien développés et se prolongent en avant jusqu'au-dessus des intermaxillaires, dans la forme normale.

Cramaucheninae .

Cramauelieiilnac

Dans cette sous-famille rentrent les espèces de la formation patagonienne et des couches à Pyrotlierium.

CramàucheniAj n. g. Le crâne est long, à surface supérieure déprimée et avec l’ouverture nasale antérieure placée dans la partie antérieure du crâne ; lesos nassaux sontbien développés et se prolongent en avant jusqu’au-dessus des intermaxillaires

La denture inférieure ressemble à celle du genre Theosodon, sauf que la dernière molaire manque de la grande cuspide transversale et isolée du creux interne postérieur, cuspide qui représente le tubercule postérieur interne.

Les différences les plus notables et les plus importantes surtout au point de vu phylogénétique, on les constate dans les molaires supérieures persistantes. Sans la découverte de ce genre on serait bien embarrassé pour expliquer la conformation des molaires de Macrauchenia et les homologies de ses différentes parties. Dans Çramauchenia ces dents sont à contour quadrangulaire ; la muraille externe est constituée par deux lobes en V avec trois crêtes perpendiculaires comme chez Macrauchenia, tandis que la muraille interne est bilobée par un sillon perpendiculaire profond comme chez Proterotherium , etc. Maintenant, si l’on regarde la surface de mastication on y

aperçoit cette conformation particulière nommée «trigonodonte»ou trituberculaire que l’on trouve sur plusieurs mammifères du tertiaire ancien de l’hemisphère nord et qui est considérée comme une preuve en faveur de la théorie delà complication graduelle. La couronne se présente commeétant formée par deux lobes transversaux de forme et de grandeur inégales. Le lobe antérieur beaucoup plus grand, représente un triangle dont la base est formée par les lobes externes et le sommet par le lobe ou tubercule interne antérieur ; de ce lobe ou tubercule interne antérieur partent deux crêtes divergeantes qui vont une au milieu du lobe externe postérieur, et l’autre au coin antérieur du lobe externe antérieur ; ces deux crêtes longitudinales delà muraille externelimitent un espace en triangle profondément excavé au milieu; en outre, il y a un bourrelet basal d’émail très haut, sur le coin antérieur interne. Le lobe interne postérieur est plus bas et séparé du grand triangle antérieur, présentant l’aspect d’une partie accessoire. C’est cette conformation que l’on a pris à tort comme primitive, considérant le grand triangle antérieur comme plus ancien, et le petit lobe ou tubercule postérieur interne comme surajouté après. Heureusement, ici, nous possédons la série complète des dilïérents stades d’évolution de cette ligne de mammifères, et ils nous prouvent qu’il s’agit d’un caractère acquit par une modification des molaires a six tubercules.

Le genre Cramauchenia descend du genre Protheosodon des couches à Pyrotherium, dont les molaires persistantes supérieures sont de contour quadrangulaires et à six tubercules, deux externes, deux internes et deux intermédiaires ou médians. Dans les molaires de Cramauchenia le grand triangle antérieur resuite de la transformation du tubercule médian antérieur dans une crête oblique qui va du tubercule interne antérieur au bord antérieur du lobe externe, et de la transformation du lobe médian postérieur dans une autre crête oblique semblable qui va du même lobe ou tubercule interne antérieur au lobe externe postérieur, laissant isolé le lobe interne

postérieur. J'appelle d’une manière spéciale l’attention des naturalistes qui s'occupe de l’évolution dentaire sur cette origine secondaire du triangle ou tri go n appelé primitif.

Les molaires carrées de Macrauchenia présentent une surface de trituration avec quatre grandes fossettes d’émail, une sur le milieu du côté interne, une au centre de la couronne, la troisième (la plus grande) sur le coin antérieur interne, et la quatrième sur le bord postérieur. La fossette du milieu du bord interne, représente le sillon perpendiculaire que sur la muraille interne, sépare les deux lobes internes des molaires de Cramauchenia; ce sillon s’est approfondie et après s’est couvert par un mur restant ouvert en dessous. La fossette du centre de la couronne c’est le creux du triangle antérieur de la dent de Cramauchenia , devenu plus profond. La fossette du coin antérieur interne c’est le creux formé par le développement successif du bourrelet d’émail basal du côté antéro-in» terne. En fin, la fossette postérieure est un creux placé entre le lobe postérieur externe et le postérieur interne, limité en avant parla crête oblique transversale postérieure du triangle, et fermé en arrière par le bord postérieur de la dent qui s'est développé en forme de crête transversale.

