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pect à cause de la proximité; les ayant renfermés de cette manière, pour ainsi dire entre deux feux, ayant le Montréal d'un costé et le Détroit de l’autre, qui estoit le seul lieu de leur retraite, et où ils trouvoient tous leurs rafraischissemens, lorsqu'on brusloit par des marches générales (ce qui coustoit des sommes immenses) leurs champs et leurs villages. Or du Montréal au dehors il y a divers chemins, c’est-à-dire diverses entrées et sorties relatives l’une à l'autre sans passer mesme les lacs. Voilà donc un poste, en vérité, bien mal trouvé pour tenir en bride non seulement les Anglois et Iroquois, mais mesme nos alliés.
J'avoue que, pour y donner un bon succès, il faut accomplir et effectuer ce que j’ay expliqué dans mon mémoire, c'est-à-dire d'en faire un poste solide, d’y tenir une bonne garnison, de laisser la liberté de s’y establir, de l’inutilité des congés, de ne point souffrir d’autre establissement dans le Pays d'en Haut, parce qu'il n’y a que la cupidité et l’avarice qui font engendrer ces sortes de desseins qui causent une infinité de désordres.
Les autres veues contenues dans mon mémoire ne sont pas de l'essence de cet establissement ; elles n’en sont qu'un accessoire et pour le perfectionner. Cependant ce projet a donné l'alarme à toute la Colonie. On a faitsonner toutes les cloches pour faire un carillon et un tumulte confus où on ne connoissoit rien. Pour moy, je scavois bien qui estoient les carillonneurs, je les voyotis devant mes yeux, maïs cependant J'avois mes raisons pour faire l'aveugle. Je vous les avois esnoncées en mon premier mémoire. J'ay continué de vous en faire apercevoir par toutes mes lettres. Vous en pouvez voir encore par celle-cy un petit trait.
Je ne laisse pas de voir qu’ils ont pour eux la faveur et le grand crédit d’une grande machine qui esbranle toute la masse de l'univers, et que, se roulant sur ce pivot, ils continuent de me vouloir couler et estouffer sous les eaux de la vengeance et de la persécution ; mais tant que j’auray pour bouclier la justice et la vérité, je flotteray et surnageray sur les ondes, comme le nid de l’ingénieux alcyon. Je tascheray de mieux en mieux me conduire et de marcher à la clarté et au flam-
beau de ces illustres patronnes. Sans elles il y a longtemps
que}: . "+ ou résister au torrent. [Il est vray que, levant les yeux «1 ©, Ce crie quelquefois dans la foiblesse de ma
foy : Sancte Frontenac, ora pro me.
Comm : sieurs <c'dats désirent s'establir en ce lieu et qu’ils me demandent «:s c-icessions de terre, ayez la bonté de me mander si vous voulez que je leur en accorde, dont ils prendront la confirmation de MM. de Callières et de Beauharnois; et si vous souhaitez aussi qu'ils s'y marient, lorsqu'ils seront en estat de nourrir leurs femmes, il seroit, je crois, à propos d'en fixer un certain nombre par an. Ayez aussy, s’il vous plaist, la bonté de me faire sçavoir si vous voulez que je concède des habitationsaux Canadiens. fly en a plusieurs qui me persécutent pour en avoir. C'est à vous de parler décisivement sur cela, car je ne puis vous taire qu'on n'en veut rien faire. Ma pensée est qu’on prétend que cette transmigration afloibliroit les forces du costé de Québec et Montréal. Quant à moy, je ne crois pas que quarante ou cinquante hommes de plus ou de moins dans ces lieux-là y paroissent beaucoup, et y empeschent d'exécuter ce qu’on aura envie de faire; or ce seroit un grand secours pour ce
poste, sans lequel on ne fera jamais rien icy, et il est à pré-
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sumer que nos alliés qui y sont déjà establis et ceux qui sont en train d'y venir tireront un mauvais augure et de fascheuses conséquences de l'infidélité de nos promesses; car on leur a dit qu'on feroit icy un establissement considérable.
Vous pouvez estre informé qu'il n’y a point de poste dans ce pays, principalement où il ya des François, jusque mesme à l'habitation du sieur Juchereau, où il n'y ait des Jésuites. Il n'y aque le seul Détroit qui en soit exclus, quoyqu'ils se soyent tous empressés pour en desservir les missions; ce qui fait voir la bonne volonté qu'ils ont pour moy, et si on s'embarrasse beaucoup dans ce pays de ce qu'ils font, pour moy je n'ay pas d’empressement non plus de les y voir, parce que je sçais bien que les cures n’y sont pas si bonnes qu'ailleurs. Néantmoins, on devrait opter et se déclarer, parce qu’on prendroit des voyes pour y faire venir d'autres missionnaires. Peuvent-ils porter leur crédit plus haut, que de se dispenser non seulement de servir cette mission, ce que le Roy désire, mais encore d’empescher les autres d'y venir !
Il est bon que vous soyez instruit qu’il ÿ a plus de cin quante ans que les [roquois avoient chassé par la force des armes la pluspart des nations dans les extrémités du Lac Supérieur, c'est-à-dire à 500 lieues dans le nord de ce poste, qui est un pays stérile et affreux, et qu'il y a environ trente-deux ans g«'on les a rapprochés dans le jiieu de Missilimakinak, qui est pareillement une terre ingrate et où ils ont esté réduits à la nécessité de vivre uniquement de poisson, de la manière que je vous l’ay expliqué par une petite relation !, lorsque j estois en France, dont vous eustes la bonté de me dire que vous étiez très satisfait. Il semble donc que Dieu m'a suscité