PERLES
mm EE
à ka
dans la deuxiesme on met son entreprise en estat, et que dans la troisiesme il faut travailler efficacement pour recueillir avec abondance ce qu'on a libéralement dispersé. Quiconque s'esloigne de ce point de veue ne peut jamais réussir. Lorsque le hasard s'en mesle, cela n'arrive mesme que dans les occasions de passage et rarement, lorsqu'il s'agit de faire quelque establissement solide. Il ne faut pas s’estonner siles Directeurs de la Compagnie paroissent inquiets. Cela procède de ceux qui la composent. Il y en a deux, qui sont de robe, propres pour faire dresser les actes; les autres sont marchands depuis peu, dont le négoce n'est que par commission, et toute leur science et leur habileté consistent de la vente à l’achat. Il s'en trouve mesme peu, qui ayent mis leurs affaires particulières en bon estat; c'est une expérience journalière en ce pays.
Je ne sçais si on aura pris soin de vous escrire que la Direction a fait un traité avec moy, l’année dernière, approuvé par MM. de Callières et de Beauharnois, par lequel elle s'est engagée, en considération des peines et des soins que je dois prendre pour ses intérests dans ce poste pour en empescher les fraudes et malversations et le commerce par d’autres que par leurs commis, à me payer par chacun an la somme de 2,000 francs et de me fournir ma subsistance et pour ma famille pendant le temps de son bail.
On ne peut, Monseigneur, s’estre donné plus d'application que j’ay fait, en me conformant aux clauses insérées dans cet acte, passé par deux notaires, signé des sept Directeurs, de feu M. de Callières et de M. de Beauharnois, Intendant. J’ay appris cependant qu'ils vous ont escrit pour se faire descharger de cette somme; mais je ne crois pas que vous ayez fait
attention à une proposition aussi injuste et qui esgorge la
teurs ct si ous] tres, de cc teuil lières ont F j'esti
bonne foy, puisqu'ils sçavent bien eux-mesmes que j'ay bien gagné mon argent dans les services que je leur ay rendus, et que je continue de leur rendre.
D'ailleurs ayant un bon acte passé, qui se trouve circonstancié de toutes les formalités requises, j'espère que vous ne le casserez pas, sans me donner le temps de me défendre. Cette ingratitude de la part de cette Compagnie ne me fera rien omettre pour entrer dans la conservation de ses intérests.
Il y a quelque apparence que vous ferez quelques promotions cette année, L'esloignement m’empeschant de voir les places vacantes, je suis obligé de m'en remettre à l’honneur de vostre bienveillance et protection pour m'accorder une des lieutenances de Roy de ce pays, c’est-à-dire de Québec ou Montréal, en cas qu’il y en ait de vacante. J’ajouteray aussi à ma lettre la prière que j’ay desjà eu l'honneur de vous faire, qui est de vouloir bien accorder une enseigne en pied ou ordre pour la première qui vaquera pour mon fils aisné, qui sert dans ce poste avec application. Vous sçavez que vous m'avez promis par vostre lettre de le placer d'abord qu'il y aura occasion. Il en a passé depuis ce temps-là.
Je joins ici copie de certaines observations pour les Directeurs de la Compagnie, afin que vous connoissiez ma conduite, ct s’il m'est fort agréable de respondre de mes actions à cinq ou six marchands, qui décrottoient les souliers de leurs maistres, il y a quatre jours, et qui veulent cependant se mesler de ce qui regarde le gouvernement. J'en excepte MM. d'Auteuil et de Lotbinière, me paroissant par leurs lettres particulières qu'ils n’ont point contribué à un grand mémoire, qu'ils ont présenté à MM. de Vaudreuil et de Beauharnois, et que j'estime n'avoir pas esté respondu au Gouverneur.