La dernière molaire supérieure de remplacement de Cramauchenia ne diffère des molaires persistantes que par son côté interne qui est constitué par un seul lobe ou denticule duquel partent les deux crêtes obliques transversales qui vont à la muraille externe et forment ici aussi lin triangle avec un creux au centre; à ce triangle s’ajoute un grand rebord basal d’émail sur le côté antérieur interne et un autre sur le postérieur interne. Dans ce cas aussi nous sommes en présence d’une modification de la quatrième molaire de Protheosodon constituée par un seul cône interne, deux tubercules médians et deux lobes externes ; les deux tubercules médians se sont transformé en deux crêtes obliques transversales qui vont de deux lobes externes au lobe ou tubercule interne.

Les os du squelette, du moins ceux que l’on connait (calca-

néum, astragale, humeras, etc.), ressemblent complètement aux memes os de Theosodon , sauf qui sont plus petits.

Cramauchenia est le descendant de Protheosodon et l’antécesseur de Theosodon.

* Cramauchenia normalis, n. sp. Espèce de taille très réduite, se distingant en outre par l’absence de bourrelet basal d'émail sur le côté externe des molaires inférieures. En haut, les molaires de remplacement augmentent graduellement de grandeur de la première à la quatrième. Les molaires 5 et 6 sont à peu près de meme grandeur mais plus grandes que la molaire A, tandis que la molaire 7 est notablement plus petite. La molaire 5 supérieure mesure 16 millimètres de diamètre antéro-postérieur et autant de diamètre transverse dans la partie antérieure mais elle est plus étroite en arrière. Les sept molaires supérieures occupent un espace de 95 millimètres. La molaire 5 inférieure mesure 15 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 9 millimètres de diamètre transverse. Les sept molaires inférieures occupent 98 millimètres. Hauteur de la branche horizontale au-dessous de la molaire 5 sur le côté externe, 25 millimètres.

* Cramauchenia insolita, n. sp. Taille un peu plus considéble que celle de l’espèce précédente. Les molaires inférieures se distinguent pour porter sur la base du côté externe de la couronne, un bourrelet d’émail très développé et à bord granuleux, que nous avons dit n’existe pas sur les molaires de l’autre espèce ; ces dents sont en outre, plus épaisses. La molaire 6 supérieure mesure 18 millimètres de diamètre antéropostérieur et 17 millimètres de diamètre transverse en avant. La molaire 6 inférieure mesure 16 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 11 millimètres de diamètre transverse. Les deux dernières molaires supérieures occupent un espace de 36 millimètres. Hauteur de la branche horizontale au-dessous de la molaire 6, sur le côté externe, 27 millimètres.

ASTRAPOTIIEROIDEA

Astrapotheriidae

Astrapotherium herculeu.u, Amegli., 1899. J’ai fait mention de cette espèce vraiement colossale, un des plus gros mammifères connus dans Sinopsis geolôgico-paleontolôgica. Suplemento , page 6. En parlant de la dernière molaire supérieure de remplacement, j’ai dit que cette dent a une couronne de 45 millimètres de long et 31 de large, tandis que je voulais dire le contraire, 31 millimètres de longfdiamètre antéro-postérieur) et 45 de large (diamètre transverse). Cette dent ressemble un peu à celle de Par astrapotherium Holmbergi, mais avec le rebord basal interne beaucoup plus accentué ; la crête perpendiculaire de la face externe est aussi plus forte et plus rapprochée du coin antérieur. Cette dent diffère en outre pour présenter toutes les racines fusionnées surtout les deux externes qui sont fusionnées jusqua leur bout, ce qui constitue une différence considérable avec toutes les espèces connues de cette famille. Du bout de la racine à la surface de la couronne, cette dent est longue de 83 millimètres.

Une avant dernière molaire supérieure de remplacement (m. 3) que j’attribu à la même espèce présente aussi toutes les racines fusionnées. Le bourrelet basal de la face externe est plus fort et il y a une seule crête perpendiculaire placée sur la partie médiane. La couronne mesure 25 millimètres de diamètre antéro-postérieur et30 millimètres de diamètre transverse. Longueur de la couronne au bout de la racine, 82 millimètres.

Parmi plusieurs autres pièces référables à cette espèce, je vais faire mention spéciale d’une deuxième incisive inférieure de dimensions énormes. La couronne assez usée et sous une forme non symétrique, est longue de 45 millimètres et large

de 33 millimètres; il y a sur les deux faces, labiale et linguale, un gros bourrelet d’émail fortement ridé et par endroits granuleux. La racine, très comprimée latéralement, montre une section elliptique de 36 millimètres de diamètre vertical et 21 millimètres de diamètre transverse. L’incisive interne ou première est de couronne peu élargie, convexe sur la face labiale et bilobée par un sillon longitudinal médian sur celle linguale. Le bout de la couronne est usé en courbe symétrique. La couronne est longue de 43 milimètres et la plus grande largeur es de 31 millimètres. La racine, dans le col, a 33 millimètres de diamètre vertical et 25 millimètres de diamètre transverse.

