‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 136 sur 267 · F LS | Ë · texte numérisé non relu

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son estime et de son amitié. J'espère que vous aurez la bonté cs de recommander mes intérests à celuy que vous ferez mettre à r sa place. Je vous asseure que j'ay bien bon besoin de cette

protection, à cause du grand nombre de ceux qui me portent \ envie. ; r'é

La Compagnie s’estant remise à mes soins pour tous ses cl intérests, je les ay embrassés avec affection ; c’est ce qui a fait ce que j'ay surpris ses commis en faute, faisant le commerce dans fa ce poste. J'en ay donné avis à MM. les Directeurs, qui en n useront, comme bon leur semblera dans cette affaire. C'est à P eux de suivre leurs lumières sur celles que je leur donne.

J'ay escrit à M. de Vaudreuil, croyant escrire à M. de Cal- ce lières. Je lui ay demandé de vouloir mettre cette garnison à m° 50 hommes, pour estre en estat de me défendre au cas que je pt sois attaqué, ne pouvant en avoir moins dans ce lieu, où je pa serois abandonné de tout secours. Il m'a fait response qu'il le

ne pouvoitse défaire d'aucun soldat, parce qu'il en estoit mort

plusieurs depuis l’année dernière, et qu’il luy en avoit déserté voi quelques-uns celle-ci; ce qui est arrivé aussi en ce poste, en em ayant déserté neuf qui demandent pourtant à revenir. Quel- les ques-uns disent qu'ils n'ont pris cette résolution que parce \ qu'on leur avoit promis, en partant de Montréal, qu'après trois sa£ è ans de service dans ce poste on leur donneroit leur congé. En blis effet, feu M. de Callières leur en avoit donné sa pärole publi- des quement. D’autres disent que le sujet de leur désertion a esté sou parce qu’on les accabloit de travail, qu'on leur faisoit faire le vic service outre cela, et que leur chagrin estoit de voir que les Een profits en reÿenoient à une compagnie, qui les traitoit dans que

leurs besoins de Turc à More. Il y en a enfin qui disent qu’on

leur avoit promis de leur donner des terres et de les y laisser libe

cstablir, et que, voyant qu'on les a trompés, ils ont pris cette résolution.

Il est très certain que, lorsque je suis parti de Montréal, MM. de Callières et de Champigny leur ont donné cette espérance. J’eu suis tesmoin. C’est ce qui a fait que j'en raffraischissois par ma lettre la mémoire à M. de Callières. C'est pour cette raison que MM. de Vaudreuil et de Beauharnois, y ayant fait attention, m’ont permis de les reprendre, attendu que la nouvelle ordonnance contre les Directeurs n’avoit pas esté publiée.

J'avois aussi demandé six familles pour venir s’establir icy, ce que feu M. de Callières m'avoit accordé, et c’est ce qu’on m'a refusé après sa mort, en me disant qu'il ne s’en est point présenté, quoyque je sois bien informé par moy-mesme ct par ailleurs qu'il en viendroit tant qu’on voudroit, si on ne leur en ostoit pas la liberté.

J'avois aussi demandé des bestiaux; la Compagnie a bien voulu en faire les frais. Les Directeurs me mandent qu'ils ont emprunté deux bateaux grenadiers à MM. de Vaudreuil pour les faire voiturer, ce qu’il n’a pas voulu leur faire accorder.

Vous devez croire que la Compagnie n’a pour but que de gagner dans ce poste, et nullement de contribuer à son establissement. Elle n’a d'autre veue que d’avoir un magasin et des commis, et point d’ofliciers, ni troupes, ni habitans, se souciant peu de ce qui regarde la gloire du Roy et son service. Permettez-moy de vous représenter qu'à coup seur c’est ce qui va renverser entièrement cette haute colonie, sans laquelle la basse, c’est-à-dire Québec et de Montréal ne peuvent se soustenir. Les Sauvages veulent estre dans une entière liberté de commerce. Vous pouvez le voir par le conseil

tenu dans ce fort en date du . . . Août 1703. Leur résolution en est prise. Il n’y a point de délay à prendre; il faut y remédier par vous-mesme, en ordonnant à la Compagnie de

leur vendre les marchandises au mesme prix qu'on les leur a

vendues jusqu’à ce jour. Je leur ay donné de bonnes espé-

rances, c’est ce qui me fait croire qu'ils attendront vostre response par les vaisseaux qui viendront l’année prochaine.