Les matériaux pour le moment à ma disposition ne me permettent pas de décider si cette espèce est un vrai Astrapotherium ou un Parastrapotherium,

¥ Astraptoherium triangulidens, u. sp. Cette espèce n’est représentée que par une canine supérieure isolée, petite, avec la coupe transversale qui représente un triangle isocèle parfait, dont la base est constituée par la face supérieure non émaillée; vers le milieu de la longueur la section transversale a 33 millimètres de diamètre antéro-postérieur ou vertical et 19 millimètres de diamètre transverse dans la face supérieure. L’émail s’étendait tout du long de côtés latéraux ; il est de surface presque lisse, sans grands sillons longitudinaux. La dent était à croissance continue. Ces caractères correspondent à ceux d ' Astrapotherium et non à ceux de Parastrapotherium . 11 y a aussi des molaires isolées qui par leur dimensions pourraient appartenir à cette espèce, mais pour le moment leur détermination resterait douteuse et il est préférable de les passer en silence.

? Astrapotherium symmetrum, n. sp. Je prend comme type de cette espèce une incisive intérieure interne ou première, d’une conformation tellement différente de la même dent des autres

espèces qu’il ne peut rester aucun doute sur la distinction spécifique. La couronne n’est pas élargie transversalement sinon proportionnellement plus étroite et plus épaisse que dans les autres espèces. L’usure de l’extrémité antérieure est symétrique ou à peu près, formant une courbe régulière. Le bourrelet basal est à peine indiqué. La face inférieure ou labiale est fortement convexe transversalement dans toute la longueur. La face supérieure ou linguale présente une forte arête longitudinale médiane, haute et convexe, qui part du col de la dent sous une forme très accentuée et en diminuant graduellement termine dans le bord antérieur. Dans tous les autres Astrapotlieridés connus, les incisives sont plus ou moins aplaties sur la face labiale et portent un fort sillon longitudinal médian sur la face linguale, conformation bien différente de celle que présente l’incisive en question. La couronne de cettedent, déjà un peu usée mesure 5 centimètres de longueur et 25 millimètres de largeur; le diamètre vertical dans le col est de 27 millimètres.

Je référé à la même espèce, une molaire supérieure de remplacement, probablement la troisième, présentant toutes les racines fusionnées dans une seule comme dans la dernière de remplacement de^4. herculeum , mais beaucoup plus courte; la couronne,, de contour rectangulaire est aussi large sur le côté interne que sur l’externe ce qui la distingue très bien de toutes les espèces connues de la même famille. Les coins perpendiculaires antérieur et postérieur de la face externe présentent la forme de crêtes saillantes, et la crête perpendiculaire placée près du bord antérieur est aussi très accentuée, de sorte que la face externe entre ces trois crêtes montre deux grandes cavités ; il n’y a pas de bourrelet basal, du moins qui passe au-dessus de la base de la colonne perpendiculaire externe. La couronne mesure 21 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 29 millimètres de diamètre transverse. Longueur de la couronne au bout de la racine, 64 millimètres.

?Parastrapotherium crassum = * Astrapotherium crassum , Amegliino (A. S. C. A., t. 51), 1. e. Cette espèce gigantesque, aussi grande que VAstrapotherium giganteum du santacruzien se trouve représentée par des dents de plusieurs individus. Les incisives inférieures sont toutes bilobées parle sillon longitudinal médian de la face linguale ; dans la face labiale, la moitié antérieure est déprimée et même nn < peu creusée au milieu; il y a un bourrelet d’émail assez fort mais pas trop rugueux. La couronne est peu élargie, de 30 millimètres de diamètre transverse, et la racine comprimée latéralement, a au col, 2 centimètres de diamètre vertical et 18 millimètres de diamètre transverse. LMncisive externe ou troisième est à couronne très élargie et racine moins comprimée; la couronne est large de 4 centimètres; la racine dans le col, mesure 56 millimètres de diamètre vertical et 22 millimètres de diamètre transverse.

Les molaires inférieures, aussi bien les caduques que celles de remplacement et aussi les persistantes, sont pourvues d’un bourrelet basal d’émail assez développé. Il y a trois molaires inférieures caduques, mais la première tombait sans être remplacée. La couronne de la première molaire inférieure persistante (m. 5) mesure 44 millimètres de diamètre antéro-postérieur et 23 millimètres de diamètre transverse a la base. La canine inférieure assez grande, se distingue parla face inférieure convexe et assez bombée, tandis que la face supérieure au lieu d’être excavée comme dans les autres espèces de la même famille, est complètement plate. Cette dent, d’un individu encore jeune, est large de 4 centimètres, et présente 25 millimètres d’épaisseur, mais dans Page adulte devait acquérir un développement beaucoup plus considérable.

D’en haut, je connais une molaire de remplacement, une molaire persistante et une canine, les trois pièces d’un individu complètement adulte.

La molaire de remplacement c’est l’avant-dernière (m. 3) ; la face externe est bombée avec une colonne perpendiculaire

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