La Compagnie se plaint sur la perte de son commerce dans

ce poste; si cela est, elle ne doit pas balancer de l’abandonner.

Donnez-y les mains, Monseigneur, et je vous promets que

dans deux ans votre Détroit sera establi par luy-mesme, q pourvu que vous laissiez la liberté du commerce à ceux qui re voudront s'y establir, sans qu’ils le puissent faire en aucun c£ lieu hors du Détroit. Je vous assure que vous n'aurez pas de fa plainte là-dessus, et que je feray, quant à ce point, observer to un très bon ordre. s La Compagnie semble estre rebutée de ce poste, à cause le qu'elle y perd, à ce qu'elle dit, dans le commerce qu’elle y sc fait. Je lui ay respondu à cet article que, si elle veut me substi- vc tuer à ses droits et s'en démettre en ma faveur, je les accep- ve teray, en m'engageant de la dédommager du passé, à com- pe mencer du jour qu’on a fait des dépenses pour ce poste, bl jusqu’à celuy que j'en entreray en possession, et de la payer pl comptant de ses avances, pourvu qu'elle veuille acquitter les se lettres de change du castor, que je lui feray remettre tous les ans ; et, pour cet effet, je luy donneray bonne et valable cau- m tion. Si elle se plaint à vous sur cela, prenez-la au mot, eten et me subrogeant à ses droits, et en l’en faisant démettre en ma pr faveur, je vous offre, Monseigneur, la somme de 10,000 livres de

de par an, que je feray remettre aux Trésoriers de la Marine en ce qu LE ;

tion

rede ira péres-

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ause lle y bsticepomoste, payer r les is les caueten

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pays, sur vostre ordre, ou bien en France si vous le souhaitez. Cela sera payé vivement, tant que la Compagnie de la Colonie ou autre acquittera les lettres de change du castor qui en proviendra, Il n’y a qu’à retenir en France un fonds d’une pareille somme, c'est-à-dire de 10,000 francs, et je mesnageray si bien l'esprit des Sauvages qu'ils auront sujet d’estre contens. Vous voyez bien qu'il est bon, Monseigneur, d’avoir un homme comme moy. Je vous promets que, si la Compagnie accepte ma proposition et que vous vouliez l'approuver, je feray fleurir nostre Détroit, que rien n’y manquera. Je crains qu'on ne me prendra point au mot. La machine aux grands ressorts sçaura bien l’empescher, car on travaille avec application à faire tomber ce poste, ce qui ne peut arriver qu’en le faisant valoir par les mains d'une Compagnie, qui prend toutes ses précautions pour faire en sorte que personne ne s’y establisse. Si je conduisois cette affaire, je ne suivrois pas leurs maximes, il s'en faut beaucoup. Je n’empescheray personne de s’y establir. [ls font les habiles gens, mais je puis vous asseurer qu'ils n’y entendent rien. Ils en ont mesme envoyé un compte, par lequel ils font voir 12,297 liv. 17 s. de perte, en quoy ils se trompent, ou du moins ils en font semblant, puisque jy trouve, sans en dire l'endroit, pour raison, plus de 2,000 livres de profit. Je parle juste et ay mes veues seures.

C’est une chose surprenante de voir la conduite des commerçans François. Elle est bien différente de celle des Anglois et Hollandois. Ces premiers voudroient s'enrichir dans la première année qu’ils commencent quelque entreprise, et ces derniers, qui se conduisent plus sagement, sont bien instruits que dans la première on ne fait que respandre et semer; que